L’Infernal Remake Dantesque ! – Chant VII – La cigale et la fourmi

« Pape Satàn, pape Satàn aleppe !« (1) cria Plutus d’une voix rauque. « Et ta soeur ? » lui rétorqua Virgile. Il se tourna vers moi et me dit « Ne t’inquiète pas, il essaie de nous faire peur, mais il ne sert à rien, un peu comme ces rappeurs des té-ci dans leurs clips. Car malgré toute sa rage et ses richesses, il ne peut s’opposer à Celui qui nous octroie le droit de passer. »
Cela dit, mon guide dut m’éloigner par la force quand le vieux loup sortit de ses poches des pleines poignées de doublons d’or qu’il agita devant moi.

Nous étions donc arrivés dans le quatrième cercle de l’enfer. Encore une fois, un spectacle singulier s’offrait à moi : le sol était recouvert de rails et, de tous côtés, d’innombrables portails menaient vers des boyaux de mines. Les damnés étaient soit chargés de miner inlassablement les parois avec des pioches qui semblaient très lourdes, soit de pousser les énormes wagonnets remplis de minerais, de gemmes, de déblais et de pierres, qui étaient acheminés vers un énorme centre de triage. Il faisait de plus une chaleur épouvantable, ce qui faisait que l’or fondait comme neige au soleil, et recouvrait le sol de cette fosse d’une pellicule de quelques centimètres de métal liquide et brûlant.

Tandis que j’observais le ballet parfaitement orchestré des allées et venues des wagons vers leurs destinations, ce qui me rappelait une chanson que j’avais entendu(2), Virgile me donna des bottes en plomb ignifugé magique, et commença un nouveau réquisitoire :
« – Sache, mon enfant, que toutes ces âmes souffrent ici pour ne pas avoir jugé les biens de la terre à leur juste valeur. Que ce soit ceux-ci (il montre les pousseurs de wagons), les avares au poing fermé(3), ayant préféré accumuler les richesses pour eux plutôt que de les partager, ou ceux-là (il montre les mineurs qui piochent), les prodigues au crâne tondu, qui ont au contraire dépensé sans compter, de façon égoïste. On peut ironiquement dire qu’ils ont payé au prix fort leurs erreurs terrestres ! Désormais, ils sont véritablement esclaves de leur passion pour les biens matériels et temporels… Comme disait le philosophe cynique Bion de Boristhène : « L’avare ne possède pas son or, c’est son or qui le possède ».
– Et, vous pouvez développer un peu le concept d’avarice/prodigalité, au lieu de caser des citations de mecs inconnus ? demandais-je.
– Comme la luxure ou la gourmandise, l’avarice est un péché d’excès : un amour déraisonné des richesses matérielles. L’argent a été, est, et sera toujours un fléau ; il existera invariablement des gens près à toutes les bassesses pour s’en procurer, puisqu’il permet d’acheter à peu tout ce qui existe, Il mène notamment à des péchés plus graves, tels que la fraude ou la trahison. C’est pour cela que l’avarice est considérée comme un péché capital.
– Et quel est l’origine de ce fléau ?
– L’avarice peut être expliquée par l’angoisse de manquer de quelque chose, ou tout simplement le fait d’aimer profondément l’argent, celui-ci pouvant être considéré comme signe de pouvoir, de domination et d’invincibilité. En accumulant ses richesses, l’avare se sens protégé, en sécurité. Il se prive de tout pour ne manquer de rien.
Au contraire, le dépensier préfère étaler sa fortune pour au mieux impressionner les autres, se/leur faire plaisir ou être à la mode, et au pire avoir le sentiment d’améliorer sa vie en achetant, peu importe ce que c’est : ces achats répondent à un mal-être et permettent de déplacer leur angoisse (mais plus ils dépensent, plus ils culpabilisent, et donc plus ils achètent).

– Tu fais de la psychologie, maintenant ?…
– En bref, mal donner et mal tenir leur a ôté le beau séjour et mis en cette échauffourée. Et pour caser une dernière citation : « L’avarice perd tout en voulant tout gagner », a dit Jean de La Fontaine.
– Et… vous n’oubliez rien ?…
– Eh bien… Euh…
– La liste à rallonge de personnages correspondant, peut-être ?…
– Ah, oui ! C’est vrai que ça serait dommage de gâcher aux lecteurs le plaisir de se taper un pavé d’apprendre des choses !
Malgré le fait qu’ils soient obscurs et impossibles à reconnaître, car auparavant opaques à la lumière de l’intelligence, je les citerai de mémoire.
Nous avons donc, dans ce cercle des détraqués du porte-monnaie, un grand nombre de gens d’église : vois ces clercs, n’ayant pas limité leurs dépenses de leur vivant ; et à l’inverse, chez ces papes et ces cardinaux, l’avarice atteignit son paroxysme. Au lieu d’aider les pauvres, ces mauvais chrétiens adorèrent le Veau d’or.(4)
Parmi ceux qui ont des oursins dans les poches, nous pouvons déjà citer ces trois célèbres palmipèdes, ennemis en affaires mais complices dans le vice(5) ; ce pince-vitres qui a compris bien trop tard ses erreurs(6) ; le vieux débris ploutocrate aussi maladif que sans pitié(7) ; celui dont le nom devint un moyen de qualifier ses pairs, dans la langue de son créateur(8) ; ce ministre déchu, dont les manigances provoqueront la perte(9) ; ce chef d’entreprise obnubilé par ses bénéfices(10) ; le célèbre rival de ce héros omniprésent, bouffi par la soif de l’or(11) ; et enfin, ce couple au caractère bien trempé, nettement plus uni par leur intérêt commun pour le métal précieux que par leur amour(12).
Du côté des paniers percés, nous avons ce sportif qui est bien plus doué sur le terrain qu’il ne l’est à gérer son salaire(13), le « premier gentleman d’Angleterre »(14), cette mégère au cœur sec qui ne jure que par les fourrures(15) et finalement, cette sangsue princière qui ne regarde tellement pas à la dépense que l’on pourrait croire qu’il est aveugle(16).

– Eh bien, que du beau monde… Et sinon, dans le centre de tri… qui y travaille ?
– Des gobelins et des nains, forcés de collaborer pour la sélection, le sciage, le préformage, le facettage et le polissage des pierres. Je peux te dire que cette association les enjaille moyen. »

Continuant à regarder les richesses être extraites et transportées par les damnés, je finis par poser la question que tout le monde est en droit de se poser.

– Il y a un boss dans ce cercle ?
– Nombreux furent les souverains de cette fosse : le roi Midas de Phrygie, le roi Crésus de Lydie, le roi Ubu de Pologne, le roi K. Rool de Crocodile Isle…(17) Le dernier en date était le roi Goldo Golderson des Collines Dorées(18), mais un nouveau venu l’a récemment détrôné : un certain Benjamin Daniel, plus connu sous le pseudonyme de « Benzaie ». Son amour profond pour la Youtube money et l’argent des abonnés, ainsi que ses dépenses astronomiques en jeux vidéo, consoles et accessoires lui ont valu cette place. Comme il le dit souvent, « … car voyez-vous, j’aime l’argent ! », en imitant un personnage cité précédemment(19). Décidément, la Fortune aime le changement… dit-il en soupirant.
– Qui est cette Fortune ? demandais-je.
– Ah là là, faut tout leur expliquer à ces gosses ! Et après, ils se plaindront des pavés dans les notes en-dessous des chants… La Fortune a été créée par Dieu, et est une des Intelligences motrices, qu’on appelle communément anges, chargée d’administrer les biens de ce monde. Pour ce faire, elle utilise sa fameuse Roue, où chacun est tour à tour à tour élevé et abaissé ; elle la tourne fréquemment, afin de laisser leur chance à certains, et la prendre à d’autres, qu’ils l’aient saisi ou pas, et qu’ils le méritent ou pas. Ça, c’est pas ses oignons. Ainsi, les richesses sont réparties, indépendamment des événements terrestres. 
– Mais c’est dégueulasse !, m’indignais-je. Surtout quand on voit que des pauvres gens sont laissés dans la merde pendant des générations, tandis que des enfoirés restent en haut de l’échelle…
– Evidemment, dit comme ça, ça a l’air foireux. Mais n’oublie pas que le Seigneur aime tester les hommes : prenons l’exemple de Siddhārtha Gautama, plus connu sous le nom de Bouddha. C’était un noble, un prince. Il aurait pu être une sale race et mépriser le peuple en se vautrant dans le stupre. Mais non ! Il a été sensible à la souffrance de son peuple lorsqu’il est sorti du palais où il était plus ou moins retenu (suite à une prédiction des brahmanes faite à son père, comme quoi il deviendrait roi ou ascète, et lui recommandant de prendre cette précaution s’il voulait éviter que la deuxième option ne se réalise). Il a rejeté titre et palais, et commencé une vie d’ascète, avant de mener une méditation plus « douce », car l’abstinence l’avait affaibli sans le mener à une meilleure compréhension du monde.
Abandonné de ses compagnons ascètes, qui pensaient qu’il délaissait la pratique, il a continué à méditer seul, et a fini par accéder à l’Eveil, 6 ans après avoir quitté le palais. Devenu un Bouddha, il avait désormais la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Il présentera son enseignement comme la redécouverte d’une vérité autrefois enseignée par les Bouddhas du passé, et expliquera à ses disciples comment atteindre le stade de Bouddha… Quand Minos juge, seuls comptent les actions, pas les titres ou les possessions.
– J’ai surtout retenu que Dieu est un vieux salaud qui mange du popcorn en jouant aux Sims en mode automatique.
– C’est une façon de voir les choses. Peu orthodoxe, et plus ou moins hérétique, mais correcte dans un sens… »
Perdu dans ses pensées, je le laissais cogiter quelques minutes avant de lui rappeler notre situation actuelle.
« – Nom de Zeus, il est déjà cette heure-ci ?! s’écria le poète en regardant son cadran solaire portable. Faut qu’on se grouille, j’vais être en retard sur mon planning !(1)
– Ouais, et puis mes pieds commencent à cuire malgré vos bottes… »

Nous nous hâtâmes de quitter ce cercle et ces discussions philosophiques du dimanche, nous dirigeant maintenant vers le cinquième cercle…

– Seulement le cinquième ? Bon sang, on est pas sorti de l’auberge ! m’écriais-je.
– Allons, allons… Nous sommes arrivés à mi-chemin de notre voyage infernal ! me rassura Virgile.
– C’est vrai ?…
– Géographiquement, oui. Mais par rapport au poème, on est même pas au quart…
– J’aurai jamais dû me laisser embarquer dans cette affaire…

Finissant temporairement de me plaindre, j’observais une source, dont l’eau jaillissaient et coulait sous la forme d’un liquide aussi noir que les plumes d’un corbeau lors d’une nuit sans lune.
Plus bas, après avoir suivi cette sombre rivière à travers des terres désolées, nous parvînmes aux rives d’un immense marais(21). Dans ce bourbier s’agitaient des hommes : recouverts de boue, nus, ils semblaient avoir la rage ; ils se jetaient dessus les uns les autres, se poussant, se frappant, se mordant, tels des bêtes affamées se ruent sur une proie.

« – Vois ! reprit gravement le poète. Ici, dans le marais Styx, sont précipitées les âmes chez qui la colère a triomphé sur la raison ! Victimes d’une fureur inextinguible, ils se battront furieusement pour toujours. Mais ce ne sont pas les seuls présents ici : sous la surface, au fond de la vase, les paresseux et mélancoliques gisent, laissant échapper dans des bulles leurs soupirs qui font bouillonner le lac ; ils regrettent leur vie passée où, malgré les doux rayons du soleil, ils ne faisaient que geindre et se plaindre, et désormais se lamentent, la gorge noyée de boue… »

Laissant ces gens à leurs problèmes, nous allâmes le long de ce bassin de fange, parvenant finalement au pied d’une tour…

Enfer chant 7

1) Personne n’a jamais compris ce que ces mots voulaient dire. Cela semble être une prière destinée à Satan, mais pour sa signification, il y a presque autant d’hypothèses que de commentateurs de Dante.

2) La fameuse et entraînante chanson des nains, « Diggy diggy hole » -> lien.

3) Le poing fermé est le symbole classique du vice de celui qui veut tout garder pour lui ; les prodigues auront les cheveux tondus, en signe qu’ils ont gaspillé et perdu tout ce qu’ils pouvaient donner.

4) « Adorer le Veau d’or » veut dire avoir le culte de l’argent/des biens matériels (ou courtiser ceux qui sont riches). C’est une référence à la Bible : dans l’Exode 32:1-14, tandis que Moïse était parti au sommet du mont Sinaï pour attendre que Dieu ait l’amabilité de bien vouloir lui filer les Tables de la Loi (il a dû poireauter tout de même 40 jours…), les Hébreux qu’il avait conduits jusqu’au pied du mont commençaient à trouver le temps long.
Croyant que Moïse ne reviendrait plus, ils demandèrent à Aaron (frère aîné de Moïse et premier prêtre) de leur fabriquer un dieu qu’ils pourraient suivre physiquement (pour remplacer Moïse). Celui-ci ordonna alors aux femmes et enfants de donner leurs bijoux avec lesquels, une fois fondus, il coula une statue de veau en or, évoquant les dieux égyptiens Hathor (une vache) et Apis (un taureau).
Lorsque Moïse revint enfin et constata le retour de l’idôlatrie chez son peuple, ça lui a plu moyen, et il ne réussit à obtenir le pardon de Dieu qu’en faisant massacrer 3000 des coupables.
Le « veau d’or » est d’abord devenu le symbole de l’oisiveté. À la fin du XVIIe siècle, il désignait encore un « homme qui n’a pas d’autre mérite que sa richesse », sens perdu aujourd’hui. C’est au même moment qu’est apparue notre expression pour dire « avoir le culte de l’argent », mais aussi « courtiser, flatter les riches ».

5) Balthazar Picsou, Archibald Gripsou et Crésus Flairsou, les 3 canards milliardaires de l’univers Disney. Ce sont des hommes d’affaire, qui se disputent âprement le titre d’homme (ou de canard) le plus riche du monde, même si ce titre revient toujours au final au premier : selon le sérieux magazine économique Forbes, sa fortune s’élève à 44 milliards de dollars (soit autant que Bill Gates).

Picsou
, d’origine écossaise, gagna son premier million lors de sa jeunesse au Yukon (territoire au Nord-Ouest du Canada), où il découvrit, dans une immense vallée perdue du Klondike, une pépite grosse comme un œuf d’autruche. À partir de ce moment, l’or devient pour Balthazar une obsession. Toujours paré de son sou fétiche, la première pièce qu’il ait gagné (en cirant des chaussures à 10 ans), il a parcouru le monde entier afin d’amasser une fortune colossale, qu’il amasse dans son coffre blindé très sécurisé, en haut de la colline Killmotor, à Donaldville.

Gripsou
 est un milliardaire basé en Afrique du Sud, dénué de scrupules, sorte de version maléfique de Picsou. Picsou le rencontre dans sa jeunesse, alors que c’est un prospecteur malhonnête Boer (les pionniers blancs d’Afrique du Sud, originaires, pour la plupart, des régions néerlandophones d’Europe). Il gagne la confiance de Picsou puis le dépouille de ses biens. Picsou le rattrape ensuite et l’humilie devant toute la ville.
Il est généralement dépeint comme pingre, cruel, aigri et brutal, ne reculant pas devant la planification de meurtres pour parvenir à ses fins. Gripsou est plus solitaire que son rival : il n’a pas de famille et agit fréquemment seul, à l’exceptions de quelques sbires. Il appartient à la même génération que Picsou : Don Rosa, l’un des auteurs à avoir le plus utilisé le personnage, le dépeignait comme légèrement plus jeune.

Flairsou
 est le principal et récurrent ennemi et rival de Picsou (du moins dans les histoires italiennes), dépeint comme un « nouveau riche » snob, parvenu, arrogant, imbu de lui-même et dépensier, aimant exhiber sa fortune. Si Archibald Gripsou peut être considéré comme le « frère ennemi » de Picsou, partageant un certain nombre de valeurs avec lui, Flairsou en est l’antithèse complète.
Flairsou emploie quelquefois les Rapetou, Miss Tick ou d’autres criminels pour nuire à son rival et n’hésite pas à recourir à des méthodes telles que l’espionnage industriel, le kidnapping ou encore le sabotage pour développer ses affaires. Il a même essayé, dans quelques histoires, de supprimer physiquement Picsou, même si le personnage reste dans l’ensemble beaucoup moins pervers que Gripsou, encore plus fréquemment tenté de recourir au meurtre. Confronté à l’échec, Flairsou, de colère, mange son chapeau. Ce gimmick est devenu récurrent dans bon nombre des histoires dans lesquelles il apparaît.

6) Pince-vitres : Traduction marseillaise et littérale de harpagon = qui a les doigts crochus. Un pince-vitres est un vieil avare qui a les doigts tellement crochus qu’il pourrait pincer une vitre.
(ex : « Celui là c’est un pince-vitres ; si tu l’envoie au plafond il reste accroché ! » ou encore « Si tu l’envoies au plafond, il redescend avec le lustre ! »)
Jacob Marley, ancien associé de l’usurier Ebenezer Scrooge, dans Un chant de Noël (A Christmas Carol) de Charles Dickens. Il est qualifié d’être un « vieux pécheur […] avare qui savait saisir fortement, arracher, tordre, pressurer, gratter, ne point lâcher surtout ! Dur et tranchant comme une pierre à fusil dont jamais l’acier n’a fait jaillir une étincelle généreuse, secret, renfermé en lui-même et solitaire comme une huître ». Devenu un fantôme, il est le premier à conseiller à Scrooge de changer de comportement, au risque de finir comme lui, condamné à l’enfer de l’éternité.

7) Charles Montgomery Burns, personnage avare des Simpson (mais prodigue si l’on voit la collection d’objets rares dans son manoir, comme la plus grande télévision du monde ou la première ébauche de la Constitution des États-Unis).
Il est la caricature du capitaliste dans toute sa splendeur. Centenaire (même si son âge varie selon les épisodes), il est milliardaire et est le propriétaire de la centrale nucléaire de Springfield. En raison de son statut de ploutocrate principal de la ville (la ploutocratie est un régime politique où les plus riches sont au pouvoir), M. Burns peut faire ce qu’il veut, sans qu’il y ait de graves conséquences. Il est le principal antagoniste de la série.

8) Harpagon est un personnage de la pièce de théâtre L’Avare de Molière, écrite en 1668. Père de Cléante et d’Élise, deux jeunes gens en âge de se marier, ce riche veuf compte lui-même épouser Mariane, l’amante de son fils.
Harpagon représente l’avarice ; Il économise sur tout et refuse de faire la moindre dépense. Il ne pense qu’à sa cassette, qui contient dix mille écus d’or, et qu’il a cachée dans le jardin. Il personnifie son argent, qui est la source de son bonheur : « Hélas ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde ! Sans toi, il m’est impossible de vivre. » (acte IV, scène VII).
Tyrannique avec sa famille, il est aussi égoïste, sexiste, ainsi que paranoïaque, car il est persuadé que tout le monde essaie de le voler.
Son nom est devenu synonyme de radin et d’avare. En grec ancien, ἁρπαγή (harpagế) signifie au sens actif « rapacité » ou « avidité » et ἅρπαξ (hárpax)« rapace » ou « pillard ».

9) Don Salluste de Bazan, personnage du film La Folie des grandeurs (1971), est ministre du roi d’Espagne Charles II. C’est un être fourbe, hypocrite et cupide qui collecte lui-même les impôts, qu’il détourne en partie à son profit. Il est détesté par la population qu’il opprime.
Accusé par la reine Marie-Anne de Neubourg, une belle princesse bavaroise, d’avoir fait un enfant illégitime à une de ses dames d’honneur, il est déchu de ses fonctions et condamné à se retirer dans un monastère. Décidé à se venger, il entre en contact avec son séduisant neveu, César, devenu brigand, mais ce dernier refusant d’entrer dans sa machination, il le fait capturer par ses sbires et l’envoie comme esclave aux Barbaresques. Il décide alors d’utiliser pour sa vengeance Blaze, son valet récemment congédié et dont il a découvert les sentiments pour la reine : il le fera passer pour César et l’aidera à séduire la reine.
A la fin du film, leur machination échouera. Finalement le roi enverra Salluste et Blaze aux Barbaresques, le premier à cause de son complot, le second pour ne pas avoir voulu épouser Doña Juana (la gouvernante de la reine, victime de quiproquos et tombée amoureuse de Blaze).

10) Eugène H. Krab, personnage de la série d’animation Bob L’Eponge. C’est le propriétaire du Crabe Croustillant, un restaurant célèbre pour sa spécialité : les pâtés de crabes (qui sont à l’origine de sa fortune). Il est très avare, vouant un culte à son premier billet et allant jusqu’à s’arracher un bras pour un sou. Cupide et radin, il n’a pas de morale. Son unique objectif : engranger des bénéfices. On peut reconnaître à travers son personnage une caricature du capitalisme américain.

11) Wario, personnage de jeu vidéo de Nintendo, est le double maléfique de Mario et son ennemi principal après Bowser.
Le principal trait de caractère du personnage est sa cupidité qui le pousse à aller au-devant de bien des dangers pour faire fortune (ex : récupérer une statue d’or volée à la princesse Peach par des pirates pour réclamer ensuite une rançon). Son rêve est d’avoir son propre château.
Généralement, les jeux où on l’incarne ont pour but premier de ramasser le maximum de pièces d’or afin d’obtenir le plus haut score possible.
Son nom provient du renversement du M, initiale de Mario. C’est aussi un jeu de mot en japonais, « warui » signifiant « méchant, mauvais ». On retrouve cette connotation négative en anglais, résonance de « war » signifiant « guerre ».

12) Léodagan de Carmélide et Dame Séli, personnages de la série télévisée Kaamelott. Ce sont les parents de la reine Guenièvre, et donc les beaux-parents du roi Arthur.
Léodagan, s’il est prodigue avec les richesses du royaume, cherchant toujours à augmenter le budget de la défense et à se procurer des machines de guerres souvent aussi inutiles que chères, il est en revanche beaucoup plus avare lorsqu’il s’agit de son propre argent. Il renâcle systématiquement lorsqu’on lui rappelle que l’alliance entre la Carmélide et la Bretagne implique qu’il mette la main à la poche.
Sa femme, Séli, est également avare et cupide : obsédée par l’argent, elle a simulé l’enlèvement de sa fille avec celle-ci afin de toucher une rançon, et achetait de la fausse monnaie pour compenser le peu que lui donne son mari.

13) Neymar Júnior (1992-), footballeur international brésilien évoluant au poste d’attaquant au FC Barcelone, et capitaine de l’équipe nationale du Brésil. Elu meilleur joueur sud-américain de l’année en 2011 et 2012, classé deuxième meilleur buteur du monde derrière Messi en 2012, il est considéré comme l’un des plus grands espoirs du football brésilien et mondial.
Malgré qu’il soit dans la liste des footballeurs les mieux payés au monde, avec des revenus (salaire, primes et droits à l’image) d’environ 13,8 millions d’euros (début 2012), puis environ 22 millions d’euros (fin 2013), ainsi qu’un chrétien évangéliste affirmé, il est très prodigue : il a dépensé plus de 10 millions d’euros entre novembre 2011 et août 2012 (appartements, Porsche, yacht…), et s’est offert en juillet 2015 un jet privé à 10 millions d’euros (agrémenté de ses initiales, « NJR »), afin de « faciliter ses déplacements professionnels et personnels, notamment entre l’Espagne et le Brésil ».

14) George IV (1762-1830), roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande et de Hanovre du 29 janvier 1820 jusqu’à sa mort. Il mena un style de vie extravagant qui contribua aux modes de la Régence anglaise, et fut un mécène pour de nouvelles formes d’arts, de goûts et de loisirs.
Son charme et sa culture lui valurent le titre de « premier gentleman d’Angleterre » mais ses relations difficiles avec son père George III et son épouse Caroline de Brunswick, en plus de sa vie dissolue, entraînèrent le mépris de son peuple et affaiblirent le prestige de la monarchie. Les contribuables étaient irrités par ses fortes dépenses en temps de guerre. De fait, il ne représenta pas une figure nationale en temps de crise, ni un modèle pour son peuple. Enfin, ses ministres trouvaient son comportement égoïste, peu fiable et irresponsable.
Encore prince de Galles, il était dandy, obèse, futile, égocentrique, capricieux, dépensier, narcissique et coureur de jupons invétéré.

15) Cruella d’Enfer, personnage de fiction du long-métrage d’animation Disney Les 101 Dalmatiens. Femme cruelle et diabolique, totalement obsédée par les fourrures (-> dépensière), elle est prête à tout pour obtenir ce qu’elle désire, et ambitionne de se créer un superbe manteau en fourrure de chiots dalmatiens.

16) Jefri Bolkiah, prince, et frère du Sultan de Bruneï, l’un des hommes les plus riches du monde : sans doute l’homme le plus dépensier du monde, puisqu’il a réussi à dépenser 14,8 milliards de dollars (argent détourné, provenant du fond d’investissement de Brunei, le Brunei Investment Agency, qu’il administrait), provoquant l’une des plus importantes banqueroutes au monde, et faisant fondre de moitié la fortune du sultan du Brunei dès 2002 (mais la hausse du baril de pétrole en 2005 a de nouveau rempli les caisses de l’État).
Affichant un mode de vie extravagant (et c’est peu dire), marié à 3 femmes et divorcé de 2 autres, père de 18 enfants (entre 4 et 37 ans), Jefri Bolkiah aurait dépensé (selon certaines sources) jusqu’à 50 millions de dollars par mois, et possède un patrimoine pharaonique : un Boeing 747 privé, une grande collection d’art comprenant des œuvres de Manet, Renoir et au moins 21 œuvres de Degas, un nombre important de propriétés (incluant l’hôtel Plaza Athénée (Paris), l’Hôtel Bel-Air (Los Angeles), le New York Palace Hôtel (Manhattan) et St. John’s Lodge (Regent’s Park, Londres), et d’autres à Paris et Las Vegas), des entreprises telles que le fabricant de produits de luxe Asprey, et un méga-yacht de 54 m de long baptisé « Tits » (et ses 2 canots s’appellent « Nipple 1 » et « Nipple 2 ». No fake).
Il est également détenteur de l’une des plus grandes, les plus chères et les plus rares collections de voitures du monde, le nombre exact étant inconnu (car il n’y a pas de rapports officiels ou vérifiables), les suppositions oscillant entre plusieurs centaines et quelques milliers. Malgré l’importance de cette collection, un certain nombre de rapports qui ont été publiés indiquent que les voitures ne sont pas bien traitées. Dans l’un, il a été signalé que 2000 des 2500 voitures originales ont été si mal entretenues, et laissées à « pourrir » pendant plus de 10 ans, qu’elles sont irrécupérables. Malgré cela, certaines marques (dont Lamborghini, Bentley, Ferrari, Bugatti, et Rolls-Royce) continuent de produire de nouvelles voitures exclusivement destinée au prince, qui ne sont pas vendues ou annoncées au public.
Le prince joue au polo, au golf, et au badminton. Il aime aussi la conduite automobile de course, piloter des hélicoptères et des aéronefs. Pour les voyages internationaux, il pilote son propre Boeing 747-400. Il est également très friand de l’or et a une Rolls-Royce recouverte d’or 24 carats.
Ses biens ont été estimés à 1,5 milliards de dollars.
Il est régulièrement liés à des affaires judiciaires. En 1997, Shannon Marketic, une ancienne Miss USA, accusa le prince Jefri et le Sultan, entre autres, de l’avoir fait venir (elle et beaucoup d’autres femmes) à Brunei en avion sous de faux prétextes pour faire partie d’un harem, et qu’elle a été abusée par les membres de la cour royale. Elle prétend avoir fait partie du harem personnel du prince Jefri, où des femmes devaient procéder à toutes les fantaisies sexuelles du prince, comme à « le nettoyer en le léchant » (« lick him clean »), où les femmes ont dû lécher le corps nu du prince. L’affaire a été réglée hors cour. Il est allégué que le prince gardait un harem comprenant jusqu’à quarante femmes depuis plusieurs années, dont l’écrivain Jillian Lauren, qui a publié un livre sur ses expériences.
Dans les années 2000, en raison de ses problèmes juridiques, il a été contraint de vendre de nombreuses possessions (+ de 500 propriétés, à la fois à Brunei et à l’étranger, + de 2.000 voitures, 100 peintures, 5 bateaux et 9 avions ; en 2001, 10.000 de ses possessions ont été mise aux enchères) et d’être exilé de Brunei, bien qu’en septembre 2009, il semble avoir été autorisé à retourner à Brunei et a été vu en public avec la famille royale.

17) Midas est un personnage semi-légendaire de l’Antiquité. Fils de Gordias, il est roi de Phrygie avant la conquête cimmérienne, régnant de 715 à 676 av. J.-C. ; vaincu par eux, il se donna la mort.
Il est le héros de plusieurs légendes mythologiques, la plus connue étant celle où il demande au dieu Dyonisos de pouvoir transformer tout ce qu’il touche en or… jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il ne peut plus manger ou boire. Suivant les conseils du dieu, il se lave les mains dans le fleuve Pactole, perdant son don, et changeant le sable du cours d’eau en or.

Crésus est un roi de Lydie, ayant régné d’environ 561 à 547 ou 546 av. J.-C. Dernier roi de Lydie (pays à l’ouest de l’Asie Mineure, la Turquie actuelle), de la lignée des Mermnades, il est célèbre par ses richesses et partagea son règne entre les plaisirs, la guerre et les arts. Orgueilleux, il mena de nombreuses guerres, et conquit plusieurs régions d’Asie Mineure : la Pamphylie (région au sud), la Mysie (région au nord-ouest) et la Phrygie (pays à l’est de la Lydie) jusqu’à l’Halys (fleuve au centre) (-> carte pour y voir plus clair).
Les sables aurifères de la rivière Pactole lui assurèrent une fortune colossale, laquelle lui permit de bâtir sa légende par des offrandes très généreuses aux temples grecs (en particulier celui de Delphes).

Le Père Ubu est un personnage de fiction créé par l’écrivain français Alfred Jarry dans sa pièce de théâtre Ubu roi (1896). Lâche, traître, naïf, bête, gros, goinfre et méchant, il incarne les vices les plus primaires, avec une cruauté enfantine. C’est le symbole de la cupidité des hiérarchies politiques, l’absurdité de vouloir toujours tout. Il est très avare et cupide : « Encore une fois, je veux m’enrichir, je ne lâcherai pas un sou » ; « J’ai l’honneur de vous annoncer que pour enrichir le royaume je vais faire périr tous les Nobles et prendre leurs biens ».

Le Roi K. Rool (jeu de mots sur « cruel » en VO) est l’ennemi juré (même souvent le boss final des jeux) de Donkey Kong. C’est un crocodile portant une couronne et une cape jaune, et le roi des Kremlings. Très brutal et mentalement instable, il dirige ses sujets et sbires d’une main de fer, utilisant les menaces et l’intimidation, et même ses hommes de main les plus puissants craignent sa colère.
Il voue une haine profonde à Donkey Kong et sa famille, volant toutes leurs bananes pour les affamer. La raison n’est pas connue, mais on suppose que c’est pour récupérer leur domaine et asseoir sa suprémacie sur son île, ainsi que se venger de de ce qu’ils ont fait à son royaume insulaire de Crocodile Isle.
La plus grande faiblesse de K. Rool est sa propre incompétence. Il est très fréquent pour lui d’être vaincu, simplement parce qu’il ne cesse de faire la même erreur dans un combat, comme dans Donkey Kong Country, quand il continue à jeter sa couronne, permettant à Donkey et Diddy de sauter sur sa tête.

18) Goldo Golderson, souverain des Collines Dorées et roi des Nains dans le jeu vidéo Overlord, où il incarne le péché d’avarice.
Croulant sous l’or après la défaite de l’Overlord, le nain Goldo développa une passion mortelle pour l’or. Il attaqua Vertselve (la forêt des elfes) et fit esclaves les elfes qui finirent par travailler dans des mines d’or, emprisonnant dans son palais les dernières femmes elfes, avec ses trésors. Il entama même la construction d’un grand temple pour abriter la statue (volée) de la déesse des elfes, qu’il considérait comme sienne en pensant que la déesse était une naine et non une elfe. Sa paranoïa que ses richesses soient volées l’a conduit à militariser fortement tout l’empire nain, et est lui-même monté sur un rouleau compresseur de guerre nommée « Rouleuse » (« Rollie » en VO). Après sa défaite face au joueur, il est changé en statue d’or et laissé dans les Abysses Dorées.

19) Bien sûr, c’est une critique humoristique pour Benzaie, un des Youtubers que j’apprécie le plus. Je l’ai découvert grâce à son émission, le Hard Corner, où un vendeur de jeux vidéo vulgaire et assez violent tente de vendre ses produits aux (rares) clients venant dans sa boutique à l’aide de VHS contenant une critique d’une  édition collector d’un jeu, une console de jeu ou la critique d’une vieille série.
Les Hard Corner sortant environ deux fois par mois, il poste quotidiennement des vidéos où il joue à divers jeux, enregistrées la plupart du temps alors qu’il joue en live (sur Twitch), que ce soit des jeux récents (Dishonored, Rogue Legacy, Bloodborne, Metal Gear Solid 5, les Dead Rising…) ou de vieux jeux, la plupart du temps en émulation (anciens FPS, jeux 2D, anciens jeux 3D…), n’hésitant pas à tester de mauvais jeux, afin de montrer que « c’était pas mieux avant ».
Enfin, c’est lui qui a donné envie à Bob Lennon (Youtuber rendu célèbre par sa collaboration de longue date avec TheFantasio974 sur Minecraft) de faire des vidéos. Bref, je me devais de lui rendre un petit hommage ici (et son imitation était bien évidemment celle du capitaine Krabs). :’)

20) Allusion au fait que, dans la Divine Comédie, Virgile arrive à savoir l’heure par rapport aux étoiles en étant sous terre. On suppose que le fait qu’il parle « d’étoiles descendantes » est soit une déduction, soit une manière d’indiquer l’heure (qui tourne) plutôt que le résultat d’une observation directe.

21) Le marais, et non le cours d’eau y menant, est le Styx, second fleuve infernal (le première étant l’Achéron).
Dans la mythologie grecque, le Styx est une rivière qui séparait le monde terrestre des Enfers en l’entourant. Le Styx affluent de la haine, le Phlégéthon rivière de flammes, l’Achéron le fleuve du chagrin, le Cocyte torrent des lamentations et le Léthé ruisseau de l’oubli, convergeaient au centre du monde souterrain vers un vaste marais. La croyance populaire disait qu’on pouvait le traverser sur une barque conduite tantôt par Charon, tantôt par Phlégyas, mais la plupart des traditions affirment que le premier faisait plutôt traverser l’Achéron et le second, le Phlégéthon.
Chez Dante, donc, l’Achéron remplace le Styx en tant que fleuve entourant les enfers, et Charon fait passer les âmes. Le Styx devient un marais, et Phlégyas en est le nocher. Faut suivre !

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