Amusons-nous avec le français – Petites astuces orthographiques et grammaticales

Le français, ou langue de Molière, est aujourd’hui parlé sur tous les continents par environ 274 millions de personnes dont 212 millions l’utilisant quotidiennement, et 76 à 77 millions de locuteurs natifs. Actuellement, 77 millions d’élèves et d’étudiants s’instruisent en français dans le monde.
Principal véhicule de la pensée et de la culture française dans le monde, la langue française est une des 6 langues officielles et une des 2 langues de travail (avec l’anglais) de l’ONU, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales ou régionales, dont l’UE.

Après avoir été à l’époque de l’Ancien Régime français la langue des cours royales et princières, des tsars de Russie aux rois d’Espagne et d’Angleterre en passant par les princes d’Allemagne, elle demeure une langue importante de la diplomatie internationale aux côtés de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol.(1)

Donc vous serez gentils d’essayer d’écrire correctement sur Internet, bande de mauvais patriotes.

Je dis ça pour rigoler, mais c’est vrai que c’est très énervant de voir des gens faire des fautes, surtout sur des mots simples. Moi-même, il m’arrive de faire des fautes, je ne le nie pas (putain de participe passé…), mais je fais gaffe pour le reste, et ça passe crème ! Franchement, je veux bien que le français ne soit pas toujours évident, mais si vous preniez de temps en temps 30 s pour vous relire, ça vous éviterait de passer pour un(e) con(ne). Beaucoup de fautes sont faites par inattention ou parce que l’on veut écrire vite. Donc, vous êtes mignons, vous respirez, et vous vous concentrez un minimum sur ce que vous écrivez, bordeyl !

Et s’il vous plait, ayez le courage de ne pas sortir le sempiternel « Ah nan, mais c’est parce que je suis dyslexique. » C’est à croire qu’un quart d’Internet est composé de dyslexiques (d’ailleurs, dans ce cas, ce serait plutôt de la « dysorthographie » (si, si, ça existe vraiment)). C’est juste que vous êtes trop feignants/je-m’en-foutistes pour retenir un petit nombre de règles simples permettant d’écrire correctement.

Heureusement, comme je suis un grammar nazi sympa, je vais vous filer des astuces pour ne pas faire les fautes qu’on retrouve le plus fréquemment.

Les homonymes

1) « à » ou « a » ?

Ah… le nombre de fois que je vois cette faute ! Et pourtant, il suffit d’essayer de changer de personne pour voir si ça colle ou pas. Si ça donne un truc cohérent, c’est le « a » du verbe « avoir » ; sinon, c’est la préposition « à ».

ex : « C’est une faute a/à la con »
-> Peut-on dire « c’est une faute avait la con » ? -> non -> donc c’est « à ».

Les seules exceptions sont les formules latines : « a priori », « a posteriori », « a contrario ».

2) « ce » ou « se » ?

Pareil, faute courante au possible.
« Ce » peut être un déterminant démonstratif (ce, cet, cette, ces) (ex : J’aime ce blog.)
« Ce » peut aussi être un pronom démonstratif invariable. (ex : Qu’est-ce que tu fais ?)
« Se » est un pronom personnel utilisé avec un verbe (se laver, se taire, se promener…), pour parler de quelque chose ou de quelqu’un.

Il y a quelques astuces :
– Devant « que« , j’écris toujours « ce« . -> « se que » n’existe pas.
– Devant un verbe, j’écris « se ». On regarde si on peut le changer par me, te, nous ou vous : « se coucher » -> « me coucher » ; « ce coucher » n’existe pas.
– Si je peux le remplacer par « un« , j’écris « ce« . (« J’aime ce blog » -> « J’aime un blog »).

3) « ou », « où » ?

« ou » sans accent est une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car).
«  » avec un accent peut être un pronom relatif ou bien un adverbe de lieu.

Quand on peut remplacer par « ou bien » on écrit « ou » sans accent.
ex : « Tu préfères Half-Life ou Portal ? » -> « Tu préfères Half-Life ou bien Portal ? »

4) « sa », « ça », « ç’a », « çà » ?

Ne dites plus « sa va », bande de sous-demeurés ! Faut vous le dire en quelle langue ? On écrit « ça va » ! Et si ya pas de « ç » sur vos téléphones, vous mettez un « c », histoire de montrer que vous savez qu’on écrit pas « sa » ! C’pas compliqué, bordal de morde ! Tout le monde vous le dit, en plus !

« sa » est un déterminant possessif féminin singulier : la sienne. (ex : « Sa soeur n’est pas foutu d’écrire correctement. »)
« ça » est un pronom démonstratif qui signifie « cela » en langage courant. (ex : « Les gens qui savent pas écrire correctement, ça me les casse doucement. »)
« ç’a » est la version élidée (=raccourcie) de « ça » avec le verbe avoir à la 3ème personne du singulier au présent du subjonctif. (ex : « Ç’a été, ta rentrée ? »)
« çà » est un adverbe de lieu comme « là », avec lequel il est utilisé dans l’expression « çà et là ». (ex : « On trouve ça et là des boulets pas foutus d’écrire correctement. »)

Les astuces :

« sa« , peut être remplacé par « ta » ou « ma« . (ex : Sa soeur est une cruche. -> Ta soeur est une cruche.)
« ça« , peut être remplacé par « cela » et, de la même façon, « ç’a » peut être remplacé par « cela a » (ex : Ç’a été, ta rentrée ? -> Cela a été, ta rentrée ?)
« çà » peut le plus souvent être remplacé par « ici« . (ex : On voit des boulets çà et là. -> On voit des boulets ici et là.)

5) « -é » ou « -er » ?

Encore une faute omniprésente, entre le participe passé et l’infinitif des verbes du 1er groupe (en -er). Il existe toutefois un moyen simple et rapide d’éviter cette faute d’inattention : remplacez le mot dont vous doutez par un verbe du 2ème ou 3ème groupe, comme « faire » (ou « vendre », celui que j’utilise) : si on entend « faire », il faut écrire « -er » ; si l’on entend « fait », il faut écrire « -é ».
(ex : « J’ai trouvé une façon d’éviter cette faute. »)

6) « c’est », « s’est », « ces », « ses », « sais », « sait » ?

« c’est » est composé du pronom démonstratif « ce » élidé (devenu « c’ « ) et du verbe être à la 3ème personne du singulier au présent de l’indicatif. (ex : « COD, c’est vraiment de la daube. »)
« s’est » est un verbe pronominal conjugué au passé composé avec l’auxiliaire être. (ex : « L’image d’Activision ne s’est vraiment pas amélioré. »)
« ces » est un déterminant démonstratif (ce, cette, cet, ces). (ex : « Regardez le prix de ces DLC ! »)
« ses » est un déterminant possessif pluriel (mes, tes, ses…). (ex : « Il a revendu ses jeux NES pour s’acheter une PSP. »)
« sait et sais » sont des formes conjuguées du verbe savoir (Ex : « je sais / tu sais / il,elle,on sait qu’Half-Life 3 arrivera un jour. »)

Les astuces :
« c’est« , peut être remplacé par « ceci est… » ou « cela est… ». (ex : C’est de la daube. -> Cela est de la daube.)
J’écris toujours « s’est » lorsqu’il est suivi d’un verbe au participe passé (rangé, pris, vendu…). (Le nouveau COD s’est vendu à cause des pigeons.)
« ses » peut être remplacé par « mes » ou « tes ». (ex : Ses jeux NES revendus. -> Tes jeux NES revendus.)

7) « ai », « es », « est », « et » ?

« et » est une conjonction de coordination. Il indique à faire la liaison entre deux éléments d’une phrase. Il exprime une addition, une opposition, un rapprochement ou une conséquence. (ex : « Dans One Piece, Nami et Robin ont du monde au balcon. »)
« es » est la 2e personne du singulier du verbe être au présent de l’indicatif. (ex : « Tu es fou de ne jamais avoir lu One Piece ! »)
« est » est la 3e personne du singulier du verbe être au présent de l’indicatif. (ex : « Il est fan de One Piece. »)
« ai » est la 1ère personne du singulier du verbe être au présent de l’indicatif. (ex : « J’ai deux posters de One Piece dans ma chambre. »)

Astuces :
– Si je peux remplacer le mot par « était », j’écris « est« . (ex : C’est bien. -> C’était bien.)
– Si je peux remplacer le mot par « avais« , j’écris « ai« . (ex : J’ai lu. -> J’avais lu.)

8) « tous », « tout », « toux » ?

« tous » est un adjectif indéfini qui s’accorde : tout, tous, toute, toutes.
« tout » est un adverbe, souvent placé devant un adjectif qualificatif.
« toux » est un nom commun féminin. C’est expulsion bruyante de l’air due à une irritation, un rhume, etc. (ex : toux sèche / toux grasse). Aucun rapport avec les deux autres, à part qu’il se prononce pareil, évidemment (c’est la définition même de l’homonyme).

– Si je peux remplacer par « très« , j’écris « tout« . (ex : Sarkozy est tout petit. -> Sarkozy est très petit.)
– « tous », suivi du déterminant « les » (ou tout autre mot au pluriel) s’écrit toujours avec un « s ». : (ex : « Tous les jours, je pense à toi. Toutes les nuits, je rêve de nous deux… »)

9) « quel », « quels », « quelle », « quelles », « qu’elle », « qu’elles » ?

« quel(s) » et « quelle(s) » sont des adjectif/déterminants exclamatifs ou interrogatifs (voire parfois pronom interrogatif avec le verbe « être »). Ils s’’accordent en genre et en nombre avec le nom auquel ils se rapportent. (ex : « Quel est le sens de la vie ? » / « Quelles belles chaussures ! »)
« qu’elle(s) » est composé de la conjonction de subordination « que » suivie du pronom « elle(s) ». (ex : « Il faut qu’elle fasse la vaisselle. » / « Qu’elles sont chiantes ! »)

Si le mot peut être changé par « qu’il(s)« , ce sera « qu’elle(s) » avec une apostrophe. (ex : Qu’elles sont chiantes ! -> Qu’ils sont intéressants !<a href= »#macho »>(2)</a> )
« Quel(le/s) » sans apostrophe est toujours suivi d’un groupe nominal. Il est souvent utilisé dans des questions. (ex : « Quelle heure est-il ? »)

10) « la », « l’a », « l’as », « là » ?

« la« , s’il est placé devant un nom ou un adjectif, est un article défini (le, la, les, l’). (ex : « La PS3 est la meilleure console ».
« la« , s’il est placé devant un verbe, la est un pronom. (ex : « Il la trompe avec sa meilleure amie. » (sa copine))
« l’a » est composé d’un pronom élidé « le/la » suivi de la forme conjuguée « a », du verbe « avoir » à la 3ème personne du singulier. (ex : »Il l’a définitivement perdu. » (sa dignité))
« l’as » est composé d’un pronom élidé « le, la » suivi de la forme conjuguée « as », du verbe « avoir » à la 2ème personne du singulier. (ex : Tu l’as trouvé où ton jean ? A la Foir’Fouille de Fréjus ?)
« là » est un adverbe de lieu comme « ici ». (ex : « On n’est pas pour se faire engueuler !… »)

Si je peux remplacer « la« , pronom ou article, par « les » j’écris « la« . (ex : Il la trompe… -> Il les trompe…)
Si je peux remplacer «  » par « ici » j’écris « « . (ex : On n’est pas … -> On n’est pas ici…)

11) « -ai » ou « -ais » ?

La terminaison entre le futur (« -ai ») et le conditionnel (« -ais ») est parfois difficile à différencier.
La solution consiste alors à mettre la phrase à la troisième personne du
singulier, où la différence sera bien plus évidente. « j’aurai » devient « il aura » et si « j’aurais » devient « il aurait », réglant aisément votre problème.

On ne dit pas …, on dit … .

On ne dit pas « Ils croivent… », on dit « ils croient » ! Le verbe « croiver » n’a jamais existé, n’existe pas, et n’existera sûrement jamais. Donc, je te propose d’arrêter de faire cette faute digne d’un CP.

On ne dit pas « Bonne anniversaire », on dit « bon anniversaire » ! « Anniversaire » est un mot masculin, que je sache !

On ne dit pas « Comme même », on dit « quand même » ! Le premier est, comme nous dit l’ami Wiktionnaire, une « variante incorrecte utilisée en raison d’une mauvaise compréhension du mot ». Allez vous nettoyer les oreilles, et réécrivez-moi ça correctement.

On ne dit pas « Un espèce de… », on dit « Une espèce de… » ! Vous dites aussi « Un sorte de… » ? Non ? Bah, vous m’accordez ça.

On ne dit pas « Une blague pourrite », on dit « Une blague pourrie » ! N’inventez pas des mots par rapport à une règle que vous avez vu être appliqué pour un mot ! Et ce n’est pas parce qu’on dit effectivement « bénite » qu’on dit aussi « pourrite ». Tous les verbes dont l’infinitif se termine par « -ir » ont un participe passé en « -i ». Si l’infinitif finit en « ire », le participe passé sera en « it ».

On ne dit pas « Je ne suis pas prêt de partir », on dit « Je ne suis pas prêt à partir » ou « Je ne suis pas près de partir ». Et cette faute, elle n’est pas près de s’arrêter…

On ne dit pas « Se rappeler de… », on dit « se rappeler quelque chose » ou « se souvenir de quelque chose ». Pas de remix autorisé, même si c’est vrai que c’est pas évident de se le rappeler / s’en souvenir. Petit moyen mnémotechnique que j’ai découvert : « Je me souviens d’une corde en rappel« .

On ne dit pas « Parmis eux », on dit « parmi eux ». C’est comme « malgré », ça ne prend jamais de « s ».

On ne dit pas « Le vélo à mon père »/ »Je vais au coiffeur », on dit « le vélo de mon père »/ »je vais chez le coiffeur ». On va chez une personne, et on va à un lieu. Quant à l’emploi de « à » ou « de », le principe est simple. Si le complément (le mot qui vient après) est un pronom personnel (un pronom qui remplace un nom), on peut utiliser « à ». Dans tous les autres cas, c’est « de ». « C’est une idée de Stéphanie »/ »C’est une idée à elle ». Ne parlez plus comme un cassos, merci.

On ne dit pas « C’est pas à lui à décider », on dit « C(e n)’est pas à lui de décider ». On utilise la règle utilisée au-dessus : « à » est seulement placé avant un pronom. Ce n’est pas pour dire, mais c’est typiquement l’expression qui vous classe dans les gros beaufs (« C’est pas à lui à décider si j’ai le droit à faire du tuning ! »).

On ne dit pas « Si il… », on dit « s’il ». C’est comme pour « ç’a », qui est la contraction de « cela a ». Et « s’il vous plaît », c’est quand même moins lourd que « si il vous
plaît ».

On ne dit pas « Faîtes ceci/cela », on dit « Faites ceci/cela ». L’impératif de faire à la deuxième personne du pluriel, c’est tout simplement Faites. Ne compliquez pas
les choses inutilement !

On ne dit pas « Comme si que… », on dit « comme si… ». Ne parlez pas comme des paysans des années 20, je vous prie…

On ne dit pas « Pour ce qui me concerne », on dit « en ce qui me concerne ». Encore un truc à vous fourrer dans le crâne.

On ne dit pas « avoir tord », on dit « avoir tort ». Souvenez-vous que « le tort tue », selon ce fameux jeu de mot.

On ne dit pas « enfaite », on dit « en fait ». Je ne sais pas d’où vient cette horrible déformation, mais vous me ferez le plaisir de ne jamais l’employer.

On ne dit pas « madame la présidente » mais « madame le président ». Selon l’Académie française, « la distinction des sexes n’est pas pertinente pour rendre compte de la différence entre les genres grammaticaux, et le genre non marqué est préférable, lorsque l’usage ne s’y oppose pas pour les noms de titres, professions, fonctions: le juge, le délégué, le docteur, le président désignent indifféremment des femmes. »
L’Académie reconnait l’existence de la directrice, de la pharmacienne et de l’avocate. Interdiction en revanche de dire une auteure, une écrivaine ou une députée. Evidemment, l’usage courant (et les féministes) ne respecte pas toujours les recommandations académiques. Encore une fois, le dictionnaire reste le meilleur outil pour vérifier quels mots se féminisent ou pas.

On ne dit pas « malgré que… », on dit « bien que… » ou « malgré… ». « Malgré que » existe bien dans la langue soutenue, mais seulement avec le verbe avoir conjugué au subjonctif, comme pour « malgré que j’en aie », expression équivalente à « bien que ça ne me fasse pas plaisir ». Point. Vous êtes un grand auteur classique ? Ça m’étonnerait. D’ailleurs, « malgré le fait que » est correct mais trop moche pour être utilisé. Dans tous les cas, préférez un bon vieux « bien que », ou « malgré » tout court.

On ne dit pas « Il faut que je voye », on dit « Il faut que je voie ». D’après ce que j’ai trouvé, ça doit venir des verbes en « yer » comme « aboyer », « nettoyer », « payer », « égayer », « balayer », etc., qui ont des terminaisons avec des « i » ou des « y », et qui devaient être utilisés dans l’ancien temps un peu comme on voulait. Notez que ce n’est pas tout à fait faux, parce que dans le sud-est de la France, on dit bien « il faut que je voye », « il faut que je croye », mais dans une majorité de la France, cela sera considéré comme un terme minoritaire « déviant ».

Etc.

D’ailleurs, on n’écrit pas « etc… », mais « etc. », car c’est l’abréviation de « et caetera » (« et les autres choses » en latin). Lui rajouter des points de suspension, c’est une redondance.

Les pléonasmes et redondances

Dire deux fois la même chose dans la même phrase, ça ne sert à rien, ça l’alourdit inutilement, et ça peut même vous faire passer pour un con. Réfléchissez un peu au sens de vos mots avant de les utiliser.

– « S’approcher plus près… »  ->  « S’approcher » signifie déjà « avancer, se mettre (plus) près »…
– « Sur ces murs, on y trouve… » ->  Le « y » fait référence aux murs, pas besoin de le mettre dans la même phrase que le mot qu’il remplace.
– « Il manifeste la volonté de vouloir enseigner… » -> Sachant que la volonté est la « faculté de vouloir, de se déterminer à quelque chose », mettre « vouloir » juste après est totalement inutile.
– « On ne peut rien rajouter de plus… » ->  Rajouter, c’est déjà « ajouter de nouveau »…
– « Être capable de pouvoir dire »  ->  Être capable, c’est déjà « être en état de faire une chose »…
– « Incessamment sous peu »  ->  Incessamment veut dire « sans retard, au plus tôt » ; le combiner à « sous peu » est un « renforcement tautologique », un certain type de pléonasme dans le langage populaire, utilisé pour donner plus de force à l’expression. Parfois utilisé originellement avec une pointe d’humour (même si leur utilisation courante peut avoir plus ou moins effacé cette idée de « pléonasme fait exprès »), les renforcements tautologiques sont, par exemple, « contraint et forcé », « sûr et certain », « purement et simplement », etc.
– « Au jour d’aujourd’hui -> Sachant que « aujourd’hui » est à la base un pléonasme (« hui », maintenant disparu, signifiait « en ce jour »), cette expression doublement redondante est à oublier.
Si « aujourd’hui » est trop mainstream pour vous, dites au mieux « en ce jour », soutenu mais correct, et au pire « au jour du jour d’aujourd’hui », expression très rare, bâtie sur le principe « d’au jour d’aujourd’hui », et utilisée par plaisanterie.
– « Monter en haut/descendre en bas » -> Pas besoin de vous faire un dessin…

Ne pas confondre :

Ne pas confondre « tache » et « tâche ». Une « tache » sans accent est une salissure, tandis qu’une « tâche » avec accent est un travail.
(ex : Nous lui avions confié comme tâche de nettoyer les taches des vêtements.)

Ne pas confondre « balade » et « ballade ». Une « balade » avec un seul « l » est une promenade, tandis qu’une « ballade » avec deux « l » est un poème médiéval, un récit ou une chanson.
(ex : Je faisais une balade en chantant une ancienne ballade.)

Ne pas confondre « voir » et « voire ». « Voir » sans e est un verbe du 3ème groupe, signifiant « percevoir par la vue ou par l’esprit », tandis que « voire » avec un e est un adverbe souvent utilisé comme une conjonction, signifiant « ou encore, et même », et introduisant généralement une idée plus marquante que la précédente. Pour lui donner plus de force, on utilise parfois « voire même » dans le langage populaire, ce qui est pourtant une redondance.
(ex : Cela fait de longs mois, voire des années, que j’espère enfin la voir…)

Ne pas confondre « langage » et « language ». Même s’il veulent tous les deux dire la même chose, le premier est français et le second est anglais. Vous pouvez peut-être vous dire que les anglais utilisent beaucoup le « u » (pour « you »).

Ne pas confondre « censé » et « sensé ». « Sensé » signifie « qui a du sens » ou « qui a du bon sens » alors que « censé » signifie « supposé ». Petite astuce pour ces homonymes : lorsqu’on peut remplacer « censé » par « supposé », il faut écrire « censé », avec un « c ».
(ex : « Je suis censé respecter les individus sensés. »)

Ne pas confondre « davantage » et « d’avantage ». « Davantage » est synonyme de « plus » tandis que « d’avantage » signifie « gain » ou « privilège ».
(ex : « Il y a davantage d’avantages à être en bonne santé que malade. »)

Ne pas confondre « or » et « hors ». « Or » est une conjonction de coordination dont on se sert pour lier un discours à un autre, et « hors » est une préposition signifiant « à l’extérieur de ». Si l’on peut remplacer « hors » par « en dehors de », c’est que c’est le bon mot des deux.
(ex : « Or, à ce moment, il était hors de la maison. »

Moyens mnémotechniques :

Pour se souvenir de l’orthographe de ce %!@$ de « accueil », célèbre écueil de la langue française, ainsi que des autres mots en -cueil (cercueil, recueil, cueillir, accueillir, recueillir, et orgueil si on part dans les mots en -ueil), voici un petit moyen mnémotechnique de Wikipédia qui met l’ordre des lettres en tête : « C’est Une Erreur Impardonnable ».

« Mais où est donc Ornicar ? » : pour les conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car).

« Viens mon chou, mon bijou, mon joujou, sur mes genoux, et jette des cailloux à ce hibou plein de poux ! » : mots en -ou ayant un pluriel en -oux.
On remarquera d’ailleurs que ce parent (ou ce pédophile) cumule les défauts : il pousse (avec l’emploi de l’impératif, pour donner un ordre ou un conseil) un enfant (au-delà d’un certain âge, on ne se fait plus appeler « mon joujou ») à lapider un pauvre oiseau déjà pouilleux. Hum…

« Le chapeau de la cime est tombé dans l’abîme et celui du boiteux est tombé dans la boîte. » : permet de savoir à quels mots mettre des accents circonflexes.

« Mourir » n’a qu’un « r » car on ne meurt qu’une fois, « nourrir » en a deux car on se nourrit plusieurs fois, « souffrir » en a aussi deux car on souffre (assez) souvent. Restons logiques.

« Les (poissons)-scies n’aiment pas les raies. » : pas de conditionnel (-rait) après si ; repensez au fameux « Si j’avais su, j’aurais pas venu. » de Petit Gibus dans la Guerre des boutons, comme la chose à éviter de dire.

« Je n’aime pas le thé. » : jamais de -t après « je ».

« Les amants ont deux aimants fins. » : les adverbes dont le suffixe se prononce « aman » (en -amment ou -emment) ont deux « m » en fin.
(ex : différemment, fréquemment, abondamment, évidemment, élégamment… avec 2 « m », mais remarquablement, finalement, notablement, avec 1 « m », car ils ont le son « eman » à la fin).

Divers :

1) Le si et le conditionnel

Que choisir entre « S’il pleut, je prendrai mon parapluie » ou « prendrais mon parapluie? »
La règle est stricte sur ce point : lorsque le « si » est suivi du présent, le verbe de la proposition principale est au futur (ici -> « prendrai »).
A l’inverse, si le verbe suivant « si » est à l’imparfait, le temps à employer ensuite est le conditionnel : « Si j’avais su, je ne serais pas venu. »

2) Le subjonctif, bordal de morde.

Le subjonctif est un mode utilisé pour exprimer un doute, un fait souhaité, une action incertaine qui n’a donc pas été réalisée au moment où nous nous exprimons.
Le subjonctif s’emploie avec des verbes exprimant l’envie, le souhait, le désir, l’émotion, l’obligation, le doute ou l’incertitude.
Ex : J’aimerais qu’il soit là. ; Il faut que tu ailles aux urgences. ; Il est possible qu’il vienne en train.

Afin de conjuguer les verbes au subjonctif on utilise que ou qu’ devant le verbe.
Exemples : Que nous chantions ; que vous chantiez ; qu’il soit ; qu’ils viennent.

Les principaux temps du subjonctif sont : le présent et le passé (composé). L’imparfait et le plus-que-parfait sont très peu utilisés à l’oral.

Le subjonctif passe trop souvent à la trappe, parce que « lol, osef, et on parle comme on veut, déjà ! ». NON, petit con. Quand tu dis « Que je viens », mes oreilles saignent. « Que je vienne« , nom de dieu. Faut que je te l’apprennes à grands coups de Bescherelle dans la gueule ? T’auras peut-être la gueule de Ribéry à la fin, mais tu causeras meilleur que lui !
Je ne vous demande pas d’apprendre toutes les terminaisons de tous les temps du subjonctif, mais si vous avez été au collège, et que vous avez grandi ailleurs que chez les ploucs, vous devriez le savoir naturellement. « Que tu vendes« , « qu’il fasse« , « que nous puissions« , « que vous soyez« , « qu’ils aient« . C’pas compliqué, mutin de perte !

2) Cent ou cents ? Mille ou milles ?

Les chiffres sont tous invariables, à l’exception de « vingt » et de « cent« , qui prennent un ‘s’ lorsqu’ils sont multipliés et qu’ils ne sont pas suivis d’un autre chiffre.
« 80 » = « quatre-vingts » ; « 83 » = « quatre-vingt-trois ».
« 120 » = « cent vingt » ; « 300 » = « trois cents » ; « 320’, ‘trois cent vingt’.

Le zéro employé comme un nom s’accorde (ex : « Quatre zéros après la virgule. »).
Le chiffre « un » s’accorde en genre, mais ne prend jamais la marque du pluriel: « Ce sont les numéros un de l’entreprise. » En revanche, dans l’expression « les uns les autres », « un » s’accorde puisqu’il ne s’agit plus du nombre cardinal, mais d’un pronom indéfini.
Lorsque « quatre-vingt » est employé comme adjectif numéral ordinal, « vingt » est invariable (ex : « La chambre quatre-vingt » ; « Les années quatre-vingt »)
On écrit « quatre-vingts millions » car millions, tout comme milliards, n’est pas considéré comme un chiffre mais comme un nom.

3) m devant m, b et p

Devant les lettres m, b et p, j’écris toujours m au lieu de n. (ex : un champignon, emmener, une pompe.)
Les mots suivants sont des exceptions : ils ne prennent pas de m devant m, b et p, mais conservent le n : bonbon, bonbonne, bonbonnière, néanmoins, embonpoint.

4) Les adjectifs de couleur

Encore un truc à la con de la langue française, mais qu’on apprend si on est un(e) « vrai(e) ». Z’êtes un(e) « vrai(e) » ? Allez, courage, ya que 4 points à cette règle :

1) Lorsque l’adjectif est simple il s’accorde avec le nom qu’il qualifie.
ex : un pantalon vert -> des pantalons verts, des robes vertes

2) Lorsque l’adjectif est un nom (marron, citron, turquoise, or, kaki, olive, marine…), il est invariable.
ex : une jupe marron -> des jupes marron
Exceptions : « rose », « fauve » et « mauve « prennent un « s » au pluriel. (-> des robes roses)

3) Lorsque l’adjectif est composé, il est invariable.
Exemples : une robe jaune foncé -> des robes jaune foncé ; un pantalon bleu clair -> des pantalons bleu clair

4) Le sens que l’on souhaite donner à la phrase peut modifier l’orthographe des adjectifs qualificatifs.
ex : des chiens noir et blanc (chaque chien est noir et blanc) =/= des chiens noirs et blancs (il y a à la fois des chiens noirs et des chiens blancs).

5) En anglais

S’il y a bien une faute ultra-courante, c’est entre « you’re » et « your ». Les anglophones la font absolument partout.
La règle est pourtant simple : « you’re » est la contraction de « you are », soit « tu es », tandis que « your » est un adjectif possessif pour la 2ème personne du singulier ou du pluriel, soit « ton, ta, tes, votre, vos ».
Si vous pouvez remplacer le mot par « you are », c’est « you’re », sinon, c’est « your ». (ex : « You’re driving your car. »)

Techniques pour se corriger :

Même si vous avez une bonne orthographe en général, sachez que vous risquez de faire plus ou moins de fautes selon le moment auquel vous écrivez. En rédigeant le soir, alors que vous êtes fatigué après une longue journée de travail, vous avez beaucoup plus de chance d’accumuler les fautes d’inattention.
Privilégiez donc les moments où vous êtes bien éveillé pour écrire. Si vous rédigez un texte important en fin de journée, attendez le lendemain matin pour vous relire.

Une relecture attentive est évidemment le meilleur moyen d’éviter les fautes d’inattention. Petite astuce : relisez votre texte phrase par phrase en commençant par la dernière. Ainsi, vous ne serez pas pris dans le flot des idées développées. Comme le fond n’aura plus grand sens, vous pourrez plus facilement vous concentrer sur la forme, pour repérer les fautes et autres coquilles.

Vérifier si les adjectifs ne doivent pas être accordés en genre (+e) et/ou en nombre (+s) avec les (pro)noms qui les qualifient. Si oui, faire gaffe pour le féminin et le pluriel, car il existe de nombreux cas particuliers qui concernent les mots ayant des terminaisons particulières.

Pour les verbes, ils se conjuguent de plusieurs manières, selon leur groupe, leur sujet (masculin/féminin, singulier/pluriel), leur mode, leur temps.

Et par pitié, profitez du fait que vous ayez à portée de main un outil qui peut vous permettre de vérifier un mot en quelques secondes : Internet. Quelques secondes. Vous préférez vraiment gagner 10 secondes pour perdre 10 points dans l’estime de vos lecteurs/interlocuteurs ?…

L’orthographe, c’est comme un sport : ça s’entraîne et ça s’entretient. Si vous avez vraiment des difficultés, vous vous faites une petite liste de mots sur lesquels vous buter avec une courte explication sur l’orthographe à adopter, sur un carnet ou même une pauvre feuille blanche. Ça vous améliorera, et ça nous permettra de voir moins de fautes…

Quelques sites pour vérifier l’orthographe d’un mot :
http://la-conjugaison.nouvelobs.com/
http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais
https://fr.wiktionary.org/wiki/Wiktionnaire:Page_d%E2%80%99accueil
http://leconjugueur.lefigaro.fr/conjugaison/verbe.html

Pour faire des exos : http://la-conjugaison.nouvelobs.com/exercice/jouer.php (vous préférez les Bleds, peut-être ?…)

Je n’ai pas mis les techniques pour les participes passés parce que ya une bonne dizaine de règles différentes suivant la construction de la phrase, et je ne m’y retrouve pas moi-même (et j’avais d’autres priorités à aborder). Personnellement, je me cantonne à : si c’est le verbe « être », j’accorde le participe passé, et si c’est « avoir », je ne l’accorde pas. C’est basique, mais ça paraît correct la plupart du temps.

Je me suis peut-être laissé emporté par mon élan : j’étais parti pour corriger les fautes les plus courantes, et je finis par chipoter sur des détails, mais bah…
On est grammar nazi ou on ne l’est pas ! 😉

(Et désolé si j’ai été un peu rude, notamment envers ceux qui font des efforts mais ont des difficultés, mais il faut me comprendre : être grammar nazi + voir tout le temps les mêmes fautes (souvent vraiment simples à éviter) revenir très souvent = patience mise à rude épreuve.)

Une petite citation pour finir : « Faire des progrès en orthographe, avoir le souci d’écrire correctement, est une politesse qu’on doit aux autres et surtout à soi-même. » – Bernard Pivot, 2012

1) Merci à Wikipédia pour m’aider à faire mes intros.
2) Le machisme, un art de vivre au quotidien…~

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