Le nationalisme et le patriotisme excessif, ces fléaux des sociétés

Après avoir critiqué l’état actuel de la planète et le virilisme, je continue dans les coups de gueule pour parler d’un autre problème de notre monde, des faux jumeaux mais des vraies saloperies : nationalisme et patriotisme.

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« Houlà, tu commences fort ! Pourquoi tu critiques le patriotisme, alors que c’est l’amour de sa patrie ? T’aimes pas ton pays c’est ça ? T’es un anarcho-fasciste ? ».
Pas vraiment, mais j’ai pas mal de raisons qu’on va voir par la suite. Mais d’abord, commençons par la définition de ces deux termes, pas toujours très bien différenciés par les gens.
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PATRIOTISME :
-> « Attachement profond et dévouement à la patrie, souvent avec volonté de la défendre militairement en cas d’attaque extérieure. » (définition du Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL)) ;
-> « Amour de la patrie, dévouement à la patrie, croyance en la patrie, ses valeurs et ses idées ; attachement sentimental à la patrie qui se manifeste par le désir de la défendre, de la servir, de la promouvoir. » (définition Mediadico).
-> « Attachement sentimental à sa patrie se manifestant par la volonté de la défendre, de la promouvoir. » (définition Larousse.fr)
-> « Chauvinisme. Ce terme désigne un amour de la patrie, un désir, une volonté de se dévouer, de se sacrifier pour la défendre. Caractérise un attachement passionné à la nation. Synonyme de nationalisme. » (définition linternaute.com)
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Ce qui revient le plus est l’idée d’un attachement fort à son pays (pour « ses valeurs et ses idées »), ainsi que sa promotion et d’être prêt à prendre les armes pour la défendre.
Mais dans la définition de Mediadico, ya un terme qui me plaît pas tellement : « la servir« . Servir, c’est « être utile à qqn/qqch« , mais aussi « être au service de qqn« . Et la servitude, c’est l’esclavage, la privation de libertés. Mais on y reviendra.
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NATIONALISME :
-> « Sentiment qui consiste dans l’exaltation de l’idée nationale, doctrine politique basée sur ce sentiment. » (définition Wiktionnaire)
-> « Sentiment de vif attachement à la nation, exaltation de l’idée nationale ; doctrine politique qui s’en réclame et affirme la primauté des intérêts nationaux. » (définition la-definition.fr)
-> « Mouvement politique d’individus qui prennent conscience de former une communauté nationale en raison des liens (langue, culture) qui les unissent et qui peuvent vouloir se doter d’un État souverain.
Théorie politique qui affirme la prédominance de l’intérêt national par rapport aux intérêts des classes et des groupes qui constituent la nation ou par rapport aux autres nations de la communauté internationale. » (définition Larousse.fr)

-> « Le nationalisme est un principe politique, né à la fin du XVIIIe siècle, tendant à légitimer l’existence d’un État-nation pour chaque peuple (initialement par opposition à la royauté, régime politique qui en France sera ensuite nommé Ancien Régime). […]Ce terme désigne aussi des mouvements politiques déclarant vouloir exalter une nation sous toutes ses formes (État, culture, religion, ethnie, race, traditions, préférence nationale pour l’emploi…), par opposition aux autres nations et populations. Cette deuxième variante du mouvement s’est développée à partir de la fin du XIXe siècle, vers 1870 : chauvine et xénophobe, elle trouvait alors ses militants principalement dans la petite bourgeoisie. » (définition Wikipédia)

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Ici, on ne parle plus vraiment d’amour de la patrie (du moins, pas un amour « au premier degré », dans le sens « amour sans arrière-pensées »). C’est plutôt la volonté de placer la nation (ainsi que ses valeurs et intérêts) au-dessus de tout, parce qu’on pense qu’elle est plus importante, supérieure aux autres pays.
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OK, les définitions, c’est fait (désolé si ça faisait un peu beaucoup copié-collé).
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Le « patriotisme naturel » existe depuis bien longtemps dans la nature, partagé par les animaux sociables qu’ils soient sédentaires (abeilles, castor, marmottes…) ou nomades (troupeaux, meutes), afin de s’entraider et de lutter contre les menaces extérieures. C’est « un attachement instinctif, machinal et complètement dénué de critique pour des habitudes d’existence collectivement prises et héréditaires ou traditionnelles, et une hostilité tout aussi instinctive et machinale contre toute autre manière de vivre. C’est l’amour des siens et du sien et la haine de tout ce qui porte un caractère étranger. La patriotisme, c’est donc un égoïsme collectif d’un côté et la guerre de l’autre. »
Pour ceux qui auraient la flemme de chercher à comprendre -> 1) « je sens qu’on DOIT se serrer les coudes, peu importe les circonstances » ; 2) « on vit comme ça parce que les parents l’ont décidé / parce qu’on a toujours fait comme ça » ; 3) « travail, famille, patrie / dégage, tu vas perturber notre équilibre socio-culturel. ».
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Les humains, vu qu’ils sont juste des animaux un peu plus intelligents et développés que les autres, restent soumis à ce patriotisme naturel. Cependant, comme notre vie est bien plus complexe, nous intégrons bien + d’éléments dans cette équation : il y a bien sûr les habitudes et traditions physiques, MÉZOSSI les traditions plus ou moins abstractives, intellectuelles et morales, une foule d’idées et de représentations fausses ou vraies, avec différentes coutumes religieuses, économiques, politiques et sociales.
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« Mais nan, mais on est pas des animaux, on est une espèce supérieure, et on a un but à remplir et- »
JEAN-BAPTISTIN, FERME-LA. On est PAS CENSÉ servir à qqch. On est juste apparu suite à l’évolution de primates, et on a juste prit la grosse tête ensuite. Faudrait arrêter de se prendre pour des êtres uniques, alors qu’on est juste techniquement des animaux. On est juste les seuls à le savoir. Nous n’avons AUCUN BUT : juste survivre pour nous reproduire et perpétuer l’espèce, comme tous les goddamn êtres vivants ever (et vu la vitesse à laquelle on bousille notre environnement aka la planète, on risque de plus faire long feu).
(je ferme ainsi cette rapide parenthèse sur les questions existentielles qui nous obsèdent depuis 3000 ans, pour lesquelles on a créé les religions et tout le toutim, alors que franchement, on aurait pu les régler en 5 minutes si on était pas des demeurés égocentriques. Mais revenons à nos moutons…).
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Certains viendront défendre à cors et à cris le patriotisme : « Comment tu oses critiquer ça, alors que c’est très important pour les individus de se retrouver autour d’une identité culturelle, de savoir d’où l’on vient, d’avoir des racines, une culture, etc… sans compter les immigrés qui se sentent perdus, arrachés à leur pays. Si t’es pas content t’as qu’à quitter le pays, espèce de sale ingrat. » (https://twitter.com/alechigo/status/912664491934044160)
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Techniquement, je suis pas viscéralement anti-patriotisme. T’as le droit d’être patriote si ça te chante. Cependant, le premier truc qui me gave, c’est quand tu commences à emmerder les autres pour qu’il te rejoigne dans ton délire chauvin. (citation intelligente)
Ensuite, j’ai pas spécialement envie de partir dans l’armée pour « défendre ma patrie ». J’ai horreur de l’autorité, et passer des mois à vivre au pas, ça m’emballe pas tellement. (rappelons aussi que la France s’est faite littéralement rouler dessus en 1940, que la guerre d’Indochine fut aussi impopulaire qu’inutile, que la guerre d’Algérie présenta un bilan lourd et nous firent passer là-bas pour une véritable tyrannie (torture, répression de la population civile algérienne), et que la guerre au Moyen-Orient en ce moment est interminable car on s’attaque au haut de l’arbre mais pas aux racines). Son service militaire obligatoire, Macron peut se le mettre où je pense.
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Et enfin, je pense que certains ont/se mettent des œillères bien pratiques : je devrais être fier de mon pays alors qu’une personne sur sept vit sous le seuil de pauvreté, et que plus d’un million de personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté en dix ans dans notre pays ? Alors que des gens se privent d’aller chez le médecin, l’opticien, le podologue… parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour les payer et se ruinent ainsi la santé ? Alors que plusieurs centaines de paysans se suicident tous les ans en France ces dernières années par désespoir entre leur travail difficile et sans répit, les problèmes financiers/météorologiques qui s’aggravent et leur salaire misérable (30% des agriculteurs ont des revenus équivalents à 354€ par mois) ? Alors que malgré des mois de mobilisation intensive et de grèves, cette loi Travail de merde est passé à cause de Valls et son putain de 49.3 anti-démocratique ? Alors qu’on nous fait chier avec cet « état d’urgence » à rallonge bien pratique pour nous limiter nos libertés (comme le droit de manifester ; lien) MAIS quand des entreprises comme ces chiens de Lafarge (ceux qui avaient proposé de construire le mur de Trump) financent Daesh à hauteur de 20 000 euros/mois, non seulement on ne les punit pas (lien), mais en plus on les avait poussé à le faire (lien) (par contre, quand c’est une mère de famille qui envoie de l’argent à son fils à l’étranger, aucune pitié et 2 ans de prison) ? Alors que la France fait partie des cinq plus gros exportateurs d’armes au monde ? Alors que le président qualifie les français de « feignants », puis persiste et signe ? Alors qu’on retire 5€ des APL des étudiants, sans savoir que bon nombre d’entre eux doivent déjà vivre dans la misère, se nourrissant la plupart du temps de sandwichs et de pâtes, étant obligés de frauder les transports en commun, vivant dans des chambres minuscules, cumulant parfois un petit boulot en plus (comme livreur, caissier ou serveur à McDo), tout en tentant de réussir leurs études, et qu’une grosse vache vient leur dire « d’arrêter de pleurer » (sale profiteuse qui n’a pas de quoi être fière d’elle) ? Alors qu’on traite les migrants et les Roms comme des lépreux qu’on se refile d’une ville, d’un camp à l’autre et auxquels on prive parfois jusqu’à l’accès à l’eau potable (lien) ? Alors que les riches et les puissants échappent toujours miraculeusement à la case prison malgré toutes leurs infâmes magouilles pour se gaver de fric sur le dos des contribuables et éviter le fisc ? Alors que ces mêmes avares de riches partent planquer leur fric sur des comptes en Suisse, s’exilent fiscalement en Belgique / au Portugal (lien) puis reviennent profiter des avantages en France (comme les soins) ? Alors que des (euro)députés et sénateurs peuvent passer leur mandat à ne venir bosser que quand ça leur chante et être pourtant payés des fortunes ? (lien ; pour info, un député gagne 5 148,77  net par mois + budgets + avantages en nature ; et au Parlement européen, le fait de venir pointer (pour ne pas voir leur indemnité journalière de 304 €/jour être divisée par 2 si leur taux de présence aux sessions est inférieur à 50 %) puis repartir immédiatement est un sport national ; et je ne parlerai même pas des cumuls de mandats, pratique scandaleuse qui devrait être interdite selon moi car elle ne fait qu’augmenter l’absentéisme et les conflits d’intérêts et sacrifiant une partie du travail à faire tout en verrouillant des postes face à des gens possiblement plus qualifiés)
Alors ouais, l’honneur et la grandeur de la France, une riche Histoire, les Lumières et la démocratie, le 1er pays touristique, la cuisine, la Sécu, les paysages, gnagnagna… Mais relisez bien ce pavé avant de revenir me parler de servir mon pays, si vous en avez l’audace.
(Quant aux « morts pour la France », je les déshonore, pas ni ne les renie, hein. Ils ont eu beaucoup de courage et je les respecte pour ça. Mais ne tentez pas de changer tous les citoyens en soldats. Laissez-leur le choix. Et même en temps de guerre, on peut défendre son pays autrement que sur le front.)
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En plus, la fierté d’être français, elle se décline un peu trop. Alors d’abord, on se sent [nationalité]*, mais on se sent plus [région], et encore plus [département], et encore encore plus [ville/village]. Résultat ? On passe son temps à se critiquer et tirer dans les pattes d’un bout à l’autre du pays. Voyez la rivalité qui anime les fans de foot envers toutes les équipes des autres villes (surtout entre Paris et Marseille), les « cons de riches de bourguignons qui volent le fric de la Franche-Comté alors qu’ils sont déjà pauvres » (dixit une amie franc-comtoise), les bretons hardcores qui réclament toujours leur indépendance, la Corse et les territoires d’Outre-mer qui font leur vie dans leur coin (et dont on se rappelle l’existence de temps en temps), les Alsaciens/Lorrains qui étaient même plus des territoires français en 1871-1919 et 1940-1945…
Sans oublier les stéréotypes des régions (« lololol, les nordistes sont des incestueux, les parisiens des pigeons qui râlent tout le temps, les sudistes des grosses feignasses, les bretons des alcoolos… »), et autres rivalités inter-régionales + ou – stupides (pain au chocolat vs chocolatine, ricard vs pastis, les pro-charcuterie et les pro-fromage…). Tout devient prétexte pour montrer que c’est nous dans notre coin qu’on est les meilleurs. Vous pouvez pas vous unir une bonne fois pour toute, sérieusement ?…
(*ça marche pas qu’en France, hein, mais dans un grand nombre de pays. Peut-être même tous ?)
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(aucun rapport avec le sujet, mais ça me fait toujours bizarre de voir dans la SF que les peuples extraterrestres soient parfaitement unis. On parle jamais de différents pays sur une planète, il sont toujours unis sous une seule bannière, n’ont qu’une langue, monnaie, culture… Alors, sommes-nous la norme et eux les exceptions… ou alors est-ce l’inverse ?)
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Si le patriotisme est déjà pas une bonne chose, le nationalisme l’est encore moins : c’est littéralement de l’égocentrisme au niveau international (« Ya que mon pays qui compte, et les autres, allez vous faire foutre »), comme pour le « America first » de l’autre déchet humain arriéré de Trump. Le nationalisme base l’identité d’un individu sur son rapport à une nation et comme les bons patriotes (entendez « les bons vrais [nationalité]« ) ne peuvent évidemment pas poser problème au pays, bien souvent, les étrangers (et les  sont accusés d’être la source (ou une des sources) de tous les maux de la nation, qu’ils soient à l’extérieur ou à l’intérieur de ses frontières.
Et du coup, on tombe tout de suite vers l’extrême-droite, car avoir un nationalisme fort est une des revendications courantes de ce courant politique. Le Front National ou FN français (euro-sceptique, populiste et fascisant, pour une réduction massive de l’immigration, sortie de l’OTAN et la nationalisation d’entreprises, tentant de se détacher de son image entachée de xénophobie, homophobie et antisémitisme) ; l’Alternative für Deutschland ou AfD allemand (« Alternative pour l’Allemagne », anti-euro mais pas pas anti-Europe, + ou – populiste, balancé entre la droite et l’extrême-droite, voire le pro-nazisme) qui vient de faire 12,6% des voix aux dernières élections et de rentrer au Parlement allemand ; le Constitution Party américain (nationaliste et populiste, qui accorde une très grande importance à la défense de l’identité nationale et à la lutte contre l’immigration) + l’American Heritage Party (chrétien et ultra-conservateur) + l’American Patriot Party (très nationaliste) + bien d’autres… ; le Brit Ha’birionim israëlien (idéologie sioniste de type fasciste) ; le Milliyetçi Hareket Partisi ou MHP turque (« Parti d’action nationaliste », national-islamiste, recourant à la violence et aux assassinats, opposés farouchement aux droits des Kurdes et à l’entrée de la Turquie en Europe) ; les mouvements islamistes du Moyen-Orient comme les salafistes, le Hezbollah et le Hamas (prônent une haine de l’Occident et d’Israël, attentats terroristes, pour le mondialisme islamique et la défense de leur pays contre les étrangers), etc… Aucun pays ne semble épargné, même si l’extrême-droite de certains se limite à quelques groupes/groupuscules extrémistes.
Indépendance, unité et prospérité du pays et du peuple, militarisme, conservatisme social, libéralisme économique, protection de l’identité nationale ainsi que lutte contre l’immigration illégale (couplé avec des frontières fermées ou surveillées) font partie des thèmes récurrents défendus par ces partis. Sans oublier que « conservatisme social », ça veut dire souvent « rejeter les avancées sociales » : l’IVG, le , . (prenez votre carton de bingo et cochez les revendications défendus par votre parti. Si vous finissez une ligne ou une colonne, criez « Vive la nation ! » et buvez un shot).
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Souvenez-vous des attentes des électeurs de Trump pour l’élection présidentielle américaine de 2016, et regardez où ils en sont maintenant. Trump est devenu officiellement le président américain le plus détesté de l’histoire du pays, et son gouvernement est également affreusement corrompu. Élu frauduleusement grâce aux magouilles entre son équipe de campagne et Poutine, passant son temps entre Twitter (991 tweets en 6 mois, où il se spécialisait dans l’insulte des personnes opposées à lui et la dénonciation des « fakes news ») et ses terrains de golfs (40 jours en 6 mois), il n’a passé aucune réforme majeure. Sans oublier le Muslim ban, le renvoi du directeur du FBI, James Comey (qui enquêtait sur les relations occultes entre des membres de l’administration Trump et la Russie), le Trans ban , Charlottesville et son « tout le monde est à blâmer », et le nombre de démissions importantes dans l’administration. Enfin, il renforce l’inquiétude des gens de toutes les manières possibles : il ne démord pas de son souhait de virer l’Obamacare et de réformer la santé, le ton monte avec Pyongyang (lien), et il n’a servi strictement à rien pour l’aide des sinistrés des récents ouragans en Floride et au Porto Rico (préférant accuser les autorités locales de l’île, et en particulier la maire de la capitale, San Juan, d’être responsables du manque de coordination et de l’inefficacité des secours, neuf jours après le passage de l’ouragan Maria).
Evidemment, sa côte de popularité est en chute libre depuis son élection : 42% en avril, 36% mi-juillet (6 mois après son élection), 34% fin août, ce qui en fait la plus rapide chute de popularité de l’histoire des USA. Isolé sur la scène internationale, notamment depuis le retrait annoncé des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, près de la moitié des personnes interrogées (48%) jugent que le « leadership dans le monde » de l’Amérique s’est amoindri, contre 27% qui pensent au contraire qu’il s’est renforcé. D’après le média Newsweek qui se base sur un sondage de l’Institut Gallup, plus de 60% des Américains se disent insatisfaits de la politique de Donald Trump par rapport à l’emploi (). 48% des sondés, interrogés du 10 au 13 juillet, ont dit « désapprouver fortement » le président Trump, score seulement atteint par George W. Bush lors de son 2nd mandat.
C’est une présidence comme ça que vous auriez voulu en France ? Vous imaginez Le Pen pour la commémoration des 75 ans du Vél’ d’Hiv ? Pour la répression des manifestations (et des libertés) en plein état d’urgence ? Pour l’organisation des secours à Saint-Martin après l’ouragan Irma ? J’ose pas trop, perso… (rappel des principaux points de son programme 2017)
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Mon pays (comme bien d’autres) a été créé au fil du temps par les gens pour les gens. Ce n’est pas une création divine qui tolère notre existence et qu’on doit humblement vénérer et remercier pour nous laisser profiter de ses bienfaits. Il n’est pas éternel, n’est figé ni dans le temps, ni dans l’espace, et n’est pas objectivement bon ou mauvais ; c’est à ses habitants qu’il incombe de faire ce qu’il faut pour le faire évoluer et prospérer. La Corée du Nord et le Turkménistan n’ont pas toujours été des dictatures. Les Etats-Unis n’ont pas toujours été une grande puissance. La Suède n’a pas toujours été le meilleur pays du monde. La France et l’Angleterre se sont haï pendant des siècles. L’Allemagne a été nazie et l’Espagne franciste. Tout peut changer, il suffit de le vouloir.
Le problème est de voir son pays comme le meilleur de tous, de ne voir que ses qualités tout en minimisant (voire oubliant) ses défauts. Or, on apprend de ses erreurs, et on devient plus fort quand on connaît ses faiblesses. Si on ne faisait que ce que les nationalistes veulent, le pays resterait bloqué dans le temps : « on ne change pas une équipe qui gagne », donc pourquoi modifier un pays sans défauts ?
Mais aucun pays n’est parfait, et il importe donc de savoir faire la part des choses, de reconnaître (même si ça fait mal à l’égo) que chaque pays a des problèmes, des points faibles, des retards… Ce n’est pas en se voilant la face qu’ils vont disparaître, au contraire. Les innovations sont apparues parce qu’on s’est rendu compte que la situation de tel ou tel domaine de la société pouvait être amélioré : le suffrage universel direct au lieu de la monarchie héréditaire, les énergies naturelles renouvelables à la place des centrales thermiques, la fin de la peine de mort et de l’esclavage, l’avancée progressive vers une égalité homme-femme, le développement des nouvelles technologies, etc.
L’isolationnisme, la sortie de l’UE et le retour au franc, l’opposition aux étrangers/musulmans/juifs, la glorification de l’Histoire de France avec un roman national (raconter l’histoire comme une histoire où le pays a toujours le beau rôle, de belles valeurs, de grands héros… et oublier/minimiser les moments où c’était il était moins Charlie, comme pour nous la traite des Noirs, la colonisation et ses excès, le régime de Vichy… ; article 97 du programme du FN), tout ceci ne peut que nuire à la France. Tout s’est mondialisé, on ne peut plus faire comme si l’on pouvait/devait vivre seuls. Je sais que « étranger = inconnu » et que l’inconnu fait peur. Mais plutôt que de croire tout ce qu’on vous dit et de rejeter sans concession cet étranger, utilisez ce que les générations passées n’avaient pas : Internet. Connectez-vous, instruisez-vous, reprenez-vous. Non, l’islam ne cherche pas à imposer le niqab et le ramadan à tous. Non, tous les musulmans et tous les immigrés ne sont pas des terroristes. Non, l’Europe ne se fait pas « envahir » par l’Afrique et le Moyen-Orient. Non, la France n’est pas un pays de « race blanche » (Morano, tout ce qui sort de ta gueule n’est vraiment qu’un concentré de conneries). Non, le FN n’est pas une solution.
Opposez-vous à la pensée radicale (« tous les x sont y ») et à ceux qui alimentent cette haine des autres. Apprenez à accepter les différences des autres. Car la seule façon pour bâtir un avenir pour tous, c’est de tous y travailler.
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(…Et puis, sérieusement, quand un simple couscous arrive à déclencher un véritable scandale au sein d’un parti, ça fait pas hyper envie de le voir au pouvoir.)
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Je terminerai cet article sur un tweet de Jason Kander : « Le patriotisme ne consiste pas à faire en sorte que tout le monde se tienne debout et salue le drapeau. Le patriotisme consiste à faire un pays où tout le monde le veut. » (lien)
(et comme disait de Gaulle : « Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres. »
Et comme disait George Washington : « Prémunissez-vous contre les impostures du prétendu patriotisme. »
Oui, j’ai trouvé pas mal de citations cools.)
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J’espère que vous avez apprécié cet article 🙂
(J’aime, commentaire, tout ça tout ça)
A bientôt pour un prochain article, qui devrait normalement être le retour d’une série en stase depuis un bon moment ^^
Allez, tschaw ! o/

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