Le mythe du « VRAI homme » et les problèmes qu’il engendre

Ces dernières années, on entend assez souvent parler du fait que les hommes sont de moins en moins virils, qu’ils se féminisent, se soumettent et se ramollissent, et que c’est la faute de la société (et des femmes/féministes).

Alors ces virilistes et beaux rêveurs repensent avec nostalgie au bon vieux temps, où les hommes étaient des « VRAIS hommes » et les femmes étaient à leur place (càd dans leur cuisine, ou du moins à la maison à s’occuper des gamins et à faire la cuisine et le ménage), et que c’est grâce à ça qu’il n’y avait ni crise économique, ni SIDA, ni rien, et tout était bien.
Ils fantasment sur les sociétés style Europe de l’Est (et un peu l’Afrique « traditionnelle », mais pas trop fort, parce qu’on risquerait de croire qu’ils sont pas racistes), où les hommes savent se faire respecter et les revers patriarcaux calment les femelles trop émancipées.
Certains passent de la théorie à la pratique : ils font de la muscu à la salle (pour ne pas avoir un « corps de lâche »), achètent des fringues à la mode (mais pas trop, parce que ce sont les PD qui sont des fashion victims), et se vantent de leurs exploits sexuels autour d’une [boisson alcoolisée] avec leurs copains du même tonneau.

Voilà, voilà. Passionnant, n’est-ce pas ? Je dirais plutôt : stupide. Voire : hypocrite. Et dangereux. Car le virilisme (ou masculinisme), contrairement à ce qu’on croit, se porte très bien. Même s’il est moins visible physiquement et moralement, il reste profondément ancré dans notre société, notamment à cause des stéréotypes stupides des genres qu’on se refile de génération en génération.
Tout ceci découle évidemment de la base de la base : les hommes ont un pénis et sont physiquement plus musclés (car conçus pour chasser, afin de rapporter de la bouffe). Les femmes ont un vagin et des seins et sont moins musclées (car conçues pour faire des enfants). Ça, c’est le côté physiologique, biologique, ce qui découle directement de l’évolution naturelle.
EN REVANCHE, dire que les garçons/hommes sont + forts en maths et en mécanique, + intelligents, moins là à se plaindre, et les filles/femmes + fortes en français, + émotives, + bavardes, + fortes en cuisine, etc… C’EST. DE. LA. CONNERIE. PURE. Ça n’est pas codé dans les gênes, et a pu être démontré des milliers et des milliers de fois dans l’Histoire.
Mais pourquoi diable ces idioties ont-elles perduré au fil du temps ? Parce qu’on n’a jamais cessé de bourrer le crâne des jeunes avec ça, tout en les séparant et distinguant bien : « le bleu pour les garçons vs le rose pour les filles ; les puissants chevaliers/mousquetaires vs les belles princesses ; les courses de voitures/le foot/la boxe vs l’aérobic/la GRS/la danse classique ; les livres/films d’aventures vs ceux à l’eau de rose ; etc, etc. »

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Mais revenons à nos moutons (c’est le cas de l’dire). Ceux qui rêvent de « l’homme parfait », qui manquerait cruellement dans nos sociétés. Mais, cet homme parfait, comment est-il, exactement ? (même si ce serait plutôt « comment doit-il être ? »)

Eh bien, pour commencer, il serait grand, beau et musclé. Très musclé. N’oublions pas que le muscle est le propre de l’homme (tandis que la femme, elle, a Mr Propre). Pecs, biceps, triceps, abdos en béton. Le plus visible possible, même si c’est idiot (car à force de vouloir virer la graisse au-dessus, on finit par affaiblir le corps. Par exemple, les ours bruns, ils ressemblent à des grosses peluches, mais je pense que si vous vous mangiez un coup de pattes d’un mâle de 600 kilos, ça vous remettrait les idées en place).
Ensuite, évidemment, il a un gros pénis. Et il s’en sert beaucoup, puisque toutes les femmes le veulent (parce qu’elles auront beau dire, elles veulent toute un mâle, un vrai). Le vrai homme n’est pas un séducteur, car le séducteur va voir les femmes. Là, ce sont les femmes qui viennent le trouver. Et lui, il n’est pas dans les p’tits mots doux, les fleurs, les chocolats, les sorties au ciné, et autres niaiseries. Nan, lui, il s’en fout, il veut juste se les vider (et leur faire des gosses, par la même occasion, histoire de les occuper). Le vrai homme, il a pas qu’une femme, il a un harem, comme les animaux. Vous croyez qu’un phoque mâle dominant, il va se contenter d’une seule femelle alors qu’il doit avoir un maximum de descendants ? Bah nan, il s’en prend une bonne douzaine à la fois, et il se les garde pour lui. Ah, et aussi : l’homme parfait est super endurant au lit, et très peu soigneux avec le bout de viande avec des trous la femelle en-dessous. Il la pistonne jusqu’à ce que ça vienne, et tant mieux si ça lui plaît (sinon, c’pas son problème).
Niveau mental ? Il doit adopter autant que possible une attitude rationnelle, froide et peu émotive, qu’il peut parfois troubler par des « impulsions » et des « coup de sang », exceptions qui confirment la règle de la rigueur masculine. Le vrai homme ne pleure pas, et ne partage pas ses sentiments. Dans l’idéal, il ne rit pas non plus, car il passerait pour un rigolo, donc un faible. Il est mature, indépendant, sûr de lui, craint et respecté par les autres (femmes et hommes moins virils).

C’est sûr qu’avec tous ces pré-requis, on est pas là d’en voir débarquer des paquets de 100 (et dans un sens, tant mieux).
Et puis… sérieusement ? Vous vous imaginez vivre comme ça ? Ça a l’air super chiant. Toujours devoir être sérieux, froid, distant. Ne pas s’amuser, ne pas tomber amoureux. Devoir travailler ses muscles, son look, sa réputation. Si c’est ça l’idéal masculin, ça m’tente étrangement peu.

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Outre le fait qu’une société peuplée de types comme ça serait invivable, pensons aussi aux autres choses + ou – liés au virilisme. Prenons le pacifisme, par exemple. C’est le fait de refuser les conflits et la violence et de prôner la paix. Mais évidemment, la paix, c’est un truc de tarlouzes. Les vrais hommes, ils ont pas peur de sortir les poings/armes et de frapper dans la bouche de ceux qui sont pas d’accord avec eux. Comme ces connards de néo-nazis/fascistes/suprémacistes blancs américains, qui ont encore fait parler d’eux récemment à Charlottesville, provoquant un mort et 19 blessés lors de leur rassemblement dans cette enclave progressiste du Sud conservateur américain.
Une phrase qui m’exaspère particulièrement, c’est : « Il nous faudrait une bonne guerre ». PUTAIN DE PUTAIN. ARRÊTEZ DE DIRE ÇA. La guerre est le CANCER de l’humanité depuis toujours. Je me demande combien de victimes la guerre a fait depuis l’apparition de l’homme, mais ça doit bien se compter en milliards. Parce que je parle pas que des victimes directes (soldats), mais aussi des victimes indirectes (civils tués, affamés, réduits en esclavage, victimes de maladies après coup…). L’autre jour, j’ai regardé un reportage sur la guerre dans le Pacifique pendant la WW2, entre Américains et Japonais, avec des images filmées à ce moment en couleurs. Eh bah quand on voit ce que les soldats ont dû supporter des deux côtés, je peux vous dire qu’ils étaient loin de s’amuser. Des types de 21 ans, voire 18 ans (car l’âge pour s’engager avait été diminué suite à la demande toujours croissante de soldats), largués dans des batailles pour capturer des îles presque une par une, à se faire bombarder, à servir de chair à canon face aux mitrailleuses ennemies, à recourir à certains endroits au napalm (essence gluante enflammée), à mourir de la dysenterie dans la jungle, à passer des mois loin de leur famille, sans savoir s’ils rentreront un jour, et en un seul morceau, ou bien s’ils seront tués par ces japonais prêts à mourir pour leur pays.
Je sais pas si ceux qui disent ça ne pensent qu’à « faire pousser des couilles » aux jeunes, ou éventuellement aux conséquences socio-économiques théoriquement bénéfiques, mais ils oublient largement le traumatisme qu’est la guerre au niveau humain.

Ensuite, le droit des femmes. Un sujet tabou, car on ne supporte pas d’entendre des critiques, et par conséquent, avance à pas de fourmis. Le droit des personnes LGBT+, qui nous embêtent bien, à pas être hétéros comme tout l’monde. MÊME SI il est possible que CERTAINS jeunes ou autres personnes en manque d’affection ou amis s’inventent des personnalités « demi-boy genderfluid » ou « pansexual queer mes-couilles-mickey » afin de se rendre intéressants et de trouver une communauté de gens comme eux, IL N’EMPÊCHE, et ça a du mal à rentrer, que les personnes LGBT+ devraient avoir davantage de droits et de respect. Le fait qu’on arrête par exemple d’utiliser « tapette » comme une insulte pour les gays aussi bien que pour les hommes (prétendument) faibles et fragiles. Davantage de visibilité pour eux, comme des mannequins trans, des campagnes de prévention pour expliquer ce que sont les LGBT+ aux enfants, continuer à autoriser les soldats trans aux USA, une catégorie à part entière sur les papiers d’identité (en + de homme et femme)… Je vais pas trop m’étendre sur le sujet, je m’y connais pas assez.
Même si ça commence à être lentement accepté, c’est pas demain la veille que les débats sur le droit à l’adoption/la procréation des couples gays/lesbiens vont être réglés (ou que les vieux conservateurs de la Manif arrêteront de nous casser les marrons). Parce que ce ne sont pas les associations qui vont faire l’éducation des enfants, mais leurs parents. Parents pas forcément très ouverts d’esprit. C’est mal parti…

Ah, et tant qu’on y est : vous savez, le mythe du spartiate grand, fort et musculeux, entraîné à la guerre toute sa vie et qui vaut à lui seul 100 soldats, comme dans le film « 300 » ? Bah c’est du pipeau. Enfin, plus exactement, il « projette des fantasmes actuels [virilisme et orientalisme] sur des événements historiques, au détriment de la compréhension des faits ». Si le fond est vrai (la guerre des Perses menés par Xerxès pour contrôler le Péloponnèse qui se heurte à une opposition grecque), la forme a été vachement adaptée pour le film. Déjà, les Perses ne sont pas 300 000 ou je-sais-plus combien comme annoncés dans le film contre 300 pauvres spartiates et quelques blaireaux d’autres cités qu’on zappe carrément ensuite. Même si c’était très important pour l’époque, les historiens estiment les forces militaires perses entre 30 000 et 75 000 fantassins, accompagnés de 20 000 à 60 000 cavaliers ; la ligue hellène compte environ 10 000 soldats (venant d’une trentaine de cité-états indépendantes sur les 600 de la Grèce). C’est du 10 contre 1, pas du 1000 contre 1.
Aussi, les spartiates ne représentaient que 10% des soldats grecs, et ils n’ont pas fait tout le boulot. Et s’ils n’étaient pas nombreux, ce n’est pas parce que Léonidas a choisi la crème de la crème des spartiates, mais juste parce que la majorité des spartiates sont restés à la cité afin de célébrer des fêtes religieuses en l’honneur d’Apollon, et qu’il n’a pu obtenir de dispense que pour 300 des soldats de sa garde personnelle.
L’histoire du blocage aux Thermopyles est vraie, mais les Perses avaient quand même accès à la Méditerranée, et c’était la position la plus étroite et donc la plus facile à défendre, avec plusieurs milliers d’hommes venus de diverses régions avoisinantes. Les Perses contournent cet endroit non par la trahison d’un bossu, mais plutôt en profitant des manquements dans la tactique défensive de Léonidas. Il tente alors, par le sacrifice de ses hommes, de compenser cette erreur, pour permettre au reste des troupes hellènes de se replier. Bien plus de 300 combattants, sans doute un millier, et une majorité de non spartiates, meurent dans ce combat.
Au final, malgré ce sacrifice, le vrai vainqueur de la bataille est bien le perse Xerxès. Il a réussi à contourner le verrou stratégique principal et a battu les guerriers les plus réputés de la Grèce antique. En outre, ce sacrifice n’est d’aucune utilité, puisque Xerxès saccage malgré tout la région de la Béotie. Il faudra plus d’une trentaine d’années après cette bataille pour que les armées perses soient chassées véritablement de l’espace grec par Athènes…
En réalité, les 300 spartiates sont des vaincus dont le sacrifice occulte l’absence de solidarité entre les cités grecques. Léonidas est un chef de guerre qui se bat pour son propre prestige et celui de sa cité. Les 300 ne sont pas les derniers des mohicans d’un monde menacé, ils sont les exemples du sacrifice inutile de milliers de vie pour servir la gloire des puissants.
Et pourtant, ce mythe des spartiates incarne depuis toujours dans l’imaginaire occidental (surtout celui de l’extrême-droite), le mythe du peuple guerrier, basé sur la force brute et l’honneur militaire, entièrement dévoué au sacrifice pour leur patrie. Mais bon, c’est vrai qu’ils préfèrent haïr les Juifs et les musulmans que de s’instruire, ceux-là…
(source : https://quartierslibres.wordpress.com/2014/04/15/300-la-fin-dune-legende-viriliste/)


Même s’il est historiquement faux, au moins, le film reste cool. Pas comme « Batman vs Superman », gâché par ce Lex Luthor du malaise et de la fausse assurance qui découvre les vraies identités de tout le monde par la magie du scénario. (#Micro-Critique)

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Comme évoquée tout à l’heure, on a aussi l’histoire de la domination de l’homme sur la femme au lit. L’homme baise, la femme est baisée (car on ne fait pas l’amour, on « baise »), et merci bonsoir. Les préliminaires, le cunnilingus, la recherche mutuelle du plaisir ? Foutaises et pertes de temps. L’homme a des besoins, la femme est là pour les remplir. Même si elle n’est pas d’accord, mais l’homme n’y peut rien hein, c’est la nature. Les viols dans le couple ? Allons, allons, ne dites pas de bêtises, ça peut pas être un viol si c’est dans un couple…~ (#OuPas). Du coup, des dizaines de milliers de femmes sont violées chaque année dans le pays sans qu’on en parle.

On a l’air de penser que les enfants naissent hétéros, puis certains deviennent homos/lesbiennes, bi, ou autres. Mais il faudrait plutôt voir ça comme un truc flou qui se précise au fil du temps et des expériences. Ça éviterait à des gens de rester cloîtré des années dans une hétérosexualité qui leur garantit aucun problème de harcèlement ou autres de ce côté, même si au fond, ils préférerait être autre chose. C’est comme si plutôt que de quitter Hétéro-town pour Homo-land ou Bi-city et perdre tous ses repères (tout en étant exposé aux moqueries et à la honte en chemin et arrivé là-bas), vous naissiez dans une pâture au pif à mi-chemin de ces villes et que vous décidiez où aller ensuite. Mais évidemment, ça serait demander aux parents de prendre le risque de voir son gamin ne pas devenir hétéro…

Sans oublier évidemment le harcèlement infini et la honte personnelle et familiale suite à un coming out. J’avais déjà fait un article sur la violence des enfants, et celle des ados envers les homos, malgré les (quelques minables) affiches anti-homophobie dans les lycées, reste une réalité pour beaucoup d’entre eux. Les plus cons et méchants désignent quelqu’un qui se démarque du groupe (l’intello de la classe, le rouquin, la fille un peu grosse, le noir, le gay…), et en voiture simone. Personne ne les défendra, puisque ça signifierait quitter la protection du groupe pour s’élever contre lui, donc risquer volontairement d’être ostracisé. Et pendant ce temps, les cons grandissent, et les plus méchants finissent par tabasser ceux qui se démarquent, voire les tuer (->http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/03/97001-20120503FILWWW00551-belgique-un-jeune-homo-tabasse-a-mort.php), quand ils ne finissent pas par le faire eux-mêmes sous la pression (-> http://www.huffingtonpost.fr/2017/05/21/homophobie-dans-tpmp-tu-es-juste-en-train-de-le-tuer-une-2e-fo_a_22102328/).

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En résumé, pour être un « vrai homme » en France au XXIème siècle, il faut :
1) Tout faire pour se différencier des homosexuels et des femmes.
2) Adopter des comportements dominateurs dans la vie intime.
3) Être en lutte perpétuelle avec les autres hommes.

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Mais au fond, ces hommes virilistes, ils ont juste peur. Peur de ne pas paraître assez couillus, et d’être délaissés par leurs « amis ». Peur que les femmes soient meilleures qu’eux (ou de paraître faible devant elles). Peur de laisser transparaître leurs sentiments et de passer pour des faibles (grâce au super axiome de clichés « femmes = sentimentales, donc si homme = sentimental, homme = femme »). Peur de ne peut-être pas être hétéro à 100 %. Peur de s’écarter du « droit chemin » du genre masculin. Donc, en général, peur du regard et jugement des autres. C’est quand même ironique que ceux qui se réclament être ceux les plus forts ne soient finalement au fond d’eux que des types complexés et effrayés, forgés par la société qu’ils ont forgé et qui sera forgés par eux.

Un vrai homme est donc seulement celui qui est le plus conforme possible aux normes de la masculinité en vigueur dans une société à un instant T. Ces normes varient et exercent une contrainte sur les individus. Leur apologie dans les comportements et discours sont ce que nous appelons « virilisme ».
Ce qui veut dire que les « vrais hommes » de la Rome Antique, c’était des pédérastes, qui enculaient des garçons plus jeunes qu’eux. Mais non, hein, continuez à cracher sur ces sales gays et sur ces salopes de femmes, et à vous complaire dans votre fantasme commun du mâle alpha qui n’est, au fond, qu’un mirage que vous vous abrutissez à poursuivre.

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(ma principale source pour cet article : http://www.frustrationlarevue.fr/pourquoi-refuser-detre-des-vrais-hommes/)

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Désolé pour les 2 mois sans rien, mais c’était les vacances, j’avais pas le courage, yavait pas mal d’animes que je voulais regarder, j’ai découvert Warframe et j’ai eu du bas débit depuis le 11 août… ^-^’
Le prochain article ne devrait pas prendre aussi longtemps. :’) Et surveillez l’article sur les références dans One Piece, je le mettrai aussi bientôt à jour, par rapport aux ajouts de Dressrosa, Zo et Tougato.

Si cet article vous a plu, n’oubliez pas de mettre un J’aime, un p’tit commentaire et de le partager ! 🙂

Allez, tschaw ! o/

 

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