L’Infernal Remake Dantesque ! – Chant VI – Comme un cheveu sur la soupe

A peine remis de nos émotions du 2ème cercle que nous arrivions au suivant : devant nous s’étendait à perte de vue… un bourbier, sale et puant, détrempé par la pluie glacée et la grêle se déversant inlassablement. Les pauvres damnés de ce cercle, couchés sur le sol, tentaient de se réchauffer et de se protéger de ce climat ingrat.

« – Tiens, on se croirait en Bretagne…, dis-je à Virgile.(1)
– Allons, mon enfant, ne sors pas de blagues vaseuses alors qu’on patauge déjà dedans…, répliqua-t-il en sortant un parapluie de sous sa toge.
– Et, où sommes-nous arrivés, maintenant ? Pourquoi fait-il un temps aussi pourri ?
– Patience, je te répondrai lorsque nous serons au sec. Suis-moi, et fais attention où tu marches. »

Après avoir marché un bon quart d’heure sous une drache des familles, voyant ça et là des âmes regroupées et frissonnantes, nous vîmes au loin une lumière accueillante. En nous rapprochant, je vis que c’était un bâtiment, certes pas très grand, mais il constituait apparemment le seul abri face à la pluie battante et la boue glaciale dans ce cercle. Un nombre impressionnant d’âmes était d’ailleurs rassemblé autour de l’endroit.

Arrivés à l’entrée, un videur nous barra le passage. Une armoire à glace, d’au moins 3 m 50 de haut, presque autant de large au niveau des épaules, et surtout, possédant 3 têtes de chiens. Et pas des têtes de Saint-Bernard ou de shiba, non… Plutôt des têtes de rottweilers.
« – Eh, vous !, aboya-t-il. J’laisse pas entrer n’importe quel zigoto ici ! Z’avez un laisser-passez ?
– Eh, doucement Kero(2). C’est moi, Virgile. J’accompagne juste ce petit pour lui faire visiter les Enfers.
– Hmmm, OK, vous pouvez passer. Mais vous vous tenez à carreau, hein ? (il me fixa de ses 3 paires d’yeux) Sinon je te dévisse la tête et je te chie dans le cou !
– Euh, oui, m’sieur… répondis-je d’une voix difficilement audible
– J’AI PAS ENTENDU !
– Oui, m’sieur !
– Mon cul, j’entends rien ! Montre-moi que t’en as une paire !
– OUI, M’SIEUR !
– Combien tu mesures, sac à foutre ?
– M’SIEUR, 1m76, M’SIEUR !
– 1m76, jamais vu un tas de merde aussi haut que ça !
– M’SIEUR, DÉSOLÉ, M’SIEUR !
– Si je t’autorise à entrer, c’est contre ma volonté ! Si ça tenait qu’à moi, tu resterai ici avec les autres connards ! Allez, magne-toi de dégager !… »
Il n’eut pas besoin de me le répéter.

Entrant dans cet édifice intriguant, nous fûmes accueillis par un grand « Okaerinasaimase goshujin-sama !!« (3), prononcé à l’unisson par une horde de maids. Plus précisément, il s’agissait de succubes habillées en maids. Certaines portaient des oreilles de chat, d’autres des rubans, mais elles étaient toutes kawaii.
« – Hein ? Pourquoi ya des succubes ici ?, demandais-je consterné à Virgile. Je croyais qu’elles étaient toutes au cercle de la Luxure ! Et pourquoi sont-elles habillées comme des soubrettes de café japonais ? Et pourquoi y a-t-il un maid café au milieu de cette région aussi vide que dégueulasse ? Et pourquoi le videur avait 3 têtes de chiens et m’a engueulé comme du poisson pourri ? Et pourquoi la vie ? Et pourquoi la mort ? Et pourquoi-*SBAF*
– Une question à la fois, mon petit !, tempéra mon guide, en réajustant la manche de sa toge après qu’il m’ait mis une baffe. Nous aurons tout le temps de discuter pendant que nous attendrons notre commande. Suivons pour le moment ces demoiselles jusqu’à une table. »

Le café étant pratiquement désert, à l’exception de quelques voyageurs à l’air bourru, assis dans un coin et discutant à voix basse.
Nous nous installâmes donc à une table à côté d’une fenêtre. Le spectacle peu réjouissant d’une morne étendue de boue à perte de vue était heureusement adouci par la lumière chaleureuse du café.
Après quelques minutes, une succube souriante vint nous apporter une carte des plats proposés : les plats et desserts semblaient tous très appétissants. J’eus comme un doute quant au fait qu’on nous propose toutes ces douceurs dans le cercle de l’Enfer où on punit la gourmandise, mais Virgile m’adressa un regard rassurant. Je choisis donc un plat de spaghetti sauce bolognaise, tandis que mon accompagnateur se contentait d’une coupe de glace.

« – On peut commencer les explications, maintenant ?, demandais-je, impatient.
– Je t’écoute.
– Pour commencer, c’était qui ce molosse à l’entrée ?
– Cerbère, le boss du cercle. Il fait le videur à l’entrée de ce maid café pour empêcher les damnés et les… hum… « emmerdeurs » de venir voir les maids. Il est un peu bourru, j’en conviens, mais son intention est noble.
– Bien sûr, un vrai gentleman… murmurais-je, peu convaincu.
– Pas besoin de préciser, continua Virgile, que les damnés ne peuvent évidemment pas entrer parce qu’ils sont en Enfer pour souffrir de leurs péchés commis de leur vivant. Même en groupe, ils restent une menace mineure. En revanche, les « emmerdeurs » sont nettement plus dangereux, pour tout le monde : vampires, goules et morts-vivants ainsi que manticores, wendigos et catoblépas(4), telles sont les abominations qui errent en ces lieux, tuant et dévorant tous ceux sur leur chemin. Seule la présence de Cerbère empêche ces monstres de ravager cet endroit.
– QUOI ?! Ça veut dire que tout à l’heure, quand on marchait pour arriver ici, on avait une chance de se faire attaquer par une de ces saloperies ?
– En théorie, oui. Mais ne t’inquiète pas, car le Seigneur veille sur nous, et-
– Il veille sur nous, hein ? Et quand on a failli se faire becqueter par les couvins, il veillait sur nous, p’t’être ?…
– Eh bien oui, car il veille sur chacun d’entre nous, car nous sommes ses enfants et ses créations, et il nous aime de son amour éternel…~ Et puis, nous avons survécus aux couvins, non ? C’est bien la preuve qu’il était avec nous. Et de toutes façons, l’auteur serait bien emmerdé pour finir son histoire si tu mourais maintenant, même s’il faut avouer que ce serait intéressant…
– Ouais !… Merci l’auteur, de m’empêcher de finir en carpaccio… Heureusement qu’il a oublié de mettre des trolls, cyclopes, ogres, wargs, sarlaccs et baryonyx géants albinos…(5)
– As-tu d’autres questions, mon enfant ?
– Ah, euh… Ah oui ! Pourquoi ya des succubes ici ?
– Les succubes les plus jeunes et les plus gentilles ont eu l’accord de venir travailler ici, afin de restaurer les voyageurs qui passent dans les Enfers. Je te rappelle qu’avec l’ouverture du tourisme infernal, les voyageurs et vendeurs itinérants sont bien plus nombreux. Elles étaient les plus qualifiées pour ce rôle de serveuses, les damnés n’ayant pas le droit de changer de cercle ou de faire autre chose que souffrir, et les autres créatures gardiennes des cercles n’auraient pas du tout eu l’air kawaii dans des uniformes de domestiques de style français. Surtout les nains…
– Je préfère ne pas imaginer…
– Tu fais bien.
– Et justement : pourquoi un maid café ?
– Les deux idées retenues pour l’endroit était une auberge médiévale ou un maid-café, mais dans un souci d’ouverture des cultures, d’innovation, et de mélange de sexy et de mignon, le maid café a été retenu.  Dans tous les cas, au-delà de la volonté de se faire des thunes sur les touristes, on voulait mettre le gwak aux damnés, qui doivent rester dehors. 
– D’ailleurs, vous n’avez pas encore fait votre speech sur les pécheurs et leur punition dans ce cercle…
– Et bien soit… Hum hum ! (il se racle la gorge)
Dans le troisième cercle des Enfers, tu verras, couchés dans la boue, les gourmands et gloutons(6), avec les alcooliques et les toxicomanes. Car céans sont précipités les pécheurs ayant recherché sans cesse le plaisir des sens, qui sont désormais maltraités : la boue glaciale et la pluie lourde agressent le toucher, l’odeur fétide s’exhalant de l’endroit offense leur odorat et leur goût (car ces deux sens sont liés), les hurlements des êtres cauchemardesques qui rôdent en quête de victimes n’améliore pas leur ouïe, et enfin la vue de cet oasis de mets savoureux et de charmantes demoiselles leur fait mal au cœur, et ils regrettent amèrement d’avoir gaspillé leur vie dans la ripaille, les festins, la boisson ou les substances illicites.
Parmi les résidents que tu trouveras, il y a, par exemple, ces quatre compères s’étant consciemment empiffrés à mort(7) ; ce petit gros qui a bêtement gâché la chance de sa vie(8) ; un grand nombre de gens venant du pays de la surconsommation(9), et leurs anciens ennemis jurés(10) ; ce coyote affamé qui ne renonçait jamais malgré ses innombrables échecs(11) ; le roi qui finit par devenir un exemple à ne pas suivre(12) et l’autre dont la mort vint de la mer(13) ; ce fameux écrivain qui prit de mauvaises habitudes(14) ; tous ces rappeurs et chanteurs qui passent leur temps à planer(15) ; et bien d’autres, qui n’ont pas su modérer leurs envies. »

Mais quelque chose me chiffonnait.
« – Mais, en quoi la gourmandise est-elle un péché ?
– La gourmandise est un amour déréglé du boire et du manger, qui mène à la surconsommation. Elle est considérée comme un péché à cause de l’envie excessive de nourriture, ou son refus de donner aux nécessiteux. Dieu n’aime pas ceux qui consomment trop pour eux-mêmes, et refusent de donner à ceux qui ont faim. La gourmandise la plus dangereuse est l’ivrognerie, qui fait perdre la raison, rend l’homme semblable à une bête et, souvent, le fait mourir. »
– La drogue n’est pas véritablement une nourriture…
– C’est vrai, mais il y a aussi l’idée de surconsommation et d’envie déraisonnée. De plus, l’état pathétique dans lequel ils sont quand ils sont « stoned » rappelle pas mal les cuites à l’alcool. Les deux se rencontrent souvent dans les soirées et autres endroits pour faire la fête, et existent sous de très nombreuses formes. Et il fallait bien les caser quelque part.
– D’accord, d’accord… »

Je terminais mon assiette, que j’ai largement eu le temps de manger lors des tirades de mon guide. Ce dernier termina tranquillement sa coupe de glace, puis une maid vint faire une photo avec nous, où nous mimions avoir des pattes de chat à la place des mains en souriant largement.

Lors de notre départ, nous fûmes salués d’un « Irasshaimase, goshujin-sama !! » de la part de toutes les maids présentes. Virgile ressortit son parapluie, et nous repartîmes, les pieds dans la boue, certes, mais l’estomac et la tête respectivement pleins de bonne nourriture et de doux souvenirs…

Tandis que Cerbère se battait au fusil à pompe contre une vingtaine de zombies, nous prîmes le chemin des escaliers qui nous mèneront au cercle suiv-

« – Excusez-moi, vous n’auriez pas un truc à grignoter ? Je meurs de faim ! »

Une âme, à plat ventre par terre, venait de me saisir par le bas du pantalon.

« – Aaaah ! Me touche pas, saleté ! Tu vas me saloper mon froc plus qu’il ne l’est déjà, à force de patauger dans cette fange !
– Oh, désolé… Mais sérieusement, filez-moi un truc à grignoter ! Un bout de frite, des miettes de biscuits, du pain rassis, ce que vous voulez ! »
– Mais bien sûr… Et après on t’emmène avec nous pour aller se faire un sauna ? T’es ici pour une bonne raison, mon vieux.
– C’est vrai, je vous l’accorde… Quand j’étais vivant, j’avais faim en permanence, et je me mettais absolument n’importe quoi sous la dent…
– Oh, je vois qui tu es.(16) Mais peu importe qui tu es, ça ne change rien : personne ne peut plus rien pour toi. Alors t’es mignon, mais lâche-moi.
– Ah, on le prend comme ça, alors ? Eh bien, sache que les morts ne peuvent connaître le présent, mais ils peuvent voir le passé et le futur ! Je te prédis que dans 20 mois au pire, 80 au mieux, le parti sauvage l’emportera sur les autres, avec de lourdes conséquences pour ton peuple. Assise sur son trône de mensonges et de démagogie, la nouvelle capitaine mènera son navire fatigué droit dans l’iceberg que vous tentiez jusqu’à présent d’éviter. Illuminée par ses croyances stupides, motivée par la colère et l’orgueil, elle enchaînera connerie sur connerie, de sorte que tous, même ceux qu’elle aura rallié à sa cause, en jouant sur la peur, la tromperie et la bêtise, seront très durement et durablement touchés par les conséquences de ses actes… »(17)

Il mit ensuite un terme à son affreux discours ; mais je lui dis :

« – J’espère pour toi que ce ne sont que des paroles en l’air, seulement destiné à me faire peur !
– Si seulement… Mais tu rencontreras cette dame et ses disciples, mêlés aux âmes les plus noires de l’Enfer, et tu comprendras peut-être mieux les dangers qui te menace, toi et ton peuple…« (18)

Après cela, il me lâcha, et tomba face contre terre, ne bougeant plus. Je repris donc mon pèlerinage avec mon guide, encore choqué de la sombre prophétie du damné.
Après être arrivé au bord du cercle, nous prîmes une nouvelle fois l’escalier menant à la zone suivante, où guettait Plutus, gardien du métal des discordes(19).

Enfer chant 6

1) Si vous pensez qu’il est question de préjugés dans la bouche de ce personnage, vous pouvez exprimer vos réclamations dans un courrier à l’auteur. En revanche, il est grandement possible que ce dernier n’en ait rien à battre.

2) Référence à Keroberos, ou Cerberus en anglais, de « Card Captor Sakura » (un shôjo de magical girl), qui est surnommé Kero. Je vous renvoie à mon article sur les pixel art pour le passage de Vioviel à modératrice sur Fanatic Game.

3) Littéralement « Bon retour à la maison, maître ! », la formule de politesse normalement utilisée à la maison lorsque quelqu’un est de retour.

4) Voici une (brève) description des six monstres mythologiques cités :
– Le vampire est un mort-vivant se nourrissant du sang des vivants afin d’en tirer sa force vitale. La légende du vampire puise ses origines dans des traditions mythologiques anciennes et diverses ; elle se retrouve dans toutes sortes de cultures à travers le monde. Le personnage du vampire est popularisé en Europe au début du 18ème siècle, et le mot « vampire » apparaît vers 1725 dans des légendes de soldats morts visitant leurs proches pour apporter mort et désolation.
Le personnage charismatique et sophistiqué du vampire des fictions modernes apparaît avec la publication en 1819 du livre « The Vampyre » de John Polidori, et surtout avec « Dracula », publié en 1897 par Bram Stoker. Le vampire moderne est devenu une figure incontournable, que ce soit au cinéma, dans la littérature, dans les jeux vidéo, les jeux de rôle, l’animation ou encore la bande dessinée.
– La goule est une créature monstrueuse du folklore arabe et perse qui apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits. Elles forment une classe de djinns, et sont donc à ce titre l’engeance du diable, Iblis. Les goules changent de forme, prenant le plus souvent l’apparence d’une hyène ou celle d’une femme (dévorant les voyageurs qui succombent à ses appels), mais elles sont reconnaissables à leurs pieds fourchus, seul élément constant de leur apparence. La goule affectionne les cimetières et autres endroits peu fréquentés, où elle déterre les cadavres pour s’en nourrir.
– Le zombie (ou mort-vivant) désigne communément une personne ayant perdu toute forme de conscience et d’humanité, adoptant un comportement violent envers les êtres humains et dont le mal est terriblement contagieux. Originellement considérée comme une créature fantastique morte-vivante invoquée par des sorciers (nécromanciens), ils sont aujourd’hui principalement un humain bien vivant mais infecté par un virus (souvent par la morsure d’un autre zombie) attaquant son cerveau, lui faisant perdre toute humanité et le poussant à se nourrir de chair humaine. Leurs caractéristiques (force, intelligence, vitesse, résistance, vitesse de la transformation…) varient beaucoup d’une oeuvre à l’autre.
– La manticore est un animal fabuleux mangeur d’origine persane, ayant le corps d’un lion, la tête d’un homme, une triple rangée de dents très pointues, et une queue de scorpion (ou de dragon) hérissée de dards projetables. Cet anthropophage terrifiant fut décrit pour la première fois par le médecin grec Ctésias au IVe siècle av. J.-C., qui en fit mention dans son « Histoire de l’Inde ». La manticore fut abondamment figurée dans les bestiaires médiévaux comme symbole du mal. C’est une créature populaire dans le domaine du jeu de rôle.
– Le wendigo est une créature surnaturelle, maléfique et anthropophage, issue de la mythologie des Amérindiens algonquiens du Canada, qui s’est étendue à tout le folklore d’Amérique du Nord. Cette légende, bien connue dans ces tribus, désigne la transformation physique d’un humain en monstre après la consommation de viande humaine, renforçant le tabou autour de la pratique du cannibalisme chez ces peuples.
Les wendigowak (wendigos) sont associés aux péchés de gourmandise, de cupidité ou d’excès en tout genre. Il n’est jamais satisfait après avoir tué une personne pour la dévorer, et se met constamment à la recherche de nouvelles victimes. Ils vivent dans les profondeurs de la forêt et apparaissent dans des contes où le surnaturel côtoie des choses inhumaines et atroces. Parmi les histoires qui circulent, ils sont solidement ancrés dans les légendes amérindiennes où ils tiennent une place importante, et sont parmi les créatures les plus craintes.
– Le catoblépas est une bête fabuleuse qui ressemble à un buffle noir (ou un phacochère) dont la tête est trop lourde pour son cou, ce qui fait qu’elle est toujours inclinée vers le sol. Heureusement, car tout humain croisant son regard meurt aussitôt ou est pétrifié (le résultat étant le même). Mentionnée pour la première fois par le naturaliste Pline l’Ancien (23-79), la description de cette bête a été reprise par l’historien Claude Élien (~175-~235) et quelques érudits de la Renaissance, puis dans des œuvres modernes de la littérature, jusqu’au jeu de rôle et au jeu vidéo à notre époque.

5) Pas besoin de vous faire un speech sur les trolls, cyclopes et ogres, j’espère ? Bon, alors, vite fait :
– Les trolls sont à l’origine des créatures solitaires, mystérieuses et inquiétantes, fortement liés aux lieux sauvages et aux éléments naturels, et pour ces raisons cohabitent très difficilement avec les hommes, dont ils enlèvent femmes et enfants fréquemment.
– Les cyclopes sont de grandes créatures, très puissante, mais assez stupides, qui ne possèdent qu’un seul œil au milieu du front.
– Les ogres sont de grands humanoïdes, au corps massif et à l’apparence rude. Pas spécialement cruels, ils sont simplement brutaux et n’ont qu’une obsession : manger de la chair fraîche, leur mets de prédilection étant les petits enfants.
– Les Wargs sont des monstres légendaires, des démons ayant la forme d’un grand loup particulièrement vicieux. Bien que le terme soit fortement associé au Seigneur des Anneaux de Tolkien, il a des racines qui remontent à la mythologie scandinave antique, où il correspond à des loups mythologiques comme Fenrir, Sköll et Hati. Ce terme désigne donc avant tout de grand loups, et de nombreuses figures issues de la mythologie nordique en chevauchent (comme Gunnr, une des Valkyries).
– Le Sarlacc est un gigantesque monstre extraterrestre, vedette de la franchise Star Wars et l’un des aliens les populaires (mais aussi l’un des plus colossal et dangereux). Il est pratiquement totalement caché sous le sol, apparaissant comme une gueule béante pleine de crocs acérés, bien assez grand pour consommer des êtres humains (ou des proies plus grosses). Un spécimen particulièrement puissant fut utilisé par Jabba le Hutt comme un outil d’exécution pour ceux qui lui déplaisait.
– Référence à Rudy, le principal antagoniste du film L’Âge de Glace 3 – Le Temps des dinosaures. C’est un gigantesque baryonyx albinos (35 m de long, 18 m de haut quand il se tient debout), l’un des plus grands prédateurs du monde des dinosaures où il est craint par tous. Seuls la maman T-Rex et Buck ont le courage de lui faire face.
D’ailleurs, Buck (la belette aventurière) mentionne La Divine Comédie lorsqu’il prononce la phrase « Abandonne tout espoir, toi qui entre ici », tout comme il est inscrit sur la porte à l’entrée de l’Enfer.

6) Dans son Summa Theologica (Part 2-2, Question 148, Article 4), Saint Thomas d’Aquin réitère la liste des cinq façons de commettre le péché de Gourmandise, ce qui donne l’acrostiche PLANS :
Praepropere – manger trop tôt, ou à un moment inapproprié (= Grignotage, ou Phagomanie)
Laute – manger de la nourriture qui est trop luxueuse, exotique ou coûteuse (= Somptuosité)
Ardenter – manger avec trop d’empressement, trop d’avidité (= Précipitation)
Nimis – manger de la nourriture qui est excessive en quantité (= Surconsommation)
Studiose – manger de la nourriture qui est trop délicatement ou minutieusement préparée (= Raffinement)
(et apparemment aussi Forente – manger sauvagement, mais il se rapproche de Ardenter).

7) Ugo, Philippe, Marcello et Michel dans le film « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri (1973). Le film raconte l’histoire de quatre hommes, fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis, qui décident de s’enfermer dans une villa pour ce qu’ils appellent un « séminaire gastronomique » mais pour en fait se livrer à un suicide collectif en mangeant jusqu’à ce que mort s’ensuive.

8) Augustus Gloop est le premier à trouver un ticket d’or dans Charlie et la Chocolaterie. C’est un enfant allemand, obèse, avide et gros mangeur. C’est également le premier enfant à être retiré de la visite : alors qu’il buvait dans la rivière de chocolat de Willy Wonka, il tombe dedans, et est aspiré par un tuyau de verre. La pression du chocolat associée au faible diamètre du tuyau le déforme et le rend fin comme une allumette. Il quitte l’usine couvert de chocolat fondu.

9) Les Américains, bien entendu. Les États-Unis sont parmi les pays ayant les taux d’obésité les plus élevés au monde. Les estimations ont régulièrement augmentées passant de 19,4 % en 1997, 24,5 % en 2004 à 26,6 % en 2007, à 35,7 % pour les adultes et 16,9 % pour les enfants/ados, en 2010 (soit 78 millions d’adultes et 12.5 millions d’enfants et d’adolescents, sur une population totale de 308 millions).

10) Les Russes, un des peuples qui boit le plus : bien que les autorités russes manquent de données et de statistiques fiables, en 2005 le pays comptait 2 348 567 alcooliques (pour environ 144 millions d’habitants).
L’espérance de vie en Russie en 2012 était de 64 ans pour les hommes et 75 ans pour les femmes, ce qui est largement inférieur aux moyennes européennes. La consommation annuelle élevée de 15,7 litres d’alcool pur relevée par l’OMS est en grande partie responsable, bien qu’il ne s’agisse pas de l’unique facteur. 40% des hommes boivent quotidiennement de la vodka. De ce fait, 35% des hommes meurent avant 55 ans en raison de cette consommation.
Sur l’ensemble de la Fédération, l’alcoolisme est tenu pour responsable de près de 500 000 décès/an, soit 20% des décès en Russie, et pourrait emporter onze millions de citoyens entre 2012 et 2025.
La qualité de l’alcool est également un facteur de morbidité non négligeable : les alcooliques pauvres ne pouvant acheter de vodka se mettent alors à consommer toutes sortes de substituts allant du liquide pour vitre à l’eau de Cologne. Les intoxications induites par l’ingestion d’alcool frelaté emportent chaque année 42 000 personnes.

11) Vil Coyote est un personnage de dessin animé de la série Looney Tunes (Bip Bip et Coyote), créé par Chuck Jones en septembre 1949. Toujours à la poursuite de Bip Bip, le grand géocoucou, ce canidé très intelligent mais maniaque a, au cours des 43 films où il est apparu, inventé des centaines de pièges et stratagèmes pour attraper sa proie. Hélas, il se fait prendre à chaque fois à son propre piège. Mais cela ne l’a jamais découragé.

12) Adolf Frederick (1710-1771), roi de Suède de 1751 à 1771, qui fit fleurir les sciences, les arts et le commerce. Il meurt d’une indigestion le 12 février 1771 au palais de Stockholm, après un riche dîner composé de caviar, d’une soupe au chou, de hareng fumé, de homard et de choucroute, le tout copieusement arrosé de champagne. Il reprend en outre 14 fois de son dessert favori, le semla, une brioche suédoise fourrée à la pâte d’amande et à la crème servie dans du lait chaud. Les écoliers suédois se souviennent de lui comme « le roi qui mangea jusqu’à en mourir ».

13) Henri Ier Beauclerc (1068-1135), roi d’Angleterre de 1100 à 1135. Il est surnommé « Lion de Justice » pour son amélioration des rouages rudimentaires de l’administration et de l’appareil législatif du pays. Alors qu’il est possible qu’il ait tué son frère Guillaume le Roux dans un accident de chasse pour devenir roi, il n’était pas réputé pour être un gros mangeur. Cependant, une nuit, pour une raison quelconque, il a exagéré et célèbrement mangé « un excès de lamproies », avariées qui plus est. Il mourut d’une intoxication alimentaire peu après.

14) Guillaume Makepeace Thackeray (1811-1863), l’un des romanciers britanniques les plus importants de l’époque victorienne. Connu pour ses œuvres satiriques prenant pour cible la classe moyenne britannique, il est l’auteur, entre autres, des « Mémoires de Barry Lyndon », qui fut adapté par le cinéaste Stanley Kubrick et de « Vanity Fair », l’un des romans-phares de la littérature anglaise.
Il a été décrit comme « le plus grand glouton littéraire qui ait jamais vécu ». Son activité principale en dehors de l’écriture était « se gorger et se gaver ». Souffrant de problèmes de santé, il mangeait et buvait trop, et ne faisait comme « sport » que de l’équitation. Il ne pouvait pas briser sa dépendance aux piments, qui ruinaient sa digestion. Le 23 décembre 1863, de retour après un énorme dîner à l’extérieur, il a subi un accident vasculaire cérébral. Il a été retrouvé mort dans son lit le lendemain matin.

15) Parmi les plus connus, nous avons : Snoop Dog (marijuana), Wiz Khalifa (cannabis, à hauteur de 10.000 $/mois), Mac Miller (LSD, cocaïne et « purple drank », une combinaison de prométhazine et de codéine), Kid Cudi (marijuana, ancien cocaïnomane), Lil Wayne (ecstasy, drogues pharmaceutiques), T.I. (ecstasy, opiacés, ancien dealer), A$AP Rocky (purple drank, cannabis), et surtout Lil B (consomme le plus d’ecstasy, de codéine et de cocaïne).
Nombreux sont ceux qui ont fait des chansons faisant l’apologie de telle ou telle substance illégale (on retiendra le célèbre « Smoke weed everyday » de Nate Dogg), ou asseyaient leur « street credibility » en mettant en avant leur vie de dealer de drogue.
Je place en priorité en Enfer ceux qui ont pris beaucoup de drogue, et surtout, pour le plaisir (et pas contre le stress ou la douleur, ni pour une raison religieuse/spirituelle). C’est pourquoi des rappeurs comme Drake ou Eminem n’y sont pas : le premier a confié s’être tourné vers la prise d’antalgiques et de marijuana dans le passé pour affronter la notoriété qu’il venait d’acquérir ; le second, sorti en 2002 de sa dépendance aux drogues et à l’alcool, s’est ensuite tourné vers les sédatifs comme le zolpidem, le Valium et le Vicodin pour soulager ses difficultés à s’endormir, à raison de plusieurs dizaines par jour. Entrant par la suite en désintoxication pour « dépendance aux somnifères », il a vaincu ses addictions et a participé au documentaire How To Make Money Selling Drugs, où il revient sur cette période de sa vie. Bob Marley n’y est pas non plus, je vous rassure.

16) Charles Domery (1778-~1800), soldat polonais : remarqué pour son inhabituellement grand appétit. Servant dans l’armée prussienne contre la France au cours de la Première Coalition (1792-1797), il a constaté que les rations des Prussiens étaient insuffisantes et déserta pour l’Armée Révolutionnaire Française en échange de nourriture. Bien que généralement en bonne santé, il avait toujours une faim vorace durant son service dans l’armée française, et a mangé toute la nourriture disponible. Stationné près de Paris, il a été comptabilisé que Domery avait mangé en un an 174 chats et, bien qu’il détestait les légumes, il mangeait 4 à 5 livres (1,8 à 2,3 kg) d’herbe chaque jour s’il ne pouvait pas trouver d’autres aliments. Pendant le service sur la frégate française Hoche, il a tenté de manger la jambe sectionnée d’un membre de son équipage touché par un coup de canon, avant les autres membres de l’équipage ne luttent pour l’en empêcher.
En Février 1799, le Hoche a été capturé par les forces britanniques et l’équipage, Domery y compris, ont été internés à Liverpool. Il choqua ses geôliers avec son appétit vorace et, en dépit d’avoir dix fois plus de rations que les autres détenus, reste affamé : il mange le chat de la prison, au moins 20 rats qui étaient venus dans sa cellule, et régulièrement les bougies de la prison. Le cas de Domery a été porté à l’attention des « Commissaires Responsables du Soin des Marins Malades et Blessés et au Soin et Traitement des Prisonniers de Guerre », qui ont effectué une expérience pour tester sa capacité à manger. Au cours d’une journée, Domery a été nourri avec un total de 16 livres (7,3 kg) de pis de vache cru, de bœuf cru, de suif de bougies et de quatre bouteilles de bière noire, qu’il a mangé et bu sans déféquer, uriner, ou vomir à aucun moment.

17) Allusion au fait que je pense que Marine Le Pen va être malheureusement élue présidente, soit en mai 2017, soit en mai 2022 (si Sarkozy gagne en 2017). Le « parti sauvage » est le FN, les « lourdes conséquences » sont pour le pays. Ensuite, métaphore filée sur le thème maritime (je sais pas pourquoi, peut-être à cause de son prénom), où le « navire fatigué » est la France (affaiblie par la crise), et « l’iceberg » est la dèche, mais niveau Grèce.
Ensuite, ses « croyances stupides » sont ses idées extrémistes et xénophobes et les « conneries sur conneries » sont listées dans son programme, comme la sortie de l’UE, le retour au franc, l’abolition du mariage gay ou la « conception et édition de nouveaux manuels d’histoire expurgés de militantisme anti-français et de délires multi-culturalistes ».
L’expression « en jouant sur la peur, la tromperie et la bêtise » vient du fait qu’elle utilise les peurs des gens (surtout des personnes âgées, qui ont été « habitués » à avoir peur des étrangers (Nazis, Russes et Américains pendant la Guerre froide, Pieds-noirs après l’indépendance de l’Algérie, Asiatiques et Africains plus récemment (qui viennent prendre le travail des bons français)) et va dans leur sens en leur disant ce qu’ils veulent entendre (-> démagogie) ; la tromperie, c’est son hypocrisie sans limites (encore plus que les autres politiques) ; la bêtise, c’est les racistes et xénophobes qui l’étaient déjà, et dont elle canalise la haine des étrangers.
Bref, si on applique son programme, on finira pauvres, seuls et militarisés à mort. Ça vous rappelle pas certains pays peu recommandables de la planète ?…

18) Nous croiserons les racistes et xénophobes dans le cercle de la Colère, et bien plus tard cette c*nnasse de Marine Le Pen (et Florian Philippot, son bras droit) dans la 6ème bolge du cercle des Trompeurs, réservée aux Hypocrites.

19) Dans la mythologie grecque, Iasion (ou Iasos, fils de Zeus) et Déméter (déesse de l’agriculture et des moissons) furent invités au mariage de Cadmos ( fondateur légendaire de Thèbes) et d’Harmonie (fille d’Arès et d’Aphrodite, ou de Zeus et d’Électre). Après s’être bourré la gueule au nectar, les deux divinités jouèrent au docteur dans un champ labouré trois fois. Comprenant aux traces de boue présentes sur les bras et les jambes de Iasion et Déméter ce qu’il venait de se passer, Zeus frappa à mort son fils de sa foudre (ça rigole pas…).
Ploutos (ou Plutus sous son nom romanisé) naît de cette union, et devient la divinité de la richesse et de l’abondance.
Il est rendu aveugle par Zeus (décidément…) pour l’empêcher de ne récompenser que les gens de bien et le forcer aussi à favoriser les méchants (on se demande bien pourquoi…), et visite donc sans distinctions les bons et les mauvais afin de leur apporter richesse et opulence.
Il y a aussi des chances que Dante ait mélangé Plutus et Pluton, le dieu des Enfers dans la mythologie grecque (Hadès) et plus tard chez les Romains. Fils de Cronos, frère de Zeus et de Poséidon, c’est la personnification mythique de toutes les forces renfermées dans les profondeurs du sol. Il est le dieu qui, caché dans la terre, gouverne les enfers, fait germer les moissons, et distribue aux mortels les richesses agricoles.
Les Romains assimilèrent Pluton à leur Dis Pater, qui était, lui aussi, le roi du monde souterrain considéré en tant que dispensateur de la fécondité agricole.

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