L’Infernal Remake Dantesque ! – Chant XIII – Suicide Squad

Laissant les violents combattants à leurs occupations belliqueuses, mon guide, le Pyro-Barbare et moi-même continuâmes notre route, avançant toujours plus avant dans ce triste (outre-)monde. La terre souillée de sang fit progressivement place à une sorte de savane à l’herbe rouge, où poussait ça et là des arbres cauchemardesquement noueux et tordus ; des corps se balançaient faiblement sous leurs branches, comme de gros fruits mûrs poussés par une brise inexistante.

« – En ce tragique lieu, reprit Virgile de son habituelle voix tonitruante et accusatrice, sont punies les âmes qui ont commis l’irréparable. En attentant à leur propre existence, directement ou indirectement, elles se sont par la même occasion privées à la fois d’un avenir dans la vie comme dans la mort. La liste des façons de finir comme ces esprits, emprisonnés pour toujours dans une prison de souffrances, est tristement longue : noyade, électrocution, hypothermie, immolation…
– Oui, bon…
– …empoisonnement par contact, par inhalation (gaz, monoxyde de carbone…)…
– Vous pouvez arrêter là, hein.
– …par ingestion (arsenic, ciguë, cyanure, gui, overdose de médicaments (surtout les antidépresseurs, les anxiolytiques ou les stupéfiants)…) ou injection…
– Nan mais sérieux, c’est glauque.
– …1 pas en avant, 1 pas en arrière, 3 tours sur soi-même, 1 saut en avant…(1)
– Ah, je connaissais pas cette méthode-là.
– …asphyxie et strangulation (auto-érotique ou par pendaison)…
– Bon, j’me taille, vous m’appellerez quand vous aurez fini.
– …hémorragie externe (blessure auto-infligée, par arme tranchante ou à feu, voire explosifs, comme pour l’attentat-suicide), seppuku…
– Allez, à toute ! »

Je laissais Virgile débiter sa liste de moyens de se foutre en l’air au barbare, qui continuait de pioncer sur sa bête apprivoisée, et me dirigeais vers un arbre proche afin d’en apprendre un peu plus sur cet endroit. Une petite dizaine de corps, nus, décharnés et écorchés, quasi identiques, se trouvaient là, n’attendant rien d’autre que de devoir souffrir encore et encore.

« – Bonjour, mesdames, messieurs, dis-je en arrivant.
– Sérieusement ? grogna un des suppliciés en tournant difficilement la tête vers moi. « Bon » jour ? Comment un jour peut-il être bon dans cet endroit de malheur ?
– Ah, désolé, abus de langage…
– Ouais, évidemment…, grommela-t-il dans ses dents.
– En fait, je suis vivant, et je suis là pour traverser l’Enfer, tout en découvrant les us et coutumes locaux. Vous pourriez me dire les occupations dans le coin ?
– Eh bien, commença une autre malheureuse, il ne se passe généralement pas grand-chose. Et tant mieux pour nous, en fait. La plupart du temps, on reste juste là à s’emmerder profondément. Mais des fois, des corbeaux viennent nous picorer à des endroits pas agréables. Mais surtout… ah, on dirait justement que le spectacle commence là-bas.« , finit-elle en regardant au loin vers la gauche.

Je me tournais et plissais les yeux pour apercevoir un pauvre type, néanmoins habillé de façon classe, cavalant comme jamais, poursuivis par ce qui semblait être… des mecs en costard-cravate. L’Usain Bolt amateur semblait à la fois extrêmement paniqué et souffrant, laissant une trace plus rouge que la moyenne dans l’herbe haute qu’il foulait. La meute derrière lui le poursuivait impitoyablement, la rage dans les yeux et la bave aux lèvres. Au bout d’un moment, il finit par chuter, et en quelques secondes, les autres se jetèrent sur lui, commençant par arracher avec violence ses vêtements, puis le réduisant en morceaux, sauvagement mais méthodiquement. Ils repartirent peu après avec les restes du malheureux, semblant un peu calmés, cependant toujours fébriles.

– …Que vient-il de se passer ? demandais-je assez choqué à mes nouvelles connaissances.
– Des banquiers, soupira l’un d’eux. Une sale race. Leur dévotion au dieu Argent leur a ôté tout état d’âme… puis leur âme elle-même. On ne dit pas « l’homme est un loup pour l’homme » sans raison. Et la victime était un dissipateur ; quelqu’un qui, au lieu de gérer et d’utiliser intelligemment ses économies, les a dilapidé pour des conneries jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer… Courir à travers ces herbes, ordinaires pour les gens sans histoire mais devenant tranchantes pour les pécheurs, était aussi vain que douloureux pour lui. En ce funeste royaume, le destin est tracé aussi sûrement que l’encre noire du désespoir sur le papier blanc comme les os de la Faucheuse.
– Wow, c’était l’instant drama.
– RT si c trsit, déclara mystérieusement l’un d’eux.
Ta gueule, Michel !, lui rétorquèrent-ils tous.
– Tiens d’ailleurs, je ne vous ai même pas demandé qui vous étiez, repris-je. Les lecteurs vont être déçus s’ils n’ont pas de liste longue comme le bras de références à la fin du chapitre.
– Le type là-bas, je n’ai pas bien vu, déclara le premier pendu. C’était peut-être le beau dandy dont la passion pour les vêtement finira par l’obliger à fuir par la Manche (2). Ou bien l’autre visionnaire dont Dame Chance l’abandonna après l’affaire de sa vie, à moins qu’il ne soit juste stupide (3). Ou encore ce prince fan de confiserie, dont la fortune a dû fondre en même temps que son palais (4). Quant à moi, à cause de mon rôle important de « contrôleur de la bouche » du palais, je me retirais la vie pour la honte de quelques poissons en retard (5). A côté de ma pauvre personne, tu peux voir le grand aventurier du monde physique et littéraire (6). De l’autre côté, celui dont la mort calme mais flamboyante permit au final de calmer la haine subie par les siens (7). Et sur l’arbre là-bas, les 47 acteurs de l’épopée de vengeance et d’honneur, dont la loyauté, le sacrifice et le dévouement sont restés toujours aussi respectés en ce jour (8).
Le mal de ce siècle, que bien peu de sociétés ne comprennent ou ne luttent contre, continue d’envoyer en cette écarlate prairie une pauvre âme toutes les heures. Il se répand comme une pandémie, invisible mais tout aussi dangereux. (9).
Mais généralement, les artistes sont plus nombreux en ce cercle infernal, que ce soit ceux des arts visuels, littéraires ou du spectacle (10). Car le monde est cruel, et même ceux ceux qui croquent la vie peuvent finir par craquer. Sans parler des malheureux qui ne parviennent pas à vivre de leur passion, ou de ceux chez qui le génie rime avec la folie. Au final, ils se retrouvent en ces lugubres lieux, condamnés à ne plus pouvoir créer autre chose que de la douleur. »
Après ces mots, il se tut, peut-être pour ne plus avoir à évoquer tant de vérités.

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Revenant voir mes compagnons (forcés) de voyage, je constatais que la liste de Virgile n’était toujours pas terminée.
« – …non-satisfaction volontaire ou ignorance des besoins naturels nécessaires (dénutrition, déshydratation, privation de sommeil), impact véhiculaire (voiture, camion, train, métro), chute (généralement d’un endroit suffisamment élevé, comme une fenêtre, un balcon, le toit d’un immeuble, un pont, un barrage ou une falaise), et j’en passe…, termina-t-il.
– Eh bah, pas trop tôt.

– Silence, jeune perturbateur. Sache que de porter atteinte à son corps est très mal vu par le Seigneur ! Car il t’a donné un corps, et il est fait pour faire le Bien et répandre l’Amour, pas pour être refusé et rejeté !
– Bon, c’est fini les conneries 5 minutes, oui ?!?, m’emportais-je.
– Pardon ?, s’offusqua le fantôme.
Dieu m’a donné un corps, hein ? Et quand on donne quelque chose à quelqu’un, ça lui appartient, nan ? Du coup, qu’est-ce que ça peut lui foutre, au vieux barbu, ce qu’on en fait ? Et si on aime pas son corps ou sa vie, on fait quoi ? On subit jusqu’à ce que la mort nous délivre ?
– Je… C’est à chacun d’œuvrer pour améliorer sa vie et celle des autres !
– Comme si c’était aussi simple, vieux shnock ! Les pauvres gens en phase terminale qui ne demandent qu’à partir dignement, on va pas les débrancher JUSTE parce que « nan mé cé un meurtr ! ». Et sans aller jusque là, Dieu connaît pas la timidité, la honte, le dégoût de soi, la peur de l’échec et de l’abandon, la dépression ? La dépression ! Parlons-en ! Ces symptômes sont, selon le manuel « DSM » (Diagnostics et statistiques des troubles mentaux) : « tristesse, perte d’intérêts, troubles du sommeil ou de l’appétit, perte d’énergie, sentiment de désespoir face à l’avenir, de pessimisme par rapport à sa vie actuelle, d’échec par rapport à sa vie passée. A cela s’ajoute très souvent un sentiment d’impuissance, d’inutilité. Et dans les cas les plus sévères, la personne est complètement inapte ou a de grandes difficultés à faire toutes ces choses qui font partie d’une vie normale. Elle se sent dans un état pire que ce qu’elle a jamais ressenti, pire que de perdre l’être qu’elle a de plus cher au monde. » La dépression, c’est ressentir au moins 4 de ces symptômes, tous les jours !
– Oui, mais…
– Pas de mais ! Le suicide, c’est pas un acte de libre-arbitre qu’on accomplit sans la moindre hésitation ! On est plus au temps des romains ou des samouraïs ! Et encore, on ne retient que ceux des personnages les plus importants ! Parce que c’est pas grandiose, un suicide, seulement triste ! Et la dépression, c’est comme une pente subtile et sournoise qui nous éloigne progressivement de l’espoir et du bonheur, et nous amène dans un monde froid et obscur, où finit par s’installer, s’incruster l’idée comme quoi en finir serait peut-être la meilleure, ou la seule chose à faire ! C’est une épidémie mondiale, qui se propage parce que c’est une maladie mal connue, mal compris et mal traitée ! Prendre des cachets, c’est bien gentil, mais c’est pas ça qui va faire changer ce monde merdique !
– …
– Donc cette idée comme quoi le suicide « c’est pas bien, t’as pas honte, t’es qu’un égoïste, tu penses pas à tous ceux autour de toi à qui tu vas faire du mal », ou pire, que c’est comme insulter Pépé dans le ciel dont on a toujours pas la moindre véritable preuve d’existence, ça doit changer ! Oui, le suicide n’est pas la solution, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut autant le culpabiliser ! Si on travaillait un peu plus sur le bonheur commun plutôt que de ne penser qu’à son cul et à gagner un max de fric, ça irait peut-être un peu mieux pour tout le monde et ça donnerait moins de raison aux gens de le faire ! Bordel ! »

Après ce coup de gueule, le Pyro-Barbare m’applaudit poliment, tandis que nous reprîmes notre chemin dans le silence de Virgile.

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1) La série d’actions, qui était supposée permettre de voir Lara Croft nue dans Tomb Raider II, ne mène en réalité qu’à l’explosion de l’héroïne en une gerbe de sang, et ses membres explosent à leur tour en touchant le sol. A ne tester qu’après avoir sauvegardé~

2) George Bryan Brummell, dit « Beau Brummell » (1778-1840), un pionnier du dandysme britannique durant la Régence anglaise. il avait hérité à sa majorité en 1799, de son père mort cinq ans auparavant, d’une fortune de plus de trente mille livres qu’il engloutira pour la plupart dans les vêtements, le jeu et un mode de vie ruineux. Le 16 mai 1816, criblé de dettes, il quitte Londres pour rejoindre Douvres d’où il prend un bateau pour Calais, afin d’échapper à la prison pour dettes à la suite de la demande de paiement intégral des milliers de livres qu’il devait à ses créanciers qui le harcelaient.

3) Halsey Minor (1964-), est un entrepreneur technologique qui fonda en 1993, CNET Networks, Inc. Cette entreprise, basée à San Francisco en Californie, possède notamment les sites web CNET et Download.com qui traitent de micro-informatique, d’Internet mais aussi de nouvelles technologies. CNET prit de la valeur jusqu’à ce qu’il le cède pour 1,8 milliard de dollars en 2008 au groupe de télévision CBS, ce qui lui aurait rapporté à titre personnel 200 millions de dollars selon l’agence Bloomberg. Ensuite, il dilapida sa fortune dans des investissements immobiliers (comme une réplique du château de Versailles en ) et des achats d’œuvres d’art. Avant même cette vente, sa fortune avait déjà été amputée après un divorce qui lui a coûté plus de 100 millions de dollars. Cinq ans plus tard, en 2013, il se déclare en faillite, et aurait contracté des dettes comprises entre 50 et 100 millions de dollars à 60 créanciers différents alors qu’il ne possède qu’entre 10 et 50 millions de dollars d’actifs.

4) Le Prince Pondicherry est un prince qui vit en Inde. Il apparaît dans le troisième chapitre du livre « Charlie et la chocolaterie« , quand Papy Joe raconte une histoire à Charlie. Dans l’histoire, Willy Wonka lui fait un palais de chocolat en Inde, qui fond à cause de la chaleur locale. Il est absent de la version de film de 1971, mais fait une brève apparition dans le film de Tim Burton. Son histoire correspond alors à celle du livre, sauf pour la représentation de sa femme, et affirmant que le prince demanda un deuxième palais, mais a été refusé. (Techniquement, on ne sait pas s’il finit ruiné, mais s’il continue à dépenser ses thunes de cette façon, ya quand même de bonnes chances)

5) François Vatel (1631-1671), est un pâtissier-traiteur, intendant, et maître d’hôtel français, successivement au service de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV, et du prince Louis II de Bourbon-Condé. Ce fut un grand organisateur de fêtes et de festins fastueux d’exception au château de Vaux-le-Vicomte puis au château de Chantilly sous le règne de Louis XIV. Le matin du 24 avril 1671, il attendait désespérément la livraison de la pêche du jour. Estimant que cela lui ferait perdre son honneur et sa réputation, il se jeta à trois reprises sur une épée,  passant par la suite à la postérité.

6) Ernest Miller Hemingway (1899-1961), est un écrivain, journaliste et correspondant de guerre américain. Il a participé à la guerre 14-18, au débarquement de Normandie et à la libération de Paris, et prit position en faveur de la Guerre civile espagnole en tant que journaliste.
Son style d’écriture, caractérisé par l’économie et la litote, a influencé le roman du XXème siècle, comme l’ont fait sa vie d’aventurier et l’image publique qu’il entretenait. Il a écrit la plupart de ses œuvres entre le milieu des années 1920 et le milieu des années 1950, et sa carrière a culminé en 1954 lorsqu’il a remporté le prix Nobel de littérature («pour le style puissant et nouveau par lequel il maîtrise l’art de la narration moderne, comme vient de le prouver « Le Vieil Homme et la Mer »»).
Ses romans ont rencontré un grand succès auprès du public du fait de la véracité avec laquelle il dépeignait ses personnages. Plusieurs de ses œuvres furent élevées au rang de classiques de la littérature américaine. Il a publié sept romans, six recueils de nouvelles et deux œuvres non romanesques de son vivant. Trois romans, quatre recueils de nouvelles et trois œuvres non romanesques ont été publiés à titre posthume.
Atteint de diabète et devenant aveugle, il se suicide en 1961. Le dossier médical d’Hemingway, montre qu’il souffrait d’hémochromatose (une maladie génétique qui provoque de sévères dommages physiques et mentaux). Cette maladie pourrait expliquer les nombreux suicides dans la famille Hemingway (son père, son frère, sa sœur et sa petite-fille Margaux Hemingway).

7) Thích Quảng Đức (1897-1963), est un bonze vietnamien qui s’est immolé en 1963 à Saigon pour protester contre l’oppression envers les bouddhistes mené par le président catholique Ngô Đình Diệm. La photographie du moine en train de flamber fit le tour du monde et suscita l’émoi de la communauté internationale, tout en valant le prix Pulitzer au photographe, Malcolm Browne.
Le moine resta de marbre pendant sa combustion, et après sa mort, son cœur ayant résisté aux flammes fut conservé dans un reliquaire, ce qui fut interprété comme le symbole de la compassion et a conduit les bouddhistes à le vénérer comme un bodhisattva, augmentant l’incidence de sa mort sur la conscience collective.
Son geste augmenta la pression internationale sur le président Ngô Đình Diệm et le conduisit à des réformes ayant pour but d’apaiser les relations avec la communauté bouddhiste. Cependant, les réformes promises ont été mises en œuvre lentement, voire pas du tout, conduisant à une détérioration de la situation. Finalement, Ngô Đình Diệm, fut assassiné à Cholon le 2 novembre 1963 lors d’un coup d’état.
L’auto-immolation de Thích Quảng Đức est largement considérée comme le point tournant de la crise bouddhiste au Viêt Nam qui a conduit à la période dite de la « Deuxième phase » dans la République du Viêt Nam de 1963 à 1973.

8) L’histoire des 47 rōnin (= samouraï sans maître) est l’archétype de l’histoire japonaise classique, correspondant à de véritables faits historiques : en 1701, le daimyo (maître) Naganori Asano est condamné au seppuku (suicide rituel) pour avoir blessé Yoshinaka Kira (1641-1703), maître des cérémonies de la maison du shogun, qui l’avait insulté.
Désormais sans maître, les 47 rōnin décident de le venger en tuant Kira. Après avoir patiemment attendu et planifié l’attaque pendant près de deux ans, l’attentat a lieu le 14 décembre 1702 (en respectant le calendrier japonais). Les 47 furent eux aussi condamnés au seppuku pour meurtre et s’exécutèrent le 4 février 1703. Ils connaissaient tous les conséquences de leur acte et c’est pour cette raison que leur action est considérée comme particulièrement honorable.
Quelque peu enjolivée, cette histoire a trouvé sa place dans la culture populaire japonaise, par les valeurs de loyauté, de sacrifice, de dévouement et d’honneur dont tout Japonais était censé s’inspirer dans sa vie quotidienne. Cette popularité a connu un regain avec la rapide modernisation de l’ère Meiji, qui bousculait les traditions, et où beaucoup de gens cherchaient à y retrouver une part de leurs racines perdues.
Le drame des 47 rōnin devient l’un des thèmes favoris de l’art japonais (théâtre kabuki et bunraku, littérature classique et manga, ukiyo-e (= estampe), cinéma et télévision), et connaîtra plus tard un certain succès artistique même en Occident.

9) La dépression est caractérisée par un ensemble de symptômes, concernant des troubles de l’humeur, mais aussi du fonctionnent corporel et cognitif. Afin d’établir le diagnostic de dépression, il faut la présence d’un certains nombres de ces signes en fonction du type de dépression. Il existe neuf symptômes majeurs dans la dépression décrits par le DSM-IV :
1) Humeur dépressive (sentiment de tristesse ou de vide présent presque tous les jours et toute la journée, sans motif précis, pouvant être accompagné d’un sentiment de désespoir). 2) Diminution de l’intérêt (désintérêt marqué pour la quasi-totalité des activités, même celles auparavant aimées). 3) Evolution du poids (perte de poids significative [car plus d’appétit] ou prise de poids importante [pour tenter de combler le sentiment de vide par la nourriture]). 4) Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie). 5) Evolution de comportement psychomoteur (gestes lents, débit de parole lent, voire digestion lente, ou au contraire, agitation du sujet). 6) Fatigue (sentiment quasi-permanent + manque d’énergie rendant difficile le commencement et maintien d’une activité. Lié aussi aux pbs de sommeil). 7) Sentiment de dévalorisation (dévalorisation excessive et/ou sentiment de culpabilité importante le plus souvent en dehors de toute réalité). 8) Troubles cognitifs (diminution de la capacité de raisonnement, difficultés de concentration et de positionnement entraînant une incapacité à prendre des décisions). 9) Idées noires (peuvent concerner la personne elle-même ou d’autres personnes, par rapport à des idées récurrentes de mort ou de suicide. Peut imaginer des scénarios de suicide).
Pour pouvoir parler de dépression et donc de maladie, il faut que ces perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées ; qu’elles se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période supérieure à deux semaines ; qu’elles entraînent une gêne importante dans un ou plusieurs domaines de la vie quotidienne (difficulté ou incapacité de se lever, d’aller à son travail, de sortir faire ses courses…).

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Entre 800 000 et 1 000 000 de personnes se suicident chaque année ces dernières années (soit une toutes les 30-40 secondes), et sur ce nombre, au moins 10 000 seraient dus à la dépression (même si c’est sûrement +, car les gouvernements/médias ne communiquent pas forcément les vrais chiffres et les rapports légaux peuvent se tromper sur les raisons du suicide).
L’OMS (Organisation mondiale pour la Santé) estime que les troubles dépressifs représentent le 1er facteur de morbidité et d’incapacité sur le plan mondial (communiqué de mars 2017). Ainsi, on compte plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrant de dépression soit une augmentation de plus de 18 % de 2005 à 2015. Elle touche tous les âges (mais surtout les 20-25 ans, les 45-50 ans et les >70 ans), tous les pays (80 % des dépressifs vivent dans des pays à faible ou moyen revenus), et tous les sexes (risque multiplié par 2 chez les femmes).
En France, 9 millions de personnes (soit 1 habitant sur 7) ont été ou seront victime d’une dépression dans leur vie. Il y aurait aujourd’hui 3 millions de patients dépressifs en France, pays champion de la consommation d’antidépresseurs.
Seulement 50 % des malades sont soignés. Le manque de moyens, la pénurie de psychiatres/psychologues qualifiés, la peur du patient ou encore des erreurs de diagnostics ne permettent pas à l’ensemble des malades de bénéficier de soins et traitements efficaces pour combattre la dépression. Dans les pays à faible revenu, on compte 0,05 psychiatre et 0,42 infirmier spécialisé pour 100 000 habitants alors qu’il y en a respectivement 170 et 70 fois plus dans les pays à revenu élevé. 3 % en moyenne des budgets publics dans le monde sont consacrés à la santé mentale. Il peut-être d’1 % seulement dans les pays à faible revenu et atteindre les 5 % pour les pays les plus riches.

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Les causes de la dépression sont classées dans 4 catégories :
– Les facteurs biologiques -> Insuffisance de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine, noradrénaline), dérégulant et diminuant principalement le système émotionnel, les réactions énergiques et les réactions émotionnelles ; Insuffisance d’acides gras polyinsaturés : oméga-3 (production de neuromédiateurs, en particulier la sérotonine) ; Système immunitaire déréglé et affaibli.
– Les facteurs socio-démographiques -> Le genre (risque d’apparition de la dépression environ deux fois plus élevé chez la femme) ; L’âge (le pourcentage varie en fonction des tranches d’âge : 6,4 % chez les 15-19 ans, 10,1 % chez les 20-34 ans, 9 % chez les 35-54 ans, 4,4 % entre 55 et 85 ans + 2,1 à 3,4 % chez l’enfant et 14 % chez l’adolescent) ; Le statut marital (en couple (si pb dans celui-ci) ou célibataire) ; Le statut socio-économique (le fait de vivre seul, d’avoir subi des violences (violences sexuelles ou agressions), ou encore de consommer quotidiennement du tabac serait fortement associé au risque d’épisode dépressif caractérisé (EDC), autant chez l’homme que chez la femme. Chez la femme, le fait d’être au chômage augmente également la probabilité de survenue d’un EDC. En revanche, chez l’homme, le niveau de revenu et la situation professionnelle ne sont pas associés à l’apparition d’un EDC).
– Les facteurs contextuels -> les événements liés aux pertes (décès d’un proche) et séparation (divorce) sont davantage en lien avec le développement d’une dépression ; Des mauvaises conditions de vie au travail peuvent être des facteurs déclencheurs (travail stressant, discriminations diverses / sentiment d’injustice, harcèlements, fatigue professionnelle intense allant jusqu’à l’épuisement (burn out)).
– Les facteurs liés à l’histoire personnelle -> dépression parentale ou interaction mère dépressive-enfant peut impacter mentalement l’enfant ; la maltraitance des enfants (physiques, psychiques ou abus sexuels) fait passer leur probabilité d’être victimes d’un épisode dépressif à 1/4 au lieu d’1/5.
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Ses conséquences sont également variées et graves, et impactent plus que la personne dépressive elle-même : taux de divorce augmenté, plus souvent de troubles psychiques chez les enfants qui vivant avec un parent souffrant de dépression, risque de perte d’emploi (licenciement, rupture de CDD ou incapacité de travail), désinsertion sociale, éloignement avec la famille et les amis et repli sur soi, tensions familiales/de couple, troubles sexuels (troubles érectiles, perte de plaisir, désintérêt), perte ou prise de poids (jusqu’à l’anorexie ou la boulimie) ;
Lien avec les maladies psychosomatiques (dont la cause est inexpliquée médicalement), les maladies cardiovasculaires (cœur, infarctus et angines de poitrine), diabète (problèmes d’hygiène de vie + traitements conséquents à la dépression), maladies infectieuses (comme le VIH, à cause de comportements sexuels à risque chez certaines personnes dépressives).
Le suicide concerne 5 à 20% des personnes dépressives.
La perte économique mondiale relative au manque de reconnaissance et d’accès aux soins de la dépression ou autre trouble mental courant comme l’anxiété, se chiffrerait à 1000 milliards de dollars US par an pesant sur les familles, les employeurs et les gouvernements.
(sources : doctissimo.frinfo-depression.fr et la-depression.org)

10) En vrac, on peut citer :
Kurt Cobain (1967 – 1994), chanteur et guitariste du groupe Nirvana : suicide d’une balle dans la tête associée à une triple dose mortelle d’héroïne.
Peter William Ham (1947 – 1975), chanteur, guitariste et compositeur du groupe Badfinger : suicide par pendaison.
Ian Curtis (1956 – 1980), chanteur et auteur du groupe Joy Division : suicide par pendaison.
Per Yngve Ohlin (alias Dead) (1969 – 1991), chanteur de black metal suédois, membre des groupes Mayhem et Morbid : suicide d’une balle de fusil dans la tête après s’être lacéré à plusieurs reprises les poignets avec un couteau.
Ingo Schwichtenberg (1965 – 1995), un des membres fondateurs du groupe allemand de power metal Helloween : suicide en sautant sous une rame de métro.
Vincent van Gogh (1853 – 1890), peintre et dessinateur néerlandais : suicide par tir d’une balle de revolver dans la poitrine (mais doute).
Robin Williams (1951 – 2014), humoriste et acteur américain : suicide par pendaison avec une ceinture.
Marilyn Monroe (1926 – 1962), actrice et chanteuse américaine : « suicide probable » dû à un surdosage accidentel de barbituriques (mais gros doutes)
Nino Ferrer (1934 – 1998), chanteur, auteur et compositeur italo-français : suicide par tir d’une balle dans le cœur.
Bernard Buffet (1928 – 1999), peintre français expressionniste : suicide par asphyxie, étouffé dans un sac en plastique noir sur la surface duquel son nom était imprimé avec sa calligraphie particulière.
Romain Gary (1914 – 1980), aviateur, diplomate et romancier français, de langues française et anglaise : suicide par tir de balle de revolver dans la bouche.
John Kennedy Toole (, écrivain américain (qui se suicida par déception de ne pas être publié, et qui connut le succès après sa mort) : suicide par asphyxie, en reliant l’habitacle et le pot d’échappement de sa voiture.
Alexander McQueen (1969 – 2010), créateur de mode britannique : suicide par pendaison. Comme il était ouvertement homosexuel, il faudrait cependant peut-être le mettre dans le prochain giron…
Achille Zavatta (1915 – 1996), homme de cirque français : suicide par tir d’une balle dans la tête.

On peut aussi évoquer le « club des 27« , le nom donné à un regroupement d’artistes influents du rock et du blues morts à 27 ans (certains cités ci-dessus), même si la plupart ne sont pas mort de suicide mais d’overdoses d’alcool et/ou drogues probablement involontaires.

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