Réaction à la vidéo « Je BALAYE les Bobo ANTI-TRUMP » du Raptor Dissident

Il y a un peu moins de 2 semaines, le Raptor Dissident a posté sur sa chaîne une vidéo appelée « Je BALAYE les Bobo ANTI-TRUMP – Expliquez Moi Cette Merde #9 » (lien) où, comme il le résume dans la description, il « fait le bilan sur les élections américaines et les réactions qu’elles ont suscitées« . Je connais sa chaîne depuis un moment et j’avais regardé à peu près toutes ses vidéos, mais celle-ci n’est pas vraiment passée. D’habitude, j’aime bien ce style très accusateur, avec des points de vue et arguments certes exprimés très agressivement, mais qui font réfléchir aux choses sous un autre angle, qu’on aurait pas forcément imaginé ou dont on n’aurait pas trouvé forcément autant d’arguments. Et, il faut l’avouer, la violence gratuite, des fois, c’est marrant. Mais pour cette vidéo, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de points discutables, de morceaux choisis, d’acharnement, et je voulais en parler ici.
Pour ceux qui ne le savent pas, le Raptor Dissident est un Youtubeur aux vidéos extrêmement virulentes, qui reprend des événements d’actualités et les réexplique sous un ton très violent, critique et caustique. Il a en quelque sorte reprit le concept des vidéos de Valek, autre Youtubeur qui a popularisé les vidéos dénonçant violemment (mais en argumentant) des sujets de société (comme les manifestations étudiantes, l’attentat de Nice ou l’affaire Théo).

Je ne vais pas m’attaquer à la personne qui a dit ces choses, mais aux choses dites elles-même. Je n’ai ni le temps, ni l’envie de tenter de « clasher » le Raptor (ce qui serait de toutes façons inutile), mais je veux juste clarifier des points de sa vidéo, rétablir la vérité là où elle a été modifiée, et arrondir les angles.

 

Par rapport à la France, il commence en nous rappelant que les français manifestent contre Trump, alors qu’il a été élu démocratiquement, que c’était presque du 50-50, qu’Hillary aurait triché, et qu’on ne s’intéresse déjà pas à notre avis dans notre propre pays.
Il faut avouer que c’est vrai qu’ils doivent globalement s’en foutre, mais c’est l’intention qui compte. Si on ne devait faire que les choses qu’on sait qu’elles seront utiles, on ne ferait plus grand-chose… Et nous ne sommes plus au XIXème siècle, les pays sont au courant de ce qu’il se fait dans les autres parties du monde : les américains anti-Trump (et pro-démocratie…) ont dû être contents de voir qu’ils avaient du soutien à l’étranger. Et dans les manifestations à Paris, on voit qu’ils scandent que « ici, les réfugiés sont les bienvenus« . Alors oui, on pourra questionner l’honnêteté de cette phrase, par rapport à la réaction des gens face aux réfugiés en général, mais bon… si ce sont les mêmes personnes qui, comme il le montre, sont celles qui achètent des cafés à Starbucks et payent 5 euros leur bol de céréales, ils peuvent payer pour faire des dons aux associations qui aident les réfugiés. Et une partie sont sûrement prêts à agir eux-mêmes dans ce sens.
Quant à l’élection de Trump, il s’agit quand même de chance et de calcul politique, couplé à un système démocratique dépassé : son programme (comme la majorité de ceux d’extrême-droite) était fait pour toucher la classe moyenne, les gens assez pauvres, qui ont été séduit par ses idées de patriotisme, de protectionnisme économique, d’intransigeance envers les terroristes, d’aide aux personnes démunies (chômeurs, SDF, personnes âgées…), etc. Du coup, il a raflé plus d’états, car l’Amérique en compte davantage plus pauvres ou ruraux que riches (où Hillary a remporté plus de succès), et a gagné plus de grands électeurs. Car si les principaux états qu’il a gagné (Texas (38 grands électeurs), Floride (29), Pennsylvanie (20) et Michigan (16)) valaient autant que les principaux d’Hillary (Californie (55), New York (29) et Illinois (20)), les nombreux autres qu’il a gagné grâce au vote d’une classe moyenne qui en avait marre de ne jamais être écouté et s’est reconnu dans les discours du « milliardaire proche du peuple » lui a permit de remporter l’élection.
Pour le système démocratique américain, il date de 1789 (soit + de 2 siècles), et est entaché de nombreux problèmes : il n’y a pas de liste électorale unique pour le pays mais environ 13 000, réparties entre Etats, comtés, villes ou municipalités… ;
– une bonne moitié des gens ne sont pas inscrits, tandis que des millions de morts le sont toujours (1,8 million selon une étude de 2012) ou sont inscrits dans plusieurs Etats (2 750 000) voire jusqu’à 4 Etats à la fois (140 000) ;
– si 19 Etats ne demandent aucun documents pour s’inscrire, 8 Etats exigent une carte d’identité avec photo, ce qui est un moyen implicite d’exclure les plus pauvres (car la carte est payante) et les minorités (les personnes nées à l’étranger ont des difficultés à obtenir les certificats de naissance nécessaires à son établissement) ;
– le Provisional Ballot, le « vote conservatoire », où si quelqu’un estime avoir le droit de vote, mais qu’il n’apparaît pas ou de manière erronée sur les listes, il peut néanmoins voter, et le vote sera validé ou non plus tard par une commission spéciale par Etat (avec des magistrats élus par une base largement partisane). Cette pratique devait servir pour aider à l’exercice du droit de vote face au chaos régnant dans les listes électorales, mais il est surtout devenu un moyen de fraude électorale, avec des votes pouvant être validés ou refusés à volonté, ce qui peut faire pencher la balance politique ;
– la fourniture du logiciel et du matériel utilisés pour le vote électronique est confiée en sous-traitance à des sociétés privées, ce qui serait un scandale dans d’autres pays. Le logiciel de vote a été développé par Jeffrey Dean, tandis qu’il purgeait une peine de prison pour escroquerie (23 chefs d’accusation), et il avait mis au point l’impression des bulletins de vote avec son associé John Elder, un trafiquant de drogue.
Le centre de réflexion britannique The Economist Intelligence Unit (EIU) dont l’indice des démocraties s’est imposé comme un outil de référence, a même rétrogradé en 2016 ce porte-étendard de la démocratie dans le monde entier en « démocratie imparfaite », du fait de « la baisse de la confiance de la population dans le fonctionnement de leurs institutions ».
Tout ça pour dire que Trump a peut-être gagné, mais grâce à un système complètement désorganisé, corrompu par l’argent, avec des électeurs qui n’y croient plus, et une démocratie en 2 étages.

Même si Hillary pourrait avoir triché (même si l’histoire où elle aurait fait voter des millions de SDF pour elle me semble vraiment peu crédible), on a quand même vu que la relation entre la Russie et l’équipe de Trump pendant les élections rend beaucoup plus susceptible cette dernière d’avoir modifié les résultats des élections.
Et même si Hillary avait gagné, il est vrai que ç’aurait été marrant de se foutre des pro-Trump, mais au final, on sait quand même qu’elle n’est pas beaucoup plus clean que lui. Toutefois, il est peu probable qu’elle fasse passer des lois aussi polémiques que Trump, ou qu’elle passe 25 heures à faire du golf pendant son premier mois à la présidence.

La France n’est pas non plus sans défaut. L’indice des démocraties de l’EIU montre qu’elle oscille à la limite des démocraties « pleines » et « imparfaites ». Et c’est vrai, vu que les politiques nous entubent souvent. Mais est-ce pour autant que nous n’avons pas le droit de nous indigner à chaque fois que cela arrive ? Le pouvoir est détenu par une élite, et le peuple n’a que la possibilité de faire des manifestations. Eh oui, pas possible d’arriver chez Hollande en mode « prise de la Bastille » et de le forcer à abroger la loi Travail. Du coup, on fait avec ce qu’on a. C’est d’ailleurs ce manque de possibilité et la réaction toujours plus marquée du gouvernement à se foutre de la réaction des gens qui les pousse lentement mais sûrement chez des partis qui veulent réformer le système, comme le FN (qui profitent bien de cette manne d’électeurs potentiels, avant de les abandonner quand ils seront élus, comme Trump).

 

 

Point suivant : le muslim ban et les commentaires sur les réseaux sociaux.
Encore une fois, il est vrai que certaines personnes ont réagi en postant des messages très agressifs, comme on le voit avec l’image du premier post facebook en anglais (à 3min11), où un type dit vouloir une mort atrocement douloureuse à ceux des états qui ont voté Trump, ainsi qu’à leur famille, etc, etc. Mais c’est le genre de message écrit juste après l’annonce des résultats, alors que la colère et la frustration atteignent leur paroxysme. Si ceci est couplé à une nature colérique et un accès immédiat aux réseaux sociaux, c’est ce qui arrive. Il est certain que quelques heures après ou le lendemain, sa réaction serait bien plus modérée. Et même dans ce cas, ce genre de message n’est pas tolérable, et il aurait dû le supprimer plus tard. Mais bon, il y a des cons partout.
Passons à la deuxième personne, le français qui mélange un peu tout. Hitler n’a pas mis les juifs dehors, mais a enfermé dans des camps puis déporté ceux qui n’avaient pas fui après le début de leurs persécutions, ce qui n’est pas pareil. Et évidemment, Trump ne PEUT pas faire pareil aujourd’hui. Les gens apprennent un minimum du passé, et comprennent qu’une discrimination à ce point n’est pas tolérable (on a bien vu leur révolte juste pour le muslim ban, alors ne parlons pas de ce qu’il se passerait s’il annonçait vouloir torturer les musulmans). Mais la défense du waterboarding, qui serait « plus dissuasif qu’un séjour smartbox en garderie ou un centre de déradicalisation pour branleurs« … Sérieusement ? Qui peut penser qu’il faut menacer de torturer les gens comme au Moyen-Âge pour les ramener dans le droit chemin ? Je fais peut-être « fragile » (ou autre synonyme(s) questionnant ma virilité) à ne pas vouloir revenir à la torture, mais c’est juste que ce n’est plus une pratique tolérable en notre époque. On a les droits de l’homme, et même si un terroriste mériterait théoriquement de subir ça, on vaut mieux que ça. Il ne faut pas se rabaisser à leur niveau. C’est comme la prison à la place de la peine de mort : c’est plus long et ç’a une efficacité variable, mais on ne le fait plus, parce qu’on ne punit pas quelqu’un en le tuant. Certains ressortent en ayant appris de leurs erreurs, et n’y retournent plus. Sans parler des risques d’erreurs judiciaires : « Ah bah non, en fait, il était innocent. On l’a tué ? Tant pis, dommage pour lui… ».
La défense du « muslim ban », maintenant. Le Raptor dit que « ce n’est pas un bannissement des musulmans (ce qui est vrai), mais d’interdire à une liste de 7 pays d’une liste faite par Obama, où il n’y a plus d’ambassade américaine ou de représentants diplomatiques, l’entrée sur le territoire, et juste pendant trois mois, le temps de trouver une solution » et surenchérit en montrant que les 5 pays avec le plus de musulmans (Indonésie, Pakistan, Inde, Bangladesh et Nigéria) ne sont pas concerné par ce décret. C’est malin, mais il ne faut pas croire que c’est par magnanimité/non-islamophobie de Trump : il s’en fout des musulmans d’Asie (ou du Nigéria), mais s’intéresse juste aux pays prétendument berceaux et protecteurs des musulmans radicaux. Et le Raptor oublie aussi de mentionner que les possesseurs de la Green Card (carte de séjour des ressortissants autorisés) ont été contrôlés et bloqués aux aéroports, ou que ce décret concerne aussi tous les réfugiés, quelle que soit leur origine, pendant 120 jours (sauf les syriens, interdits définitivement), ainsi que le fait qu’il épargne mystérieusement 5 pays où il a des intérêts (Arabie Saoudite, Egypte, Turquie, Azerbaïdjan et les Émirats Arabes Unis), alors que justement seuls des terroristes venant des 3 premiers pays sont responsables des attaques terroristes contre les USA depuis 2001.
A la fin, le mec sur Facebook est effectivement idiot et pense que c’est mal d’aller attaquer l’Etat Islamique, tout comme le fait que les musulmans islamistes ne pourront plus rentrer aux USA. Je ne me prononcerai pas sur la partie économique, je ne m’y connais vraiment pas…

 

 

Point suivant : les réactions sur Twitter et les manifestants.

Là, on retombe dans le problème des réactions à chaud de gens qui n’y connaissent pas forcément grand chose sur le sujet et qui font des prévisions très pessimistes. Tout cela ajouté à l’effet de groupe et de recherche de reconnaissance. Twitter donne la parole à tout le monde sans distinction, et c’est vrai que cela peut être fatiguant lors des pics de réactions sur tel ou tel sujet, car pour un tweet intelligent, il peut y en avoir dix ou cent qui ne servent à rien.
Ce n’est pas non plus pour autant qu’il faut généraliser et dire que tous les « gamins » (càd les mineurs ou jeunes adultes) sont incapables de faire preuve de raisonnement et qu’il est strictement impossible de débattre avec eux (preuve scientifique à l’appui comme quoi le cerveau change radicalement après 18 ans). Non, ça demande juste du temps, des arguments et de s’adapter à la personne en face, et il est donc souvent beaucoup plus simple d’abandonner rapidement la discussion que de tenter de convaincre son interlocuteur. C’est un choix. Après tout, les réseaux sociaux servent à partager, mais il n’est pas dit que ce devait être des partages dans les deux sens, ou des interactions intelligentes, construites et utiles.
On ne peut pas rendre tout le monde intelligent et mature d’un coup de baguette magique… Mais le réseau a pensé à ça ! La fonction « Mots masqués » permet d’éviter de voir une shitstorm en masquant les tweets associés, ce qui peut être couplé à la fonction « Comptes masqués » en cas d’utilisateur énervant. Il y aurait même une solution encore plus efficace : éviter Twitter pendant quelques heures et faire autre chose. Je sais, ça paraît fou… mais il y a des centaines d’autres choses à faire plutôt que de faire monter sa pression sanguine en restant regarder un flux de tweets qui nous énerve.

Quant aux manifestations, j’ai l’impression que c’est une revanche sur les micro-trottoirs à la Le Petit Journal / Quotidien, et qu’on n’a gardé les personnes interrogées qui ne savent pas répondre aux questions posées. Mais, pourquoi ne réussissent-elles pas à répondre ? Parce que ce sont des moutons ? En partie. Mais… pourquoi ne pas parler simplement du stress, pour commencer : quand des journalistes viennent te parler, tu sais que ce que tu vas dire va potentiellement être diffusé partout, ce qui est suffisant pour te bloquer psychologiquement et te faire perdre tes moyens. Et l’argument « Trump est homophobe, sexiste et raciste » n’est-il pas, dans une certaine mesure, suffisant pour que des gens rejoignent les rangs des manifestants ? Parce que ce ne sont que 3 de ses très nombreux défauts (citons entre autres : vaniteux, diffamateur, hypocrite, menteur, macho, homophobe, égocentrique, extrémiste, intolérant, climato-sceptique, détaché de la réalité, victime auto-proclamée d’un système qui ne cherche qu’à le dénigrer, etc…). Je pense que quand quelqu’un semble être le Mal incarné (et là, c’est pas qu’une impression) et gagne le commandement d’un des plus puissants pays du monde, certaines personnes ont envie de dénoncer ça, même si elles n’ont pas forcément d’exemples à donner pour tel ou tel sujet (parce qu’il faut passer outre l’hypocrisie de Trump et repenser à certains événements/propos particuliers qu’il aurait pu dire alors qu’il « émane » de lui comme un mélange de tous ces vices cachés, avec sa tête d’imbécile et de faux-cul qui a l’air de dire en permanence « j’en ai tellement rien à foutre de vous putain, je veux juste vos votes pour faire ce que je veux avec ce pays »). Et puis, pour aider ce pauvre monsieur noir, il aurait simplement pu faire remarquer que ce n’est peut-être pas un hasard si Trump est soutenu par un grand nombre de partis/groupes néonazis (ancien Ku Klux Klan, Parti Nazi Américain, Alt-right, divers monarchistes, libertariens et admirateurs du fascisme…), tous suprématistes blancs ultra-racistes, regrettant l’époque bénie des champs de coton.

Le Raptor montre ensuite une partie d’un discours de Trump, où celui-ci s’adresse à la communauté noire plutôt pauvre, qui leur rappelle leur situation (merdique) et leur demande : « What the hell do you have to lose ?« , avant de dire que l’élection de Trump est une réaction de ceux-ci face aux démocrates qui n’ont rien fait pour eux. C’est peut-être légèrement simplifier l’histoire. Parce que Trump, comme le FN ou tout autre parti d’extrême-droite, ne cherche qu’à rallier le maximum de gens (en l’occurrence ceux de la classe moyenne inférieure), en leur faisant plein de promesses et en s’affichant comme un souffle nouveau dans un système politique rouillé. Et dans un pays où les gens sont mal informés des détails de son programme à cause du nombre d’associations syndicales en chute libre (qui jouent pourtant un rôle éducatif non négligeable), ils ne retiennent que leurs principaux problèmes (délocalisations, mondialisation et immigration) et que Trump veut justement régler ça.
Et aussi, qu’est-ce qu’il s’est passé juste après l’arrivée au pouvoir de Trump, déjà ?… Vous savez, son premier décret signé… Ah oui ! L’Obamacare, l’équivalent de notre assurance maladie, couic ! On vire ! Après tout, ça ne faisait que fournir une couverture santé à 20 millions de personnes (surtout nécessaire aux plus pauvres). Osef, hein. On réfléchira après à comment le remplacer. En le privatisant. Et en le rendant obligatoire. Eh ouais, parce que l’argent, ça tombe pas du ciel, faut aller le chercher…~
Ensuite, il supprime le financement des ONG qui parlent d’avortement (et qui a besoin d’avortement ? Les plus pauvres.) ; il nomme à l’éducation sa pote multimilliardaire Bestsy DeVos, incompétente dans ce domaine et notoirement pro-école privée, qui finance depuis 10 ans les « charter schools » (écoles privées financées en partie par des fonds publics), un « choix » alternatif aux écoles publiques, qui sont sous l’influence des syndicats et où les enseignants considérés comme mauvais ne peuvent pas être licenciés, et qui avait refusé de clairement s’engager à ne pas privatiser les écoles publiques et à ne pas couper d’un centime le budget de l’éducation publique (et qui va à l’école publique ? Les pauvres.) ; et il coupe des financements utiles (comme les financements publics pour l’art et la culture, ceux pour les programmes de soutien aux victimes de violence conjugale, ou en envisageant de privatiser la télé et la radio) pour soit-disant « faire des économies », sauf qu’il va tout réinvestir dans des projets ultra-chers et dont on se fout, comme la construction de son putain de mur inutile à la frontière avec le Mexique et dans une « grande reconstruction des forces armées des Etats-Unis« , alors que le pays a déjà la plus grande armée du monde (et qui n’aura plus de fric, d’aide sociale, de médias, d’art et culture ? Tous les américains.).

 

 

Point suivant : les réactions de Youtubeurs, les « Jean-progressistes » et Hillary Clinton.

Je suis d’accord avec le Raptor sur le fait que certains « Jean-progressistes » (càd selon lui la « horde de freluquets bobos vegan féministes humanistes cosmopolites autistes qui jouent les donneurs de leçons » et « le genre de mec qui serait capable de donner son vote à n’importe quel shlag tant que c’est pas un mâle caucasoïde blanc privilégié, avec en plus un petit bonus s’il s’identifie à un des 113 genres disponibles sur genderfluidsupport.com« ) ne voyaient comme raison de voter Hillary que le fait que ce soit une femme.

Mais pour ses attaques sur Hillary, encore une fois, c’était en prenant les parties qui l’arrangeait en les reformulant :

– Il est vrai qu’Hillary a provoqué un scandale pour avoir continué d’utiliser son adresse mail personnelle, quand elle était en charge du Département d’État, plutôt qu’une adresse officielle, pour des activités liées à son mandat ou à ses fonctions (ce qui est strictement illégal selon le Federal Records Act), donc de ne pas avoir respecté le fait de devoir archiver une copie de ses courriels qui peuvent être consultés (en vertu d’une autre loi, le Freedom of Information Act) par n’importe quel citoyen (sauf si les informations qu’ils comportent sont confidentielles ou secret défense). En plus, selon la rumeur (car le FBI n’a pas encore dévoilé leur contenu), certains de ces mails concerneraient apparemment une possible tentative de dissimulation d’une « affaire d’Etat ».
– Quant aux tricheries, WikiLeaks a effectivement dévoilé des mails prouvant qu’elle a été informée à l’avance de plusieurs questions pendant la campagne (par actuelle présidente intérimaire du Parti démocrate, Donna Brazile, qui travaille aussi comme commentatrice sur CNN, et envoyait des infos à l’équipe de com de la candidate).
– Et elle a aussi déclaré en avril 2008 dans une interview sur le programme ABC “Good Morning America” que si elle était élue présidente et que l’Iran attaquait Israël, elle les « oblitérerai ». Pour la Syrie et la Russie, elle parlait des efforts de cette dernière pour bombarder les derniers rebelles à Assad, et qu’elle appelait à l’établissement en Syrie d’une «No fly zone», c’est à dire une zone d’interdiction de survol aérien et des « safe zone » afin de protéger les civils. Ce qui a amené Trump à dire que cela déclencherait la Troisième Guerre mondiale.

MAIS :

– Vu qu’on ne sait pas encore de quoi parlait les mails les plus sensibles, et même si elle a violé la loi, c’est toujours mieux que Trump, qui a été le sujet de pas moins de 4 095 affaires judiciaires depuis une trentaine d’années (en temps que plaignant ou accusé, par rapport à lui ou ses sociétés). Rien qu’au moment où il a pris ses fonctions au Bureau ovale, en janvier, 75 d’entre elles étaient toujours en cours. Le site du quotidien américain USA Today a publié un article interactif aux données très fournies qui compile toutes ces procédures, des simples querelles avec des clients de ses casinos à des poursuites dans des affaires immobilières qui se chiffrent en millions de dollars, en passant par des attaques en diffamation. On voit par exemple qu’il a été impliqué dans au moins 100 poursuites judiciaires et autres litiges liés à des impôts impayés ou quant à la quantité d’impôts que ses entreprises doivent, en plus de dizaines d’autres litiges avec les agences gouvernementales. Que ces procès aient été gagnés ou perdus (ou rejetés / classés sans suite), cela montre une relation très forte entre l’homme et les tribunaux…
Et petite anecdote au passage : pour ne pas faire mauvaise figure en comparaissant au tribunal le 28 novembre, ce qui aurait fait tache à quelques semaines de son arrivée à la Maison Blanche, il a préféré payer 25 millions de dollars aux plus de 7000 victimes de son université frauduleuse (alors qu’il avait annoncé qu’il ne céderait pas). Personnellement, entre Hillary et Trump, il y en a un des deux qui mérite largement plus que l’autre d’aller en prison…

– Trump, qui a été le premier à dénoncer la triche de son adversaire (et de se féliciter du fait qu’il avait raison), ferait mieux de ne pas trop la ramener. Le 10 décembre, le Washington Post publiait les conclusions d’une évaluation secrète de la CIA, montrant que la Russie a clairement interféré dans l’élection présidentielle américaine en employant des pirates informatiques (décrits comme étant connus des services de renseignement) en tant que membres d’une large opération dans le but d’aider le candidat républicain à accéder à la fonction suprême.
Le journal, qui cite des responsables américains, révèle que l’agence américaine de renseignement a identifié des individus liés au gouvernement russe responsables du piratage de milliers d’e-mails du Comité national démocrate (CND) et du président de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta. Ces courriels auraient ensuite été envoyés à l’organisation WikiLeaks, qui les a publiés pendant la campagne, faisant pencher la balance en faveur de Trump alors que les 2 candidats étaient au coude à coude dans les sondages.
Depuis, les soupçons de liens entre son équipe et la Russie ne font que se renforcer : Carter Page, un de ses conseillers, aurait rencontré en juillet dernier (au moment où la Russie venait d’être accusée d’avoir piraté les serveurs du parti démocrate américain) Sergueï Ivanov, le chef de l’administration présidentielle. Paul Manafort, son ancien directeur de campagne, contraint à la démission en août dernier après avoir été soupçonné d’avoir touché 12 millions de dollars en liquide de la part de l’ancien président ukrainien Victor Ianoukovitch. Sans oublier Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale du président Trump, qui a démissionné le 13 février (4 jours après sa prise de fonctions), après que la presse ait révélé ses liens étroits avec la Russie : au moment où Obama ordonnait des sanctions contre la Russie pour son implication présumée dans les élections, il assurait à l’ambassadeur de Russie à Washington, Sergey Kislyak, que Trump serait beaucoup moins sévère, alors que de telles discussions étaient illégales.
Trump, malgré une pétition qui compte maintenant plus d’un million de signatures, refuse encore et toujours de publier sa déclaration d’impôts. Ceci vraisemblablement pour dissimuler : 1) Le fait qu’il ne soit pas aussi riche que ce qu’il prétend (8,7 milliards selon lui, mais plutôt dans les 4 milliards selon Forbes) ; 2) Le fait qu’il n’avait pas payé d’impôts depuis 18 ans en raison d’une moins-value de 916 millions de dollars subie en 1995. 3) Le fait qu’il ait probablement bénéficié personnellement de contrats passés avec la Russie.
Il y a aussi le document extrêmement important publié en janvier qui faisait état de liens entre la Russie et Donald Trump : les autorités russes auraient condensé de nombreuses informations embarrassantes sur le milliardaire, y compris des affaires compromettantes (dont une sextape avec des prostituées russes, par rapport aux nombreux voyages de Trump en Russie ces dernières années, certains étant louches), dans le but d’avoir un moyen de chantage s’il arrivait au pouvoir.
Enfin, comme par hasard, le corps d’Oleg Erovinkin, ancien général du KGB, a été retrouvé inerte à l’arrière d’une voiture sur un parking moscovite en décembre 2016 (et non pas mort d’une « attaque cardiaque » comme annoncé officiellement). Il était accusé d’avoir aidé l’ancien espion du MI6 Christopher Steele à rassembler les preuves compromettantes sur Trump. Proche du vice-premier ministre russe Igor Setchin et du président Vladimir Poutine, son assassinat viendrait d’un ordre du Kremlin. Quant à Steele, il a disparu de la circulation…

– Pour la troisième partie, je vous conseille de lire cet article très complet sur le sujet, qui explique la désinformation sur cette déclaration choc par les partisans de Trump. Pour vous le résumer (d’après ce que j’ai compris), sa déclaration était juste une technique d’intimidation en jouant sur l’équilibre de la terreur (le même « si quelqu’un bouge, tout pète » que pendant la Guerre Froide) tout en montrant que contrairement à Obama, pouvant apparaître comme trop hésitant à recourir à la force militaire pour défendre Israël, elle serait prête à poser ses burnes et y aller franco, ce qui lui permet en même temps de gagner une partie du public qui partage son avis.
Pour la Syrie et la Russie, c’est à peu près pareil : en s’affirmant prête à envoyer l’armée (voire pire), elle essaye de dissuader la Russie de continuer à apporter son soutien à Assad et parie sur le changement de dirigeant, tout en réfléchissant à utiliser la Pologne comme allié direct en Europe pour attaquer la Russie très rapidement si elle fait chier. Encore une fois, on parle d’équilibre de la terreur, mais c’est vrai que cette stratégie est très risquée (surtout avec Poutine qui n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds).

Et je défends peut-être Hillary, mais je ne suis pas pour autant stupide : elle n’est pas vraiment douée, est trop influençable et n’aurait probablement pas fait une bonne chef(fe) d’état, mais il y a de bonnes chances pour que ça reste mieux que la succession de scandales, de batailles politico-médiatiques, de décrets liberticides et de copinage intégral de Trump et Cie. C’était un peu une élection cancer vs SIDA, et les démocrates auraient vraiment mieux fait de choisir Bernie Sanders comme candidat.

Je ne sais pas s’il est ironique ou pas quand il parle d’Obama, mais il est vrai que même s’il n’a pas stoppé la « guerre de la terreur » des USA vs Iraq et Afghanistan (qui est d’ailleurs un gouffre financier, ayant coûté 1,1 BILLION de dollars rien qu’entre 2001 et 2012), c’est un président globalement aimé et respecté dans le monde. Dommage que les présidents américains ne puissent pas faire plus de 2 mandats au total…

Le Raptor trolle InThePanda, qui tweetait qu’on « a raté la première femme présidente pour un homme fou, violent, dangereux… » en lui demandant s’il « comptait voter pour la première femme présidente le 23 avril » (càd Le Pen). Mais je pense qu’il voulait dire que si Hillary avait gagné, on aurait évité un homme fou, violent, etc., mais ç’aurait EN PLUS été une avancée que les Américains élisent une femme. Du coup, s’il place la lutte contre les fascistes avant l’élection d’une femme, il ne va logiquement pas voter pour Le Pen, qui remplit ces deux critères.

Passons rapidement sur les quelques points suivants :
– les « analyses de merde sur la politique américaine qui se limite à « c’est un méchant de James Bond » ou « il est nazi » et ils sont incapables de dire pourquoi » -> un peu comme pour les gens dans les manifestations, pas facile de développer de façon claire et concise tout ce qui ne va pas chez Trump. Moi-même j’ai dû faire de nombreuses recherches pour mon article où je disais pourquoi Trump est fasciste selon 14 points caractérisant les régimes fascistes dans l’histoire. Twitter n’est pas adapté à de longs textes explicatifs, et les gens eux-mêmes ne sont pas des politologues, juste des citoyens lambda qui essayent de pointer ce qui ne va pas, sans pour autant avoir les mots, les arguments ou le recul nécessaire.
– les « fantasmes de 3ème guerre mondiale » -> on sait que Trump est imprévisible, très soupe-au-lait (il n’y a qu’à voir qu’un de ses slogans de campagne était « I’ll sue you !« , soit « Je vous attaquerai en justice !« , dès que quelqu’un faisait qqch qu’il n’aimait pas), qu’il est conseillé par ce taré extrémiste de Bannon, que les relations diplomatiques internationales risquaient d’être des fiascos (on a bien vu ça avec le président du Mexique) et qu’il a désormais accès à la plus grande armée du monde et un arsenal nucléaire conséquent. Il n’y a pas de quoi être rassuré.
– les «  »blagues immondes » du genre : « Ils se sont trumpés » » -> ils tentent d’utiliser l’humour pour faire rire et déstresser un peu les gens. Même si ce n’était pas forcément hilarant, que tout le monde fait les mêmes, et que le sujet était encore trop polémique et important.

Je vois pas trop ce qu’il reproche aux « Youtubeurs d’élite« , mais comme pour les autres, ils restent des citoyens qui découvrent avec stupeur que l’Amérique a fait le plus mauvais choix… Et signer une pétition pour toucher des subventions d’état en temps que youtubeur émérite n’a pas grand-chose à voir là-dedans (et ça serait même assez cool, surtout que ça permettrait au pays de donner envie aux gens de faire des vidéos qui marchent, tout en faisant un peu oublier aux gens tous les problèmes qu’ils ont, avec la technique romaine du « du pain et des jeux »). Mais le Raptor voulait juste leur mettre un petit tacle gratuit au passage, comme il sait si bien le faire.

 

 

Point suivant : Yann Barthès et les réactions lors de l’émission spéciale « soirée élection américaine »

Pour finir, le Raptor parle de l’émission Quotidien, qui s’annonçait comme « une petite soirée tranquille entre racailles cosmopolites », car la plupart des médias annonçait Hillary comme gagnante de l’élection. Mais au fur et à mesure de la soirée, Trump gagnait de plus en plus d’Etats, et le malaise s’installait.
Malgré l’apparente sympathie du Raptor pour Barthès (« autant d’habitude on se marre bien« ), il n’hésite pas à le descendre en flèche, ainsi que ses invités et son public.
Il a aussi profité de s’absence de post-prod pour montrer que les gens interviewés juste après l’annonce des résultats ne pouvaient pas être sélectionnés dans un « montage bidon », et montrer qu’ils étaient plus diplômés que lui. Il montre ainsi le témoignage d’une chirurgienne et d’une femme travaillant dans les affaires publiques. Enfin, il a fait un petit montage des réactions de son « public bourgeois qui n’a pas pu supporter la charge émotionnelle », sur fond de musique triste.

Il y avait de l’auto-persuasion, c’est vrai. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle la grande majorité des médias (journaux, télévision, radio) annonçait Trump perdant. Il y en a de nombreuses, qu’elles soient légitimes ou pas, dont on était conscient ou pas :
– la dimension de la population des Etats-Unis (~320 millions d’habitants) rend difficile la réalisation d’une étude fiable sur tout le territoire. ;
– les sondages n’étaient pas du tout fiables : ils sont réalisés en grande majorité sur Internet, ce qui n’inclut pas les personnes pauvres vivant sans connexion, et ne prenant pas suffisamment en compte les blancs non éduqués, pourtant particulièrement touchés par les discours de Trump). ;
– il y avait une exagération latente sur le fait que la diversité démographique du pays porterait Clinton au sommet. ;
– le fait que les journalistes des grandes villes de la côté est (comme New York ou Washington) vivent dans un environnement homogène dans des milieux économiques et intellectuels plutôt aisés, ce qui est à des années-lumières des pauvres vivant dans des Appalaches, à Détroit, ou dans une large bande au Sud du pays allant de la Caroline du Nord (à l’est) à la Californie (à l’ouest). Le désespoir des habitants des régions désindustrialisées et les frustrations des “petits blancs” victimes de la mondialisation sont passés totalement inaperçues pour cette raison. ;
– la publicité que faisaient les journalistes en permanence à Trump en répétant chacune de ses déclarations scandaleuses lui ont gratuitement fait une immense opération de publicité tout le long de la campagne, estimée plus tard à 2 milliards de dollars. ;
– le fait que les gens ne vont voter que s’ils attendent quelque chose de ce vote, c’est-à-dire un changement, et Hillary ne le représentait pas. Trump, le candidat de la rupture, avait un avantage, surtout dans une situation de crise, où le sentiment de déclassement est très fort.
Tout ceci explique le soudain retournement de situation en faveur de Trump. Même s’il a gagné, comme je l’ai déjà dit, en manipulant un système politique et démocratique foireux.

Pour les deux femmes que le Raptor a montré, je voudrais juste rappeler que les diplômes de quelqu’un et son intelligence ne sont pas liés. Lui qui est toujours à critiquer le système doit savoir que l’école n’est là que pour te bourrer le crânes de trucs plus ou moins inutiles, qu’on te demande de recracher aux contrôles/examens. Et j’ai aussi un exemple très parlant : Ben Carson. Selon sa page Wikipédia : « Il a fait de brillantes études en lycée, avant d’intégrer l’université Yale dont il sort diplômé de psychologie puis obtient son doctorat à l’école de médecine de l’université du Michigan. Carson devient professeur de neurochirurgie, d’oncologie, de chirurgie plastique et de pédiatrie et le chef du service de neurochirurgie pédiatrique à l’hôpital Johns-Hopkins de Baltimore (Maryland). À l’âge de 33 ans, il est le plus jeune chef de service de l’histoire de cet hôpital. […} Il se spécialise dans les blessures traumatiques du cerveau, les tumeurs de la moelle épinière et du cerveau, les troubles congénitaux neurologiques, la craniosynostose, l’épilepsie et la névralgie du trijumeau. »
C’est donc un putain de génie au niveau de son boulot. Et pourtant, cela n’empêche pas ce mec d’être complètement idiot, voire arriéré, sur d’autres points. Petit florilège : il doute de l’évolutionnisme, est anti-avortement et assimile l’homosexualité à de la « bestialité ». Il a jugé l’Obamacare comme étant le « pire fléau depuis l’esclavage« , disait que les pyramides d’Égypte ont été bâties par Joseph (de l’ancien Testament) pour stocker du grain, et est climato-sceptique (« La température monte ou descend à tout moment dans le temps, ce n’est donc vraiment pas une grosse affaire »), préconisant la constructions d’arches (à la Noé) en cas de montée des eaux. Bref, ce mec est l’exemple typique de l’abruti diplômé.

Je ne connais pas suffisamment Barthès ou son équipe ce soir-là pour les défendre (et c’est une petite revanche sur ce premier qui est toujours le premier à se foutre de la gueule d’un peu tout le monde). En revanche, pour son public, on voit clairement que la plupart des gens font juste une tête sans expression, entre la poker face et un air déçu. Seules quelques filles pleurent ou ont les larmes aux yeux. Franchement, pas de quoi fouetter un chat. Et c’est compréhensible, ils allaient pas s’extasier devant la victoire d’un gros beauf raciste et tout le reste.
Et évidemment, pour terminer, il fait une micro-critique gratuite du Canada, qui est la « nouvelle terre des lopettes et des cocus après la Suède« . Parce qu’accepter les immigrés, les homosexuels et les trans, c’mal, m’voyez…

Tant qu’on y est, je voulais aussi parler de l’adjectif « cosmopolite » que le Raptor répète de temps en temps avec une connotation péjorative. Voici sa définition selon le site du Larousse : « Propre à quelqu’un qui s’accommode de particularités nationales diverses ». Or, pour moi, c’est devenu un élément normal de nos sociétés, et même un plus : sans le multiculturalisme, on n’aurait pas de séries américaines, de jeux vidéo japonais ou encore de livres anglais. Pourquoi considérer ça avec dédain, comme si c’était quelque chose de mauvais ? On dirait vraiment que c’est mal de s’ouvrir au monde et d’accepter ce qu’il a à nous proposer… Est-ce que cela vient d’une peur de « perte » de notre culture ? J’ai envie de dire que la culture, ça va, ça vient : il y en a eu dans l’Histoire autant qu’il y a eu de peuples, et ça va continuer comme ça pendant longtemps. Si on était toujours tous resté dans notre coin comme des sauvages, on n’aurait jamais découvert l’Amérique, ni échangé nos technologies ou découvertes, ni avancé culturellement : la variété, la diversification, le progrès, ça ne vient qu’avec les échanges avec les autres…

 

 

Dernier point : Conclusion

Le Raptor termine avec la rupture de l’Amérique en deux (notamment sur la question des frontières et de l’immigration), entre anti-Trump et pro-Trump : les premiers étant largement critiqués et pointés du doigt par les seconds pour être forcément raciste, sexiste, fasciste, etc… pour avoir voté Trump. Les « Jean-Tolérance » n’ont pas su se réunir dans le patriotisme habituel des USA et ont préféré fuir au Canada ou manifester pour sa destitution. La même chose arrive lentement  en France et ce phénomène est amplifié par les SJW (« Social Justice Warriors », terme péjoratif désignant les cyber-militants pour des causes « progressistes », mais cherchant plus souvent l’approbation, la popularité ou à combattre pour soi-même que la justice et l’intérêt commun) et la « tendance désagréable et répétitive » des médias à déformer les informations (comme vus avec le Brexit, Trump ou l’affaire Pewdiepie).
Il modère toutefois les trolls se réjouissant du malheur des autres en leur rappelant que Trump n’est pas le Messie et que « son gouvernement est incohérent, ses relations avec l’Iran sont pas super pacifiques, et celles avec la Russie sont assez confuses« .

Mouais. Autant il est vrai que les pro-Trump n’ont pas à sortir l’argument de « Trump est raciste, xénophobe, nazi, etc… » pour justifier toutes leur haine envers ses électeurs (qui ont bien plus voté pour lui par souhait de changement par rapport à un système qui les avait déçu/trahi), mais pas sûr que la réunification entre les deux parties soit possible (du moins pour le moment) comme après une élection classique. D’autant plus que les scandales le salissant lui ou son gouvernement (surtout avec les relations avec la Russie) continuent à les dépeindre comme un président illégitime et une honte pour le pays.
Le fait que cela arrive en France, ce n’est que trop vrai. Entre Fillon devenu populiste après qu’il soit abandonné de toutes parts suite aux affaires judiciaires l’éclaboussant (surtout pour les emplois fictifs de sa femme), et Le Pen qui continue à brandir son immunité parlementaire pour ne pas aller aux convocations des juges (et passe son temps à se montrer en pauvre victime d’un acharnement judiciaire). 2 personnes sur 3 ne savaient pas encore récemment pour qui voter et 45 % des jeunes s’abstiendront, que ce soit par manque de choix ou parce qu’ils sont fatigués que rien ne change. Espérons qu’en mai, on ne se retrouve pas avec une France déchirée en deux entre pro-Le Pen et anti-Le Pen…

Ses derniers propos sur Trump, même s’il est honnête de sa part de rappeler que Trump est loin d’être parfait, je les trouve quand même un peu hypocrites. Il a passé toute la vidéo à cracher sur les anti-Trump, mais il vient soudainement rapidement l’accuser en coup de vent. Et comme accusation, c’est vraiment très allégé :
« son gouvernement est incohérent » -> c’est juste un regroupement de ses potes millionnaires/milliardaires ou qui partagent ses opinions du siècle dernier (comme Scott Pruitt, le climato-sceptique nommé à la tête de l’EPA, l’Agence américaine de protection de l’environnement), auxquels il a donné des postes au pif comme tu distribues des bonbons à tes copains à ton anniversaire ;
« ses relations avec l’Iran sont pas super pacifiques » -> il a déclaré que l’Iran était « le premier des Etats terroristes ». Le 5 février, lors d’une interview diffusée sur la chaîne américaine Fox News, Trump avait affirmé que l’Iran affichait « un mépris total pour les Etats-Unis » et que Téhéran envoyait « de l’argent et des armes partout dans le monde ». Précédemment, en février, le secrétaire d’Etat à la Défense, James Mattis, avait déjà qualifié l’Iran de « plus gros sponsor étatique du terrorisme ». Pendant ce temps, des millions d’Iraniens ont fêté le 10 février 2017 le 38ème anniversaire de la Révolution islamique, tandis que de nombreuses manifestation anti-américaines parsemaient l’événement. ;
« et celles avec la Russie sont assez confuses
 » -> il a clairement été aidé pendant la campagne, et ce n’est pas sa guerre avec les médias ou ses accusations de complot contre lui par la CIA et le FBI qui vont changer la vérité.

 

 

Voilà, c’est enfin fini (et bien plus long que prévu). Encore une fois, je répète que j’aime bien ce que fait le Raptor (sa dernière vidéo, sur Marion Seclin était par exemple très bien argumentée), mais que pour celle-ci, il s’est vraiment planté et c’est dommage… Mais bon, l’erreur est humaine, et j’espère qu’il comprendra (s’il lit cet article, ce qui est peu probable) que je n’ai rien contre lui.
Allez, tschaw ! o/

 

Une réflexion au sujet de « Réaction à la vidéo « Je BALAYE les Bobo ANTI-TRUMP » du Raptor Dissident »

  1. Ping : La démocratie en France : est-ce suffisant ? 3 points problématiques sur la politique actuelle. | DJOnePiece300

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