L’Infernal Remake Dantesque ! – Chant XI –En attendant (comme des) clodos

Nous arrivâmes au bord de l’abîme menant vers la suite de notre épopée. Une odeur infecte s’échappait des profondeurs, et nous dûmes nous réfugier derrière un tombeau isolé.

« – Très bien, annonça mon guide. Nous venons de franchir le sixième Cercle, ce qui signifie que nous avons fait le 2/3 du chemin.
– Ah ! En se dépêchant un peu, on pourra enfin en finir avec cette histoire… lâchais-je, soulagé.
– Doucement, mon jeune ami impétueux ! Nous devons au contraire faire une pause ici, avant de pouvoir continuer.
– Mais pourquoi ? On devrait continuer sur notre lancée !
– Pour que tu comprennes la raison, laisse-moi te parler de la plongée sous-marine…
– Plaît-il ?…
– Quand des plongeurs descendent sous l’eau (que ce soit en apnée, avec des bouteilles, en scaphandre, etc.), l’air contenu dans l’air de leur corps est compressé, et se dissout plus facilement dans les autres fluides. Si la pression augmente, de plus en plus de gaz se dissout dans le liquide.
Tant que l’on descend ou l’on reste à la même profondeur, cela ne pose pas de problème. Le problème, c’est quand on remonte vers la surface, car la pression diminue. Si l’on remonte trop vite, la pression diminue très rapidement, l’azote redevient gazeux et forme des bulles au sein du liquide. Du coup, selon la profondeur et la durée de plongée, il faut marquer des « paliers de décompression » à certaines profondeurs pendant un certain temps (en s’aidant de tables de décompression). Ainsi, la pression diminue doucement, et le gaz reflue vers la limite du liquide sous forme dissoute ou de micro-bulles.
En Enfer, c’est l’inverse : si l’on descend trop vite, la quantité de vice et de péché dans le corps (provenant de cet environnement malsain) augmentent trop rapidement et n’ont pas le temps d’être assimilés et neutralisés par la vertu et la bonté présentes dans celui-ci. On doit donc marquer une pause avant d’avancer plus loin, afin de laisser le temps à notre organisme de gérer toute cette pollution spirituelle.
– Votre organisme est mort depuis 20 siècles.
– Et alors ? Je n’ai pas envie de le contaminer tout de même ! Et le tien en a de toute façon besoin. Allez, ne fait pas l’enfant et rassieds-toi. »

Il y eut un silence assez long, seulement interrompu de temps à autre par un gémissement de damné plus fort que les autres, assourdi cependant par la distance qui nous séparait des autres tombeaux.
Je finis par m’intéresser à notre abri de fortune, et à son inscription.

« – « Je garde l’ennemi de l’Eglise, qui voulait tout faire foirer »(1). Il a vraiment dû les énerver pour être placé non seulement chez les Hérétiques, mais en plus tout seul dans un coin…
– C’est peu de le dire ! Cet enfoiré voulait une religion chrétienne sans fric, sans esclavage, sans guerre, et même sans Eglise !
– Ouais, un vrai salaud… Pas de révision de peine pour lui, je parie ?
– Bien sûr que non ! Ce tombeau sera son tombeau !!
– D’accord…
– Et si on parlait plutôt de la suite de notre voyage ?
– Ouais, autant savoir à quelle sauce je serai mangé…
– Très bien, alors écoute bien : alors que tu te rapprocheras du centre de l’Enfer, tu y trouveras 3 cercles. Y sont punies pour l’éternité les âmes des pires pécheurs, ceux qui ont le plus irrité le Seigneur par leurs actions. Ainsi, les actes ayant pour but de blesser sont les pires, et peuvent être causés par la force ou la ruse. Cette dernière, étant justement le propre de l’homme, est encore plus durement réprimée : les fraudeurs sont placés plus bas , et endurent de pires supplices.

Le premier cercle est celui des Violents ; Il est divisé en trois parties, car on peut blesser trois types de personnes : son prochain, soi-même ou Dieu, que ce soit envers eux ou leurs biens. Certains de ces misérables ont fait du mal aux autres, que ce soit en les frappant, violant, tuant ou en pillant, incendiant, détruisant leurs richesses : ces assassins, agresseurs, bandits, serial killers, tyrans, tortionnaires, ainsi que ceux qui utilisent la force régulièrement, par plaisir ou sans raison (violence gratuite) sont punis dans le premier giron.
D’autres se sont faits du mal à eux-mêmes, en dépensant sans compter jusqu’à se ruiner ou en se donnant la mort, gâchant leur vie alors qu’elle aurait pu être meilleure : les suicidés et dissipateurs se repentent en vains dans le deuxième giron.
Enfin, d’autres ont fait violence à l’Éternel, lorsque dans leurs coeurs ou leurs bouches ils l’ont renié. La nature et les arts étant également Ses oeuvres, ceux qui les souillent et les profanent sont complices des mêmes crimes, tout comme ceux qui critiquent et remettent en question Son autorité. Le troisième et dernier giron rassemble les sodomites (gitons et tribades, pédophiles et pédérastes, onanistes et bestialites…)(2), intellectuels, blasphémateurs, et usuriers.

Vient ensuite les Fraudeurs et Trompeurs, utilisant l’argent, le pouvoir, l’éloquence… afin de servir leurs propres intérêts en piégeant les autres, même si ces derniers restaient méfiants. Ils sont chacun rangés avec leurs pairs, et subissent un châtiment qui leur est propre : les voleurs, menteurs, entremetteurs, prévaricateurs et manipulateurs sans valeur croupissent dans le huitième cercle.

Enfin, au plus profond des abysses infernales, on trouve les pires plaies de la société, ceux qui ont profité de la crédulité et de la confiance que leur famille, leurs amis, leur patrie leur avaient donné, afin de mieux les poignarder dans le dos. Parce qu’ils sont en totale opposition avec l’Amour prêché par le Divin, les Traîtres sont le plus éloigné de Sa lumière, enfermés dans leur glaciale prison avec le Diable, premier à avoir rejoint ce royaume de larmes et de sang. »

Je restais quelques temps muet, à réfléchir sur notre programme chargé. Décidément, l’Enfer avait de bonnes raisons d’être craint par tous. Cependant une question me vint à l’esprit.

« – Bon, c’est bien gentil tout ça, mais… les pécheurs que nous avons vu précédemment, ceux qui se battaient dans la boue, minaient des richesses, ou étaient en PLS sous la pluie, pourquoi ne sont-ils pas aussi profondément enterrés sous la terre que les damnés que vous venez de parler ? Dieu ne déteste pas tout le monde de façon égale ?
– Allons, allons, mon petit. Dieu ne déteste personne ; il ne leur accorde plus d’amour, c’est tout.
– Euh… Ça revient au mê-
– Et, continua Virgile, quand il a fait dégager Lucifer des Cieux avec un coup de boule-balayette suivit d’un kamehameha avant de terminer par un salto avant avec drop kick retourné vertical, le Malin a reçu tellement d’énergie cinétique dans sa face qu’il a bouffé la terre sur 6 371 km jusqu’à son centre. Le cône autour de lui présentait une forme en escaliers, et Dieu a simplement choisi qui il mettrait plus ou moins éloigné de lui selon à quel point le péché qu’ils partagent l’agaçait.
Ainsi, les âmes ayant péché par incontinence, c’est-à-dire par manque de self-control, ont eu droit à plus de miséricorde de sa part que celles coupables de malice ou de coupable brutalité qui, à l’inverse, étaient pleinement conscientes.
– Et les meurtres réalisés sous un coup de sang ou de stress ?
– Tututut, cherche pas, ça reste un meurtre. Il n’y a que les grands hommes qui peuvent faire massacrer des milliers d’hommes et gagner quand même leur place au Paradis(3).
– Mais, c’est dégueulasse !
– Mais non, c’est l’ordre du monde depuis toujours. Tant que t’es connu et que tu fais ça « pour le plus grand Bien » et/ou pour l’Eglise, ça passe crème.
– Heureusement qu’on est censé être jugé impartialement par Minos à l’entrée…
– Les voies du Seigneur sont impénétrables, mon enfant… Seulement, on peut penser que son carré VIP n’est pas inaccessible à ceux qui ont su s’attirer ses faveurs, même s’ils ne sont pas totalement clean. »

Mon accompagnateur médita sur ses dernières paroles, les yeux fermés, en hochant la tête. Il sortit ensuite un sablier de sa toge, l’examina en réfléchissant, puis le rangea. et se leva.

« – En route, mauvaise troupe ! clama-t-il en tapant dans ses mains spectrales. Notre attente est terminée, nous pouvons reprendre le chemin vers de plus sombres ténèbres !
(peu enthousiaste à l’idée de rencontrer dans un futur très proche les pires enfoirés qui aient foulé cette Terre, je murmurai 🙂 Yay…
– Plus fort !
– Yay.
– PLUS FORT !!!
– *je pris mon souffle au maximum* Yaaay.
– …Bon, on va dire que ça suffira. Allons-y ! »

 

chantxi-3

 

1) John Wyclif (~1331-1384) est un théologien anglais et précurseur de la Réforme anglaise, et plus généralement de la Réforme protestante.
La pensée de Wyclif représente une rupture complète avec l’église catholique romaine, alors seule institution chrétienne. Il affirme qu’il existe une relation directe entre l’humanité et Dieu, sans l’intermédiaire des prêtres. Wyclif pense que les chrétiens sont en mesure de prendre en main leurs vies sans l’aide du pape et des prélats, en se conformant aux Écritures. Il dénonce de nombreuses croyances et pratiques de l’église catholique, les jugeant contraires aux Écritures. Condamnant l’esclavage et la guerre, il soutient que le clergé chrétien doit suivre l’idéal de la pauvreté évangélique, à l’instar du Christ et de ses disciples.)

2) Le terme « sodomite » ne désigne pas spécialement les personnes qui pratiquent le coït anal, mais ceux ayant des pratiques sexuelles jugées « déviantes » (ex : homosexualité, échangisme, travestisme, fétichisme, exhibitionnisme, pédophilie, zoophilie, nécrophilie, coprophilie, j’en passe et des meilleures). En fait, tout ce qui n’est différent du coït « normal » (sexe vaginal entre homme et femme, sans interruption volontaire) est appelé « sodomie ».
L’Église catholique romaine condamne la sodomie car elle détourne la sexualité de son but sacré, qui est la procréation. Cette pratique étant donc contre nature, elle va contre la volonté de Dieu, Auteur de la nature.
Dans la société chrétienne du Moyen Âge et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, l’acte homosexuel entraîne la peine de mort dans la plupart des États européens. Au VIe siècle, de crime contre la dignité, l’acte homosexuel devient un crime contre l’ordre naturel défini par Dieu et pouvant mener jusqu’au bûcher. Durant tout le Moyen Âge, l’homosexualité, considérée comme une hérésie, est combattue, notamment par l’Inquisition, sous le nom de « bougrerie ».
L’homosexualité ne semble ainsi pas un sujet tabou au XVIIe siècle, et nombre de personnages ne semblent pas s’en cacher, qu’ils soient du peuple ou de la Cour : les peines prévues pour le crime de sodomie ne sont en réalité appliquées que quand elles sont aggravées de viol, prostitution ou blasphème, et l’Église compte trop d’influents prélats s’adonnant à ces plaisirs pour oser les condamner.
En 1791, la France est le premier pays à dépénaliser complètement l’homosexualité, l’Assemblée constituante de 1789 ne retenant pas le « crime de sodomie » dans le Code pénal.

Quant aux autres termes évoqués, ce sont des synonymes savants et/ou anciens et/ou peu utilisés :
– un giton est un « jeune homosexuel entretenu » mais, dans le langage courant, il peut également désigner un « jeune homme gracieux et immature » ou un « éphèbe ». Il a également été employé comme synonyme de « mignon », désignant un jeune homme efféminé constituant l’entourage « favori » de certains rois, notamment celui d’Henri III de France (xvie siècle) ou de l’empereur romain Commode. (J’ai pris ce mot pour le rapprochement avec « giron », mais il désigne plutôt un beau jeune homme pouvant être gay qu’un véritable homosexuel. Il serait plutôt le « uke » (celui qui reçoit, le dominé) dans les mangas yaoi. Bah…)
– une tribade est une lesbienne (on aurait pu dire aussi une saphique)
– Il ne faut pas confondre « pédophile » et « pédéraste ». Le mot « pédéraste » désigne l’homme qui éprouve une attirance homosexuelle pour les garçons pubères au sens large, tandis que le mot « pédophile » désigne les hommes et les femmes qui ont une attirance physique envers des enfants impubères de l’un ou l’autre sexe.
– un onaniste est une personne qui se masturbe.
– un bestialite est quelqu’un ayant « goût pour les relations sexuelles avec des animaux ». Contrairement à la zoophilie, qui est l' »attirance sexuelle d’un être humain pour un ou plusieurs animaux » (qui fait plutôt référence à un amour platonique), la bestialité a une connotation négative, impliquant un désintérêt pour les besoins et les émotions de l’animal ; c’est la simple recherche d’actes sexuels avec un animal, et pas une orientation sexuelle à part entière impliquant une relation affective avec l’animal. Quant à la zoomanie, c’est une « passion immodérée des animaux » ou un « amour morbide et excessif que certains névropathes éprouvent pour les animaux », mais n’impliquant pas de relations sexuelles.

3) C’est un truc que j’ai toujours du mal à comprendre et accepter dans l’oeuvre de Dante : quelques personnages sont placés assez injustement, selon moi.
L’exemple qui me vient tout de suite à l’esprit est César, qui est certes en Enfer (dans les Limbes), mais il n’est uniquement là parce qu’il n’a pas été baptisé ! (vu qu’il est mort avant la naissance du Christ) Or, ce bon Jules a quand même mené des paquets d’expéditions militaires bien violentes (cf La Guerre des Gaules), aurait eu de nombreuses conquêtes féminines dans la haute société romaine, a manigancé des combines pas très claires (ex : en 50 av. J-C, il fait élire Marc Antoine tribun de la plèbe pour l’année suivante, il fait passer le tribun de la plèbe Curion dans son camp en payant ses dettes et neutralise un des consuls, Lucius Aemilius Paullus, en lui versant des fonds nécessaires à la réparation de la basilique Aemilia sur le forum)… Et surtout, il s’est emparé du pouvoir par la force et s’est fait élire « dictateur à vie » ! C’est quand même difficile dans ces conditions de l’imaginer classé parmi les « esprits vertueux »…
Au Paradis, on a Charles Martel (qui a repoussé (en les exterminant) les Sarrasins occupant la France, et a tué personnellement leur chef Abd el-Rahman), ainsi que Titus Manlius Imperiosus Torquatus (dictateur romain par deux fois, il fit exécuter son fils en -340 pour avoir enfreint la discipline militaire et les règles consulaires car, en quête de gloire, il avait affronté en douce et tué un latin qui l’avait provoqué).

A l’inverse, on a plusieurs exemples de condamnés qui me semblent pourtant pas tellement coupables. Les deux exemples de mauvais conseillers, déjà : Ulysse et Guido de Montefeltro. Le premier a galvanisé ses troupes pour un dernier voyage vers une énorme montagne, mais étant donné que nul humain ne peut arriver au Purgatoire vivant, la mer se déchaîna et engloutit leur bateau ;  alors qu’il voulait se retirer de la politique pour devenir moine, Boniface VII vient demander un conseil au second, lui promettant les clés du paradis pour cela. Il accepta, et son conseil eut des répercussions terribles sur de nombreux innocents. A sa mort, Saint-François d’Assise lui-même vient le chercher, mais un démon le réclame en citant le conseil mal avisé qu’il avait donné à Boniface, et il fut emporté aux Enfers.

C’est assez dégueulasse, je trouve. En gros, c’est « lel, si tu sé pa, tu ferm ta geul ». Parce que justement, ils ne savaient pas. C’est pas comme si ils étaient au courant des conséquences de leurs conseils. Si tu conseilles à un mec d’aller en vacances à la montagne et qu’il meurt sous une avalanche, tu vas te retrouver en Enfer ? C’est complètement con…
Et puis, le pape qui promet à Guido les clés du paradis, ça vaut rien à son procès post-mortem, mais les Croisés qui sont allé faire les Croisades et à qui ont a promis l’absolution de leurs péchés, ça les amène au Paradis (comme Cacciaguida, ancêtre de Dante qui était chevalier lors de la deuxième croisade (1147-1149) en Palestine). il y a apparemment 2 poids deux mesures… D’ailleurs, dans le jeu Dante’s Inferno, Satan se moque justement de ces « vendeurs de salut divin », que Dante (chevalier croisé) et ses compagnons avaient innocemment cru.

Enfin, je voudrais parler des patriarches. Dans le chant IV, Virgile informe Dante que Jésus lui-même, était venu chercher « le père des hommes » Adam, Abel, Noé, Moïse, le roi David, Abraham, Israël et ses douze fils, Rachel, etc. lors de son passage en Enfer entre sa mort sur la croix et sa résurrection. Etant donné que le monde est créé en -4000 avant J-C. selon la Bible, ça veut dire que ces premiers messieurs ont dû poireauter plusieurs millénaires (+ de 3000 ans pour Adam, 2000 ans pour Noé, presque 1500 pour David…) en ENFER, alors qu’ils avaient vécu comme Dieu voulait ! (petite pensée à Noé qui a dû s’improviser ingénieur naval à 500 ans et construire avec ses 3 gamins pendant 100 ans un bateau en bois de 137 m de long sur 23 m de large et 14 m de haut, càd composé de 3740 arbres d’au moins 15 à 20 m de haut)
C’est comme si un gamin faisait bien ses devoirs, se couchait tôt, faisait la vaisselle, le ménage, le repassage, étou étou, pendant des années (sans même qu’on lui dise de le faire, vu que les tables de la loi arrivent avec Moïse, environ 600 ans après le Déluge), et pourtant ses parents l’envoyait en pensionnat dans la campagne des Deux-Sèvres pour le punir parce qu’il s’est pas inscrit à un club de « bon petit garçon » qui ne serait même pas encore créé.
En plus, Virgile ne précise pas dans quel cercle les patriarches étaient en Enfer. Dans les Limbes (vu que ce seraient des « païens vertueux ») ? Ou alors chez les Hérétiques (comme dans Dante’s Inferno, où Virgile en parle à ce moment, et où on voit des statues de patriarches être détruites par la lumière divine) ?
Dans tous les cas, ce sont vraiment des saints pour ne pas en vouloir à Dieu alors qu’ils ont dû souffrir des millénaires en Enfer sans raison…

 

 

 

 

 

 

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