Vieilles théories obsolètes et farfelues, ou Quand l’Homme tente d’expliquer des trucs avec les moyens du bord (ou qu’il n’y connaît rien)

Depuis l’aube de l’humanité, l’Homme a tenté de comprendre et d’expliquer toutes sortes de phénomènes du monde dans lequel il vivait : pourquoi y a-t-il un jour puis une nuit ? A quoi ressemble notre planète et ce qui l’entoure ? Comment peut-on différencier les animaux ? De quoi sont composés les objets à la base ? D’où vient le mal ? Qu’y a-t-il après la mort ? etc.
En revanche, sa soif de connaissances et de recherches a toujours été limitée par les moyens techniques à sa disposition… et ses connaissances accumulées. Alors, autant certains se sont bien débrouillés et ont découvert/inventé des concepts toujours en application aujourd’hui (en agriculture, astronomie, physique, génétique, géométrie, sociologie…), autant d’autres ont avancé des théories avec ce qu’ils avaient sous la main, c’est à dire pas grand-chose (concepts religieux, logique simple, stéréotypes/croyances, légendes…), et ça a donné des trucs vraiment bancals, qui ont parfois perduré pendant des siècles avant qu’on ne se rende compte que c’était complètement idiot.

Voici donc un petit florilège de ces théories et croyances d’un autre âge :

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– La mythologie a permis à nos ancêtres (grecs, romains, mais aussi indiens, aborigènes, africains…) d’expliquer avec des histoires des concepts qui les dépassaient : ainsi, chez les grecs le dieu Hélios s’élançait dans le ciel sur son char tiré par quatre chevaux blancs et rapides pour faire briller le Soleil sur le monde, et arrivait le soir au pays des Hespérides, à l’ouest, où se trouvait un autre palais puis revenait au point de départ. Mais dans la mythologie hindoue, il s’agit d’un éternel combat entre Indra, le taureau du Soleil, face à Vritra, l’Adversaire, Loup de la Nuit. Sans répit, le Loup menace les troupeaux du Soleil. Chaque fois qu’il prend le dessus, c’est la nuit qui tombe sur le monde. Il faut toute la hardiesse d’Indra pour qu’au matin, le sort change de camp et que se lève un jour nouveau.

Mais ça, c’est juste une légende servant d’explication parmi des centaines d’autres :
> Prométhée qui a donné le feu aux hommes car lors de leur création après les animaux (par Épiméthée), il ne restait plus rien à leur donner pour se défendre, vu que les cornes, carapaces, griffes… avaient été déjà distribué (mythologie grecque, en réponse à « Pourquoi les hommes valent rien en 1 vs 1 tout nu contre la plupart des animaux ?« ) ;
> Le Ragnarök est une fin du monde prophétique comprenant une série d’événements dont un hiver de trois ans sans soleil (Fimbulvetr), suivi d’une grande bataille (où la majorité des divinités, des géants et la quasi-totalité des hommes mourront) et une série de désastres naturels (monde submergé par les flots et détruit par les flammes). Une renaissance suivra, où les dieux restants rencontreront Líf et Lífþrasir, seul couple humain survivant et appelés à repeupler le monde. (mythologie nordique, en réponse à « Qu’est-ce qui se passera à la fin du monde ? (et est-ce que ça sera bien badass ?!?)« )
> Les hommes sont destinés à servir les dieux par leur travail, leur fournissant de la nourriture, des boissons et plus largement tout ce qui sert à les entretenir par le biais du culte ; les dieux principaux guident la vie humaine, lui offrant savoirs et techniques, et décidant de ses destinées. (mythologie mésopotamienne, en réponse à « A quoi on sert, au fait ? Et pourquoi faut sacrifier par le feu tous ces pains sans levain recouverts de miel, ce sel et ce beurre, ces agneaux et chevreaux, ces sauces… ? Parce que ça pousse pas sur les arbres, hein, pis c’est long et chiant à produire, alors ça serait bien que ça soit pas juste pour faire joli ou satisfaire vos délires chelous pyromaniaques.« )
(D’ailleurs, rien qu’à Uruk (une des agglomérations majeures de la civilisation mésopotamienne), il fallait quotidiennement pour le dieu Anu, à qui l’on offrait quatre repas par jour, plus de 60 moutons et 540 litres de grain.)
Sans oublier les histoires de « messages des Dieux » qu’on essayait d’interpréter : malformations des nouveaux-nés, divination, spiritisme, prières… Evidemment, ça n’a jamais rimé à rien : ce n’est pas parce qu’on voit des oiseaux voler vers la gauche ou qu’un animal sacrifié avait le foie tordu qu’on peut prévoir le futur.

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Tout ça pour dire que juste avec un peu d’imagination et du talent pour raconter des histoires, l’homme s’est auto-expliqué des trucs pour combler sa curiosité et diminuer sa peur des inconnues de ce monde. Car les théories basées sur la religion, c’est bien gentil, mais les gens devaient quand même se douter que c’était un peu facile, comme quand on invente des explications à un gamin curieux sur un sujet qu’on ne maîtrise pas pour qu’il nous lâche la grappe et qu’il soit plus ou moins satisfait en attendant d’avoir la vérité un jour (« Pourquoi le ciel est bleu ? Euh… pfff… c’est parce que la mer s’y reflète. Voilà, maintenant va jouer.« ).
Mais ce n’était que l’entrée, et nous arrivons maintenant au plat de résistance.

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Le géocentrisme est la théorie prônant une Terre au centre de l’Univers. Elle est fixe et tout tourne autour d’elle : la Lune, le Soleil, les étoiles, les autres planètes… Elle date de l’Antiquité et a été notamment défendue par Aristote et Ptolémée, et perdura jusqu’à la fin du XVIe siècle.
Du coup, vu que la Terre est au milieu et que tout tourne autour, les savants se sont emmerdés à imaginer et calculer des trajectoires pour expliquer ce qu’ils observaient dans le ciel :
> Les philosophes pythagoriciens (fin du VIe siècle av. J.-C.) imaginent une Terre sphérique et dix sphères concentriques portant les différents astres. La dixième sphère est celle qui porte les étoiles.
> Platon voit la Terre comme une sphère au centre de l’univers, entourée d’une sphère d’eau (épaisseur 2 rayons terrestres), d’une sphère d’air (épaisseur 5 rayons terrestres), et d’une sphère de feu (épaisseur 10 rayons terrestres). Les étoiles se trouvent dans la partie supérieure de la sphère de feu (soit à 18 rayons terrestres) alors que les 7 planètes évoluent dans une région intermédiaire. Toutes ces sphères tournent de manière uniforme autour d’un même axe.
> le savant grec Eudoxe de Cnide imagine 27 sphères concentriques mais ne tournant pas suivant le même axe, ce qui permet d’expliquer les différences de latitude des planètes.
> Ptolémée, au IIe siècle, marque le sommet de l’évolution de la science astronomique de l’antiquité, car aucune théorie nouvelle ne le remettra en question avant la Renaissance. Ptolémée perfectionne la théorie des épicycles, effectue un travail d’observations, de calculs et de compilation de résultats antérieurs, laissant une œuvre en 13 volumes sur l’astronomie appelée la Grande Syntaxe. Traduite en arabe et diffusée sous le nom d’Almageste, cette œuvre aura une influence considérable sur l’astronomie des siècles suivants. Elle décrit notamment en détail les mouvements des planètes dans le modèle géocentrique.

Géocentrique
L’Univers géocentrique de Cosmographicus Liber (1539). Regardez-moi ce bordeyl cosmique. Le Soleil est entre Mars et Vénus. Après Saturne, on a les étoiles et constellations, le « ciel cristallin » et le « Premier Mobile » (la sphère du ciel bougée par les anges qui donne le mouvement au reste). Et à l’extérieur, on a le « ciel empyréen, demeure de Dieu et des élus », immobile, qui englobe le tout.
(Pour rire sur les savants qui se sont arrachés les cheveux à vouloir faire des cartes géocentriques avec les mois/saisons/constellations/éléments/planètes/etc. tout en respectant la religion (par rapport à la création du monde expliquée dans la Genèse) et les croyances philosophiques, je vous conseille de regarder les cartes à cette adresse : http://www.laboiteverte.fr/geocentrisme-terre-centre-univers/ )
(et pour le point Aristote (qui raconte décidément beaucoup de conneries), c’est lui qui a introduit la spéculation comme quoi la Voie lactée ne serait qu’un « phénomène atmosphérique infralunaire » (donc une sorte de « nuage spatial » entre la Terre et la Lune), croyance qui perdurera jusqu’au Moyen ge. Merci de faire avancer le schmilblick, mec.)

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Au final, beaucoup d’encre a coulé et de neurones ont été détruits pour qu’on se rende compte au final que c’était trop foireux : les Égyptiens furent les premiers à comprendre que la Terre était ronde. Si notre planète avait été plate nous aurions pu voir, du milieu d’un océan, les plus hautes montagnes d’un continent. Un navire voguant vers l’horizon paraîtrait simplement rapetisser si la Terre était plate ; en réalité, la coque disparaît avant le sommet des mâts.
Il fallut attendre Copernic pour que des scientifiques s’attachent à démontrer les erreurs de Ptolémée, des astronomes comme Halley l’accusant même de n’avoir voulu observer que ce que sa théorie demandait, allant jusqu’à passer sous silence tout ce qui contrevenait à la démonstration de sa théorie.
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Ainsi est apparu l’héliocentrisme, qui prévoit que la Terre tourne autour du Soleil. Dès le IIIème siècle avant JC., Aristarque de Samos est le premier à parler d’héliocentrisme, mais à cause de raisons religieuses (la position centrale de la Terre est une croyance très prégnante chez les Grecs), de nombreuses imprécisions et la force des préjugés de son époque, son hypothèse est rapidement tombée dans l’oubli.
Copernic (1473-1543) est le premier qui contredira Ptolémée en affirmant que la Terre tourne autour du Soleil. Il démontrera aussi que la taille de l’orbite d’une planète influe sur le temps qu’elle mettra pour faire sa révolution autour du Soleil (+ l’orbite d’une planète est grande, + cette planète mettra de temps pour faire sa révolution autour du Soleil).
Le système de Copernic permettra d’expliquer de nouvelle choses : le mouvement journalier du Soleil et des étoiles par la rotation terrestre ; le mouvement du Soleil ; les mouvements des planètes externes (Mars, Jupiter, Saturne) et internes (Mercure et Vénus).
Galilée (1564-1642), un des premiers à utiliser la lunette astronomiques (avec laquelle il découvrit les cratères de la Lune, ainsi que les quatre plus gros satellites de Jupiter (lunes galiléennes)), est entre autres connu pour avoir défendu la conception du monde mise au point par Copernic, face à une Eglise intransigeante sur la véracité du modèle géocentrique. Elle va même jusqu’à censurer la théorie le 26 février 1616 (ratifiée par l’Inquisition et par le pape Paul V) dans un arrêté qui s’étend à tous les pays catholiques, puis à placer Galilée en résidence surveillée à partir de 1633 (pour « avoir tenu et cru la doctrine fausse et contraire aux Saintes-Écritures que le soleil est le centre du monde » ainsi que « d’avoir tenu et cru qu’une doctrine qui a été déclarée et définie contraire aux Saintes-Écritures peut encore être tenue et défendue comme prouvable« ) jusqu’à sa mort en 1642.
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Enfin, la publication en 1687 par Isaac Newton du premier volume de son Philosophiae Naturalis Principia Mathematica, incluant les lois connues aujourd’hui comme les trois lois du mouvement de Newton, ainsi que la loi universelle de la gravitation et le principe de relativité, finissent d’enterrer le géocentrisme. Ces nouvelles lois prédisent le mouvement de tout corps en fonction des forces qui s’exercent sur lui, et sont capables de prévoir les trajectoires des comètes comme les dates des éclipses, proposant un cadre physique à tous les mouvements cosmiques sans intervention d’autres forces. Elles sont utilisées dès lors et jusqu’à aujourd’hui pour la quasi-totalité des calculs en mécanique (sauf quand on a parfois besoin de la relativité ou de la mécanique quantique).

Bien sûr, ce fut le premier pas avant qu’on n’élargisse et ne complète cette théorie : Halley et Kant confirmeront au XVIIIe siècle l’idée plus moderne que le Soleil n’est que le centre du système solaire, un point fixe autour duquel s’organise le système, au sein de la Galaxie. Et en 1929, Hubble placera notre Galaxie (la Voie lactée), parmi d’autres galaxies, élargissant les dimensions de l’Univers, ce qui implique inévitablement l’expansion de l’Univers, hypothèse déjà émise dans les travaux d’Einstein.

La théorie du galactocentrisme, émise en 1785 et prouvée incorrecte en 1918, voulait que la Voie Lactée soit une galaxie en forme de disque séparée avec le soleil en son centre. Même si elle était fausse, ce fut toutefois une première étape dans le développement des modèles cosmologiques avec l’idée de l’existence d’autres galaxies, comparables en taille et en structure à la nôtre, ce qui retirait à la Terre son statut de planète exceptionnelle, et la plaçait dans sa juste perspective par rapport au reste de l’univers.

Au final, cela donne ceci : la Terre tourne autour du Soleil. Le Soleil se trouve dans le Nuage interstellaire local de la Bulle locale, près du côté intérieur du bras spiral d’Orion. Il tourne autour de la Voie Lactée, qui se déplace dans le Groupe local (amas de galaxies), lui-même rattaché au superamas de la Vierge, englobé dans l’ensemble encore plus vaste nommé Laniakea (groupe de 3 superamas). Laniakea mesure 520 millions d’années-lumière, soit environ 4% du diamètre de l’univers total observable.
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Oui, c’était long et compliqué, et je me suis un peu laissé emporté, mais chut, vous apprenez des choses.

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La théorie des éléments est à l’origine une hypothèse de certains philosophes grecs présocratiques et notamment d’Empédocle au Ve siècle av. J.-C., selon laquelle tous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre éléments : le feu, l’eau, la terre et l’air (oui, comme dans Avatar. Non, pas celui avec les aliens bleus). Aristote rajoutera plus tard l’éther (aussi appelé quintessence), élément composant les astres. Entre temps, Démocrite (~-460 – ~-370) inventait la théorie des atomes comme briques élémentaires de la matière…
A noter aussi que cette théorie de plusieurs éléments universels de base au monde existe aussi dans l’hindouisme (mahābhūta => terre, eau, feu, vent et espace), le bouddhisme (mahābhūta ou dhātu => terre, eau, feu, vent, espace et esprit), la culture traditionnelle japonaise (le godai => terre, eau, feu, vent et espace) et la culture chinoise + en Corée et au Japon (les wuxing => métal, bois, eau, feu et terre).
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Le Feu est chaud, l’Air est froid, l’Eau est humide, la Terre est sèche, selon le médecin sicilien Philistion, contemporain de Platon. C’est ce qu’on appelle les 4 qualités élémentaires. Ainsi, chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces éléments, en plus ou moins grande quantité. Ce qui expliquerait le caractère plus ou moins volatil, chaud, froid, humide, ou sec de chaque matière. La théorie repose sur des arguments philosophiques et spéculatifs.
Aristote, qui est un peu chiant, choisit plutôt d’associer deux des quatre qualités élémentales (Chaud, Froid, Sec et Humide) à chacun des quatre Éléments : Feu sec chaud, Air chaud humide, Eau humide froide, Terre froide et sèche (De la génération et de la corruption).
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Ce schéma des 4 éléments et des 4 qualités a été décliné dans toutes sortes de domaines : > cosmologie : les histoires des sphères d’eau, d’air et de feu entourant la Terre, qu’on a vu tout à l’heure. ;
> biologie : les êtres vivants sont classés en quatre règnes : minéral, végétal, animal, humain. Les animaux sont hiérarchisés suivant l’élément auxquels ils se rapprochent le plus, et sont considérés + ou – nobles selon lequel c’est : feu > air > eau > terre (car le feu va vers le Ciel, donc Dieu, et la terre est proche de l’Enfer, donc le Diable). ;
> médecine : (voir la théorie des humeurs en-dessous)
> diététique : même classement des fruits/légumes/viandes/épices/autres selon le même principe, par rapport aux éléments auxquels ils se rapprochent.
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Classification des qualités des aliments en quatre degrés pour chacune d’entre elles d’après la théorie des humeurs d’Hippocrate revue par Galien (qui a rajouté les degrés, de 1 à 4). Ça ne rime à rien, sérieux… Surtout que les savants/médecins ne s’accordent même pas sur la procédure à suivre pour rester en bonne santé : certains recommandent à leurs patients de consommer des aliments qui correspondent à leur tempérament, mais d’autres médecins conseillent de manger des aliments qui sont contraires au tempérament. ;
> climatologie : encore une fois, il est dit que l’Est est chaud et humide, le Sud chaud et sec, le Nord froid et sec, et l’Ouest froid et humide. Bien sûr, cela est centré sur l’Europe, du fait de l’origine grecque de la théorie, et ne veut rien dire ailleurs. Cela est aussi censé correspondre au tempérament des peuples selon leur situation géographique : les peuples méridionaux seraient colériques, les peuples septentrionaux mélancoliques, les peuples orientaux sanguins et les occidentaux flegmatiques. Le froid est censé vivifier le corps, tandis que la chaleur amollit (ça me rappelle ceci), mais la biologie moderne infirment ces stéréotypes -> le froid, en abaissant la température corporelle facilite l’endormissement, alors que l’élévation de la température corporelle facilite l’éveil.
> structuration du temps : chacune des quatre saisons des zones tempérées correspond à l’un des éléments classiques : le printemps est chaud et humide comme l’air, l’été chaud et sec comme le feu, l’automne froid et sec comme la terre, l’hiver froid et humide comme l’eau. Même chanson pour les différents âges de la vie : l’enfant a la complexion du printemps (chaud et humide), l’adolescent celle de l’été (chaud et sec), l’homme mûr celle de l’automne (froid et sec), et le vieillard celle de l’hiver (froid et humide) (mais parfois celles des deux derniers sont inversées…).
> alchimie : l’élément air est associé à la couleur blanche (et un peu le bleu céruléen) et au sacré en général + l’esprit ; l’élément feu est associé à la couleur rouge et au sang en général + la guerre/les combats ; l’élément eau est associé à la couleur verte (et vaguement des nuances de bleu) et âmes en général ; l’élément terre est associé à la couleur noire et diverses couleurs foncées et aux mondes ouvrier (+ productivité) et agricole (+ fertilité).
> physique moderne : éventuellement, on peut rapprocher les 4 éléments des 4 états de la matière -> solide (terre), liquide (eau), gazeux (air) et plasmatique (feu, même si ce n’est pas un plasma). En revanche, la physique a non seulement prouvé la théorie de l’atome, mais a aussi montré que des transmutations (fission nucléaire) existent bien dans la nature, ce qui était considéré comme impossible au vu des connaissances jusqu’au XIXe siècle. Eh oui, la radioactivité naturelle, tout ça, ça existe pas par la magie de l’éther ou des légumes mouillés.

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Mais concentrons-nous sur la partie de la médecine : une théorie, popularisé par le médecin grec Hippocrate (~-460 – ~-370), appelée théorie des humeurs, était une des bases de la médecine antique.
On attribue au corps d’être une version miniature de l’univers, donc constitué des quatre éléments fondamentaux (air, feu, eau et terre) possédant quatre qualités (chaud ou froid, sec ou humide). Ces éléments, mutuellement antagoniques (l’eau et la terre éteignent le feu, le feu fait s’évaporer l’eau), doivent coexister en équilibre pour que la personne soit en bonne santé. Tout déséquilibre mineur entraîne des « sautes d’humeur », tout déséquilibre majeur menace la santé du sujet.

Les éléments et qualités sont représentés par 4 fluides du corps, appelés « humeurs ». Chaque humeur est dominée par un couple de qualités :
> la bile jaune (colera en latin) est sécrétée (et recyclée) par le foie. Elle est chaude et sèche comme le feu. ;
> la bile noire/atrabile (colera nigra) est supposément produite selon les versions par la rate ou les glandes surrénales. En réalité, ce liquide n’existe pas, et a été bidouillé par besoin de symétrie (il fallait un liquide froid et sec) et par le fait que les glandes surrénales se détériorent très rapidement après la mort, produisant un liquide noirâtre, ce qui devait leur faire croire que ce liquide existait naturellement (on appelait en fait aussi « atrabile » tous les liquides noirâtres expulsés du corps par vomissements ou selles). Elle est froide et sèche comme la terre. ;
> le flegme/pituite/lymphe (flegma ou phlegma) est un liquide aqueux, d’aspect glaireux, composé de salive et de mucosités œsophagiennes. On pensait à l’époque qu’il était rattaché au cerveau (et/ou aux poumons), et la glande pituitaire (hypophyse) devait jouer le rôle de filtre de cette humidité qui pouvait s’écouler par le nez (d’où le terme de « rhume de cerveau »). Il est froid et humide comme l’eau. ;
> le sang (sanguis) est produit par le foie et reçu par le cœur (même si en réalité, c’est la moelle osseuse qui produit les cellules sanguines au cours d’un processus appelé l’hématopoïèse. Le cœur n’est qu’une pompe. Le foie reçoit les déchets métaboliques des organes par le sang, et ses globules blancs et ceux de la rate détruisent les globules rouges « morts de vieillesse »). Il contient un peu des autres humeurs, et est chaud et humide comme l’air.

Si le déséquilibre s’aggrave, il entraîne des maladies (chaudes, froides, sèches ou humides), que l’on guérit par l’administration d’un remède qui rétablit l’équilibre des humeurs : une maladie froide et humide, par exemple, requiert un remède chaud et sec (traitement par les contraires), ou encore un excès de sang sera traité par la saignée, traitement dont on usera et abusera sans discernement jusqu’aux débuts de l’époque moderne (alors que certains chirurgiens de la Renaissance s’étaient déjà rendu compte depuis longtemps que cela ne servait à rien pour de nombreux cas, notamment les ulcères (plaie de la peau allant jusqu’à la nécrose)).

Egalement, pour les anciens, la physiologie reposait sur la prédominance d’une des humeurs chez l’homme sain. Appelée complexion, elle détermine le tempérament : bilieux/colérique pour la bile jaune, sanguin pour le sang, flegmatique pour le phlegme et mélancolique/anxieux pour la bile noire. (Attention, être sanguin signifie avoir un caractère jovial, chaleureux (et gourmand)).

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Encore un tas d’idioties qui a perduré plus de mille ans pour rien, puisqu’on a découvert les atomes, les arbres phylogénétiques, les microbes/virus… Ses derniers vestiges ? Quelques expressions dans le vocabulaire courant (« être de bonne humeur », « une personne chaleureuse », « se faire de la bile »…), des praticiens de médecine Yunâni dans le sous-continent indien, des conseils de certains diététiciens, et vaguement en interprétation astrologique (« Machin a pas tourné pareil que Bidule parce qu’il était sanguin… » or whatever shit). Et plein de types morts par des traitements médicaux foireux, surtout pour les saignées en veux-tu en voilà, pour bien les vider de leur sang au lieu de vraiment les aider à se soigner.

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Trucs en vrac :

Loi de Hofacker-Sadler : une loi de la démographie du début du XIXe siècle mettant en relation que le taux de masculinité des enfants à la naissance dépendrait de l’écart d’âge entre les parents lors de la conception. Certains nazis s’y sont intéressés, voyant là une opportunité d’assurer un nombre plus élevé de naissances masculines, afin d’obtenir plus de futurs soldats du Reich.
(Evidemment, le sexe d’un nouveau-né ne dépend que du hasard, selon si le spermatozoïde arrivant à l’ovule portait un chromosome X ou Y. Les seules exceptions concernent des enfants d’astronautes/cosmonautes/spationautes/taïkonautes et de pilotes de chasse, où 4 naissances sur 5 sont de genre féminin à cause des radiations spatiales subies par leurs parents.)
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Galvanisme : le processus de création d’un courant électrique par réaction chimique d’oxydo-réduction (principe des piles électriques), qui fait aussi référence à la contraction d’un muscle stimulé par un courant électrique. L’étude moderne des effets galvaniques en biologie est appelée « électrophysiologie » tandis que le terme de « galvanisme » est employé dans des contextes historiques (le scientifique Luigi Galvani étudia l’effet de l’électricité sur des animaux disséqués dans les années 1780-90).
Le terme « galvanisme » est aussi utilisé pour décrire l’apport à la vie des organismes par utilisation de l’électricité ; De nombreux scientifiques victoriens croyaient qu’on pouvait ramener un cadavre à la vie en injectant la bonne quantité d’électricité dans son cerveau : c’est ce « fantasme » qui est illustré dans le livre de Mary Shelley « Frankenstein ou le Prométhée moderne » (1818).
(Ça n’est malheureusement pas possible : lorsque la circulation du sang s’arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir : des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d’arrêt circulatoire. Le seul moyen d’éviter ou de ralentir cette dégradation consiste à continuer d’oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler, avec des machines ou par la réanimation cardio-pulmonaire (RCP). Dès deux à trois jours après la mort, l’état de putréfaction est enclenché par les bactéries des poumons et de l’appareil digestif. Les protéines contenues dans les os se décomposent en partie pour se transformer en poussière. Alors bon courage pour réanimer un tas de viande pourrie avec des décharges électriques.)
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Rayons N : de supposés rayons censés pouvoir augmenter la luminosité d’une lumière de faible intensité. « Découverts » par le physicien français René Blondlot en 1903, il ne s’agissait en réalité que du phénomène naturel de relâchement de l’accommodation de la pupille, entraînant une plus grande entrée de lumière dans l’œil. Blondlot, malgré de précédents et brillants travaux sur la polarisation des champs magnétiques, est soupçonné par beaucoup de scientifiques d’être tombé dans le piège de l’autosuggestion, et il entraînera dans sa chute plusieurs autres savants ayant adhéré à sa théorie.
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Théorie de la masse de l’âme : une théorie foireuse bricolée par le médecin américain Duncan MacDougall en mars 1907. Après avoir pesé des patients à l’article de la mort avant et après leur décès, il aurait remarqué qu’ils avaient perdu un peu de poids. Ne trouvant pas d’explication biologique, il en conclut que c’est parce que leur âme a quitté leur corps. Il a retenté l’expérience avec 15 chiens (qu’il a probablement empoisonné), pesés encore une fois avant et après leur mort et, ne constatant pas de changement, il extrapole qu’ils n’ont pas d’âme.
Mais bon, faut dire que déjà, c’était pas très rigoureux de pondre une étude sur seulement 6 patients, dont 2 « exclus pour raisons techniques », 1 qui a perdu 21 gr avant de les regagner et 2 qui ont perdu du poids avant d’en reperdre. Bref, 15 pauvres chiens sacrifiés sur l’autel de la précipitation et des rêves de gloire vaine.
(Jusqu’à preuve du contraire, toujours pas d’observation irréfutable que les gens/animaux/autre aient une âme. Les photos bidouillées de fantômes ne comptent pas non plus. Les cathos, déso pas déso.)
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Coronium, Nébulium, Gnonium, Newtonium : les deux premiers sont des éléments chimiques dont l’existence a été un temps supposée parce qu’on remarquaient des raies d’émissions dans des spectres électromagnétiques (Soleil et Nébuleuse de l’Oeil de chat) qui ne correspondaient à rien de connu, mais c’était juste respectivement du fer hautement ionisé (Fe XIV, c’est-à-dire Fe13+) et de l’oxygène doublement ionisé (O III, càd O2+].
Le gnonium, c’était pour tenter de résoudre le problème de la masse atomique du nickel, inférieure à celle du cobalt alors que ce dernier le précède dans la tableau périodique. On a tenter de chercher son existence dans des minéraux avec du cobalt et du nickel, de déterminer son spectre et de l’isoler, mais rien de concluant. Au final, la classification des éléments chimiques par numéro atomique (par rapport au nombre de protons des éléments) résoudra l’anomalie du nickel et du cobalt.
Pour le newtonium, il vient des prédictions de Mendeleïev quand il a publié le premier tableau périodique des éléments en 1869, basé sur des propriétés qui apparaissent avec régularité en fonction de la masse des éléments : un certain nombre de cases n’était pas remplies, et il prévoyait donc l’existence de futurs éléments à découvrir ; 5 se sont avérés exacts (scandium, gallium, technétium, germanium et protactinium), et il identifia par sa théorie une dizaine d’éléments dont la masse atomique avait été déterminée de façon incorrecte, mais 10 autres éléments prévus se sont révélés faux.
Ayant des doutes sur la théorie atomique pour expliquer la loi des proportions définies (« la combinaison de 2 éléments simples en un même composé a toujours le même rapport pondéral » ; par exemple, dans l’eau pure, l’oxygène pèse le 8/9ème de la masse d’eau, contre 1/9ème pour l’hydrogène), il pensait donc qu’il existait des éléments plus légers que l’hydrogène. Le plus léger de ces éléments, l’élément x (aussi appelé newtonium), aurait une masse atomique théorique comprise entre 5,3×10−11 et 9,6×10−7 (l’hydrogène est à 1,00794) et constituerait l’éther. Pour Mendeleïev, l’élément x engendrerait également le phénomène de radioactivité par accumulation autour des éléments lourds. Malheureusement, l’éther s’est toujours révélé à la fois très difficile à appréhender et introuvable depuis son invention dans l’Antiquité, que ce soit comme forme d’air, médiateur de la force gravitationnelle, support de la lumière/ondes électromagnétiques, ou encore « composant du vide ».
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Lilith (ou lune noire) : une lune hypothétique qui fut recherchée à partir de 1846, et serait le second satellite de la Terre. Quelques scientifiques ont cru apercevoir et/ou calculer l’existence d’un tel corps, mais seuls 3 corps découverts récemment y ressemblent vaguement : des nuages de poussières aux points Lagrange L4 et L5, un astéroïde de 5 km dont l’orbite s’approche parfois de la Terre, et un météoroïde de 4 m de diamètre en 2004-2005 qui fut éjecté ensuite.
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Génération spontanée / spontéparité / hétérogénie : notion aristotélicienne (encore une fois…) tombée en désuétude, longtemps opposée au créationnisme (qui n’est pas bien plus crédible). Elle explique l’apparition de certains animaux sans besoin apparent de parents, à partir de rien (pouf !), car on voit des asticots finissant par apparaître sur la nourriture abandonnée, et des souris dans des linges restés dans des coins. Cette théorie a même été soutenue par Descartes, qui avait pourtant largement prouvé qu’il n’était pas un abruti.
Finalement, Pasteur va démontrer que la génération spontanée était impossible : il y a toujours des germes ou des œufs à l’origine des êtres vivants apparus. Dans un milieu isolé et convenablement stérilisé, la vie n’apparaît pas spontanément. La théorie fut classée comme hétérodoxe, rejetée par l’Académie des sciences et abandonnée, sauf par Félix-Archimède Pouchet, l’inventeur de l’hétérogénie (en 1859), qui est resté convaincu jusqu’à sa mort de la véracité de sa théorie.
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Créationnisme : dogme religieux selon laquelle un ou plusieurs être(s) divin(s) sont le(s) créateur(s) de la vie, et qui s’oppose généralement au principe d’évolution du vivant fondé sur la sélection naturelle. Et malgré tout ce que Jean-Kevin de l’Eglise-Théophallocrate-de-la-Bien-Pensance peut dire, ça reste quand même une vieille explication à l’arrache de la création de la vie (hop, Dieu, hop, magie divine, hop, animaux/plantes/hommes, hop, emballez c’est pesé), créée au XIXème siècle en réaction face au darwinisme (-> évolution biologique des espèces par la sélection naturelle et la concurrence vitale) par des cathos qui ne supportaient pas qu’on remette en question la création du monde selon la Genèse.
Ya des tonnes d’écoles qui adhèrent plus ou moins à différents trucs (« Alors… vous me mettrez un peu de la position déiste sur lit de théorie transformiste avec sa sauce à la panspermie dirigée…« ), mais bon, c’pas que j’ai autre chose à faire, mais je vais pas passer 3 semaines à en étudier les subtiles différences. Ranafout’ de ces cathos bornés à croire des histoires à dormir debout d’un autre millénaire, du genre d’un type qui sépare la mer en deux par la Force (le premier Jedi ?), d’un autre qui multiplie la bouffe (par création spontanée de matière), ou encore d’un vieux de + de 500 balais à qui Dieu ordonne de construire un bateau en bois (ça lui prend 80 ans) suffisamment grand (137 m) et organisé pour caser un couple de tous les animaux du monde pendant un mois et demi, et assez solide pour survivre à une tempête apocalyptique qui tue toute autre vie terrestre, marine et volante…
Ya même une thèse (Créationnisme Jeune-Terre) qui dit, tenez-vous bien, que les fossiles de dinosaures et d’hommes préhistoriques n’auraient pas réellement existé mais seraient « des artefacts disposés par Dieu pour troubler l’homme dans le jugement de son histoire, afin qu’il ne puisse pas prouver l’existence de Dieu de manière scientifique« . Quel petit farceur, ce Dieu ! Mais il ferait mieux de venir semer l’amour dans le monde, au lieu de s’emmerder à planquer de fausses preuves archéologiques dans le sol comme un lapin de Pâques dissident.
Bref, ça me file des boutons toute cette religion, alors on abrège. >>>
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Fixisme : hypothèse selon laquelle il n’y a ni transformation des espèces végétales ou animales, ni modification de l’Univers depuis sa création. Fake news, évidemment, car l’existence des cyborgs prouve que l’homme évolue (wait…) (même si c’est techniquement vrai : rien que le fait d’avoir un pacemaker ou une hanche artificielle fait de votre mémé un cyborg, vu que ça correspond à sa définition de « fusion de l’être organique et de la machine »).
En réalité, le fixisme a dominé la pensée scientifique et religieuse jusqu’à la formulation des théories qui prouvent qu’au contraire, le monde change tout autour de nous (♪ tututututulu tututututulu ♫), avec la théorie de l’évolution, la dérive des continents, la cosmologie, l’archéologie/paléontologie, etc. Il a été alors abandonné dans toutes les branches de la science et de la philosophie.
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Théorie des miasmes : ancienne théorie épidémiologique imaginant que les miasmes, une vapeur ou un brouillard toxique composé de particules issues de la matière décomposée, provoquaient des maladies à ceux qui y étaient exposés (choléra, chlamydiose, peste noire, ou encore malaria). C’est aussi ce qui explique le masque caractéristique des « médecins de peste » des XVIIème et XVIIIème siècle : il était rempli d’herbes aromatiques pour contrer l’air putride empoisonné.
Encore une théorie obsolète qui a perduré pendant un temps considérable (Vème siècle av J.-C. – ~1870 ap. J.-C.) jusqu’à la découverte de la théorie microbienne comme source de ces maladies. Malgré tout, elle n’était pourtant pas entièrement dénuée de bon sens : l’air (qu’il semble pollué ou pas) est souvent vecteur de maladies :
> De nombreux micro-organismes sont effectivement transportés par les vents sur de longues distances, allant jusqu’à les faire passer d’un continent à l’autre. ;
> Les poussières africaines (plus nombreuses à cause du phénomène de désertification) seraient un vecteur de Neisseria meningitis (bactérie responsable de la méningite à méningocoque) en Afrique sub-saharienne, où les tempêtes locales de poussière sont souvent suivie d’épidémies dramatiques. ;
> Lors de l’épidémie de grippe qui tua 20 millions de personnes en 1917, la rapidité avec laquelle le virus a envahi le monde résulterait, en partie, de la propagation de l’agent viral par une tempête de poussière ;
> Au 19e siècle, lors de la révolution industrielle, on observe une très forte augmentation de la pollution de l’air. Elle est en grande partie due au développement massif des usines et des machines à vapeur qui utilisent le charbon comme combustible et libèrent donc de nombreux gaz, dont le dioxyde de carbone, en grandes quantités. ;
> Les gaz d’égouts à Londres (où fermentent les excréments) alimentaient la typhoïde, le choléra et autres joyeusetés. ;
> De nos jours, 5,5 millions de personnes décèdent prématurément de maladies causées par la pollution de l’air chaque année dans le monde (500 000 rien qu’en Europe), soit quatre fois plus que le sida (1,5 M) mais moins que le tabac (6 M), et ce bilan s’aggrave lentement. Cela correspond à 1 décès sur 10. ;
> Le smog est une brume brunâtre épaisse, provenant d’un mélange de polluants atmosphériques, limitant la visibilité dans l’atmosphère. Il est constitué surtout de particules fines et d’ozone. Le smog « acide » (fortement chargé en dioxyde de soufre) a pratiquement disparu de la métropole anglaise depuis que des combustibles plus propres ont succédé au charbon. Le smog « photochimique » (qui apparaît lorsque certains polluants sont soumis à l’action du rayonnement solaire), en revanche, est toujours répandu dans beaucoup de pays en cours de développement avec une forte croissance, notamment la Chine et l’Inde.
> Il y a les polluants naturels « primaires », qui sont émis directement (monoxyde d’azote [NO], dioxyde de soufre [SO2], monoxyde de carbone [CO], poussières, métaux lourds, composés organiques volatils, hydrocarbures aromatiques polycycliques), et les polluants « secondaires », issus de transformations physico-chimiques de gaz sous l’effet de conditions météorologiques particulières (ozone [O3], dioxyde d’azote [NO2], certaines particules, etc.). :
> Répartition des décès causés par la pollution atmosphérique. Adapté de l’OMS :
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Hygiène corporelle : restons un peu dans le domaine de l’hygiène ; Elle a beaucoup varié suivant les peuples et les époques :
– les Vikings, qui n’étaient pas comme beaucoup le croient des barbares sanguinaires hirsutes, prenaient soin d’eux : des fouilles archéologiques ont mis au jour beaucoup de peignes en bois ou en ivoire, du savon ou encore des produits d’hygiène utilisés par des hommes permettant de se teindre les cheveux (ils avaient aussi l’habitude de les peigner et/ou les tresser, et de se tailler et/ou tresser la barbe). L’objectif était non seulement de mieux correspondre aux critères de beauté de l’époque, mais aussi pour les bruns d’éclaircir leur tignasse afin de mieux repérer les parasites qui pouvaient infester leur chevelure.
Ils se lavaient aussi régulièrement (1 fois par semaine, le samedi, jour dédié aux bains et au ménage), contrairement aux Européens chrétiens de la même époque (1 fois par mois, voire moins), car l’Eglise considéraient non seulement que laver la crasse de Dieu de son corps était considéré comme un péché, mais faisait en plus croire qu’il y avait des miasmes dans l’eau qui rendaient malades les gens (c’était peut-être aussi un prétexte pour faire interdire les thermes et les bains publics qui avaient subsisté au début du Moyen-Age après la chute de l’Empire Romain).
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– L’histoire de l’hygiène bucco-dentaire en particulier est également bien fluctuante selon les époques et les peuples, et bourrée d’idées conçues.
> Au Japon, le noircissement des dents appelé « Ohaguro » a été une mode (chez les nobles, puis les samouraï, les femmes mariées… et les prostituées) depuis le milieu du premier millénaire jusqu’à son interdiction par le gouvernement en 1870. La teinture était constituée de limaille de fer déposée dans un mélange de vinaigre, saké et thé et laissée à s’oxyder. On pense aussi que le noircissement des dents les maintient saines et lutte contre un manque de fer éventuel pendant la grossesse. De récentes études ont confirmé qu’il apportait une certaine protection contre la carie et la déminéralisation des dents.
> On croyait aussi depuis des temps très anciens (1.800 av. J.C. voire aux Sumériens, au IV-IIIème millénaire avant notre ère) jusqu’à récemment (XIXème siècle avec la bactériologie, voire la fin du XXème s. en Chine rurale) à l’existence du « ver de la dent » comme origine de la carie, croyance répandue dans le bassin méditerranéen (Afrique du Nord, Arabie, Grèce, Italie) mais aussi chez les Aztèques ou les Mayas, tout comme en Inde antique (v. 650), Égypte antique (v. 1 400 ou 1 200/1 100 av. J.C.), Japon et Chine, où on comparait une dent malade à une dent « véreuse » (-> où il y a des vers). Toutes sortes de traitements sont donnés, commençant par les formules magiques (Assyrie, -700 au minimum), puis la jusquiame noire (Scribonius Largus, médecin de l’empereur Claude, ~47 ap. J.C.), le sel dentaire (Celse, ~20 ap. J.-C. ; toujours utilisé, surtout en Asie), un mélange de bière d’amidonnier, de malt pilé et d’huile de sésame, voire le tabac à tasser dans la cavité (Aztèques) ou encore l’aloès, la myrrhe, ainsi que la fumée de charbon (Hildegarde de Bingen, ~1150).
> Le naturaliste Pline l’Ancien (23 – 79 ap. J.-C.) conseille l’usage d’un dentifrice de cendres de tête de lièvre auquel on ajoute de la pierre ponce et parfois des cendres de tête de souris. Une autre recette qu’il recommandait contiendrait : os, corne ou coquille de mollusque pulvérisés ou calcinés, poudre de ponce, bicarbonate de sodium, mélangé à de la myrrhe (une gomme-résine aromatique produite par un arbre). Vu l’abrasivité du truc, autant se les limer directement au papier de verre…
> Le Moyen- ge est une période de recul en hygiène. Sous le règne de Philippe II Auguste (1165-1223), se décrotter était péché. Laver ses dents était synonyme de mauvaise vie (= débauché(e)).
> L’époque de Louis XIV n’était pas bien meilleure : les femmes mettaient dans leur bouche des boules musquées pour que leur haleine sente bon (quand elles ne prenaient pas de l’urine ou du tabac).
> Voici une recette de poudre dentifrique de 1805 : « girofle en poudre (dose : un gros, soit 3,8 gr), à quoi l’on ajoute de la crème de tartre (sel de tartre qui cristallise dans les tonneaux de vin lors de la fermentation du raisin) (1 demi-gros), de l’alun calciné (un minéral naturel commun, qu’on brûle donc ici) (1 demi-gros), de la cochenille en poudre (des insectes communs considérés nuisibles, cousins des pucerons) (1 demi-gros), du sucre (une once, soit 8 gros, donc ~30 gr), le tout étant à réduire en poudre par porphyrisation (broyage réalisé sur une dalle polie en porphyre au moyen d’un instrument appelé molette)« .
Le saviez-vous ? Se brosser les dents avec du sucre n’est vraiment pas une bonne idée… Autant ne rien faire.
D’autres recettes ajoutaient à la crème de tartre de la pierre ponce, du « corail préparé », de l’ « os desséché », appliqué à l’époque non pas à la brosse à dents, mais « au doigt mouillé de vin ». La brosse à dent sous sa forme actuelle existait depuis 1498 en Chine, mais était un objet de luxe en France au XVII-XVIIIème s. dont l’usage était réservé aux plus fortunés, même après sa production en série à partir de 1846…
> Il faudra attendre le milieu du 19ème siècle pour voir arriver le tube de dentifrice, brevet déposé par l’Américain J. Rand en 1841 et réalisé en étain pur ou en plomb, contenant une recette de sa composition : un mélange de craie, de savon avec un arôme mentholé.
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– Après l’invention de la microbiologie par Pasteur au XIXème siècle, les médecins et scientifiques recommandent (enfin) aux personnes de se laver les mains et de faire une toilette quotidienne, histoire d’améliorer l’hygiène et de limiter la propagation de maladies. L’usage de l’eau augmente alors car la fin du XIXème siècle marque le début des salles de bains et des toilettes dans les logements.
Dans le même temps, cette mesure de lavage systématique des mains (combiné aux inventions de la désinfection/stérilisation du matériel médical/chirurgical et l’emploi d’instruments à usage unique, comme de nombreuses pinces) a grandement diminué le risque de maladies/infections nosocomiales. Auparavant, les médecins soignaient tous leurs patients avec les mêmes outils et sans laver leurs mains ou leur matériel entre chaque opération. Ils transmettaient alors les pathologies des malades précédents avec tous les patients suivants, aggravant le risque de mortalité.
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La mode des produits radioactifs : après la découverte par Pierre et Marie Curie du radium en 1898 (qui produit du radon lors de sa désintégration), et l’invention de la curiethérapie (utilisation de la radioactivité de façon localisée pour traiter les tumeurs), un fort engouement populaire suivit, lui inventant toutes sortes de vertus thérapeutiques, d’apport d’énergie (par le principe de « nous sommes ce que nous mangeons« ), et parce que ça avait l’air cool (ça brille dans le noir, et puis… on venait de découvrir l’énergie du futur, mayrde !).
Les industriels et charlatans ont sauté sur l’occasion, et décliné le principe dans tous les produits possibles : crème de beauté/poudre embellissante, crème anti-rides, rouge à lèvres, vernis à ongles, tonique capillaire, crème antivieillissement, baume/pommade/onguent, gaine/ceinture en caoutchouc (pour affiner la taille, le menton ou la nuque), antiseptiques pour l’hygiène intime de la femme, eau radioactive « curative » (« pour les rhumatismes, l’eczéma, les troubles de l’estomac… »), comprimés contre le mal de tête, remèdes miracles (soignant hémorroïdes/rhumatismes/mauvaise digestion/neurasthénie…), savon (même pour les bébés), talc pour bébé, liniment, dentifrice, sels de bains, lames de rasoir, tondeuse à cheveux, coton, compresses, torchon, préservatifs, sortes de feuilles de papier-buvard à placer sur les « glandes endocriniennes » (= les couilles ; prix allant de 150$ à 1000$), gels contraceptifs, suppositoires, soda, bière, chocolat (à boire, au bromure de radium) et barres chocolatées (qui font fureur à San Francisco), beurre (du beurre, putain !), thé, cafetières/fontaine à eau, sous-vêtements (une pièce, en laine ou thermolactyl) et jockstraps (slips pour hommes ouverts à l’arrière), vernis/cirage pour la fonte et l’acier (« brille plus facilement, plus fort et dure plus longtemps« ), vernis à chaussures, montres à cadran lumineux, aliments pour engraisser les animaux, engrais pour les plantes, appâts pour la pêche, cadenas, allumettes, cigares et cigarettes, cartes à jouer, jouets pour enfants (pas sûr que leurs « matériaux radioactifs sûrs » le soient vraiment…), bougies de voitures (au polonium, en 1940), paratonnerres, manchons de lampes à gaz (au thorium 232), crucifix fluorescent… (j’ai mis absolument tout ce que j’ai pu trouver, mais il doit sûrement en manquer plein)
Tout ceci contenait du radium, bromure de radium, radon, thorium voire uranium ou polonium, en infimes quantités car ça coûtait un bras : 80 à 100 000 $ le gramme de radium en moyenne au début (~1900), jusqu’à 135.000 $/gr voire 180.000 $/gr en 1913, mais les prix « chutèrent » (grâce aux nouveaux filons découverts et les quantités et méthodes de raffinage qui évoluaient) pour arriver à 16 000 $/gr en 1956. Par exemple, la crème Tho-Radia de 1932 contient « 0,233 microgramme de bromure de radium (RaBr2, H2O) pour 100 grammes de crème », ce qui correspond à environ 4500 Bq, soit à peu près la radioactivité du potassium 40, un isotope radioactif présent naturellement dans le corps humain. Par contre, dès qu’on commence à multiplier les doses sans faire gaffe, c’est là où le bât blesse (comme le savent bien tous ceux qui ont joué à un jeu Fallout, où on peut manger de la nourriture radioactive… à ses risques et périls) : la dernière des ouvrières surnommées « Radium Girl » qui mourut à 107 ans en 2014, bien qu’elle n’ait manipulé du radium que pendant quelques mois, avait perdu ses dents et contracté un cancer du colon et un cancer du sein dans les années qui ont suivi)…
Le radium sera interdit en 1937 pour toute utilisation non médicale (plusieurs décès ayant été constatés) et des saisies auront lieu pour les produits continuant à circuler (même encore en 1940). Après plusieurs études épidémiologiques et expérimentales, l’OMS a reconnu le radon comme un agent cancérogène pulmonaire en 1987, dont le risque augmente avec la concentration et la fréquence d’exposition à des concentrations excessives (même constatation pour le radium, encore plus dangereux).
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Théorie des signatures : pour faire simple, c’est une théorie très ancienne (datant sûrement de la haute Antiquité, entre -3000 et -750), qui imagine une relation simple et logique entre une plante/créature/etc. et sa fonction, par rapport à sa forme ou ses caractéristiques visibles. On pensait qu’il existait des liens entre les Hommes, les plantes et les dieux (ou les forces cosmiques, selon les civilisations), en imaginant le cosmos lui-même comme un être vivant, dont toutes les parties (astrales, minérales, végétales, animales…) sont reliées par des « sympathies universelles ». La notion de « sympathie universelle » stoïcienne explique, en gros, que chaque être singulier est une partie de l’univers, donc a sa place et sa fonction dans le tout, et toutes les parties sont inter-reliées -> si quelque chose arrive à une partie, toutes les autres seront affectées ; elle relie donc les choses terrestres et les événements humains aux phénomènes célestes.
Une des figures marquantes de cette théorie est le médecin suisse Paracelse, lui-même alchimiste et astrologue, qui formule le principe simili similibus curantur : « les semblables soignent les semblables ». On considère alors que la forme/couleur d’une plante soigne la partie du corps associée : la pimprenelle, rouge, aurait la capacité d’absorber le sang et des vertus hémostatiques ; la chélidoine au sang (latex) jaune sert contre la jaunisse ; la vipérine commune, aux graines ressemblant vaguement à la tête d’une vipère, était réputée guérir les morsures de serpent ; la pulmonaire officinale, aux feuilles ovoïdes tachetées comme des poumons malades, utilisée pour le traitement des affections respiratoires ; la sagittaire à feuilles en flèche, était donc là pour guérir les blessures par flèches ; les plantes de forme « phalliques », comme l’asperge, eurent une réputation aphrodisiaque. Ce serait une « aide des dieux » -> « la providence divine a voulu que l’homme soit accablé de maladie, mais en même temps, elle a pris soin de faire pousser des plantes appropriées à la guérison de chacun de ses maux« .
Le concept est poussé de plus en plus loin au fil des époques, jusqu’à son paroxysme à la fin du XVIème siècle, avec la Phytognomonica (1588) de Jean-Baptiste de Porta (1539-1615), écrivain dont toutes les œuvres (variées) sont des tentatives de transformer les croyances au merveilleux en savoirs « scientifiques » respectables. Par exemple, Diane de Poitiers (1500-1566), favorite du roi de France Henri II, avait pris l’habitude de boire régulièrement des bouillons d’or soluble (une pratique courante à la Renaissance) : l’or étant inaltérable, on pensait que cette inaltérabilité passait dans le corps, et préservait la beauté, tout en donnant un teint lumineux. C’était pourtant une mauvaise idée, l’or étant toxique pour le corps : il se dépose principalement dans les reins, le foie, la moelle osseuse et les nerfs, fragilisant l’individu (d’ailleurs, par la suite, on a substitué au chlorure d’or (AuCl3) du perchlorure de fer (FeCl3), également de couleur jaune mais bien moins cher, dans la préparation de l’élixir).
Jugée caricaturale, elle disparaît, du moins en tant que telle, à la fin du XVIIIe siècle, entre autres par l’ironie de Voltaire et la nomenclature de Linné. Au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la majorité des savants sont d’accord sur le fait que c’est un système ridicule et naïf, la subsistance d’antiques sottises obscurantistes, contre lesquels la Raison, puis les sciences biologiques et physico-chimiques ont dû se construire. Si la théorie des signatures, dans sa forme originale, a disparu du monde savant, elle reste encore plus ou moins présente dans la société et la culture actuelles, que ce soit en médecine naturelle, en spiritualisme, en communication/publicité, dans des courants écologiques…
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Télégonie ou « imprégnation du père » : hypothèse des sciences de l’hérédité supposant l’existence d’une influence durable des caractéristiques du premier mâle sur tous les descendants ultérieurs d’une femelle, même ceux issus d’autres mâles. Donc, l’enfant d’une veuve ou d’une femme remariée pourrait partager les traits d’un précédent mari. La paternité ne serait pas indivisible, mais pourrait être partagée.
Cette hypothèse, dont l’idée remonte à Aristote (encore lui !), est sûrement basée sur quelques observations non-scientifiques d’enfants qui ressembleraient plus ou moins au premier mari de leur mère, et fut progressivement changée en vérité au fil du temps. Des expériences sur différentes espèces n’ont montré aucune évidence qu’une progéniture hériterait d’un quelconque caractère des précédents partenaires d’une femelle. Longtemps considérée comme une vérité d’expérience, en particulier dans l’espèce chevaline, elle fut définitivement abandonnée dans les années 1930 (en plus, en 1866 naissait les bases théoriques de la génétique et de l’hérédité moderne, déterminées par le moine Gregor Mendel).
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Théorie de l’émission ou rayons de vue (400 av. J.-C.) : proposition émise par Platon, postulant que la perception visuelle est accomplie par des faisceaux oculaires émis par les yeux. Les premiers doutes viennent d’Euclide en -300, qui se demande comment il est possible de voir immédiatement les étoiles la nuit en fermant puis rouvrant les yeux (c’est aussi un questionnement implicite de la vitesse de déplacement de la lumière). La physique moderne a confirmé que la lumière est physiquement transmise par des photons provenant d’une source de lumière (ex : le soleil), à des objets visibles qui en renvoient tout ou partie, et finissant avec le détecteur, tel qu’un œil humain ou une caméra.
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Théorie du cerveau triunique (1950-60) : modèle de l’évolution de l’architecture et des fonctions du cerveau, qui serait une succession de trois couches distinctes, apparues au cours de l’évolution de l’espèce humaine, et empilées les unes sur les autres comme des poupées russes : un cerveau reptilien (primitif, archaïque, datant d’il y a 400 millions d’années quand les poissons évoluèrent hors de l’eau), puis un cerveau paléomammalien (datant des 1ers mammifères il y a plus de 200 M d’années, à l’origine de notre système limbique dévolu aux principaux comportements émotionnels, instinctifs et à la mémoire) et enfin un cerveau néomammalien (datant de l’apparition des Australopithèques africains bipèdes il y a 3,6 M d’années, basé sur le raisonnement logique, le langage et l’anticipation des actes).
Même s’il est vrai que le cerveau humain est le résultat de périodes de céphalisation successives, cela ne peut pas être résumé d’une façon aussi simpliste que « 1 nouvelle période = apparition soudaine d’1 nouvelle couche cérébrale ». Cette vision de l’organisation neuroanatomique, avec une totale indépendance de trois cerveaux clairement distincts, est aujourd’hui rejetée par de nombreux scientifiques, ceux-ci préférant considérer les aires cérébrales comme des ensembles en interaction. Et il ne faudrait pas considérer des aires spécifiques du cerveau comme des cerveaux spécifiques (par ex, l’hypothalamus, qui régule le système nerveux autonome et les fonctions endocrines, n’est pas un « cerveau indépendant »).
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Migration/hibernation des oiseaux : les premières observations de migration ont été enregistrées au Ier millénaire av. J.‑C. par Hésiode, Homère, Hérodote, Aristote… Ces migrations sont porteuses de symboles pour les Chinois comme pour Confucius, pour les Juifs dans la Bible et le signe d’une perfection divine dans le Coran.
Aristote, repris par Pline l’Ancien dans L’Histoire naturelle, a noté que certaines grues voyagent des steppes Scythes aux marais près des sources du Nil. En revanche, Aristote (et Pline) pensait que le rouge-gorge était une métamorphose hivernale du rouge-queue ou que certains oiseaux comme les cigognes, les merles, les tourterelles, les alouettes et les hirondelles hibernaient : ils s’engourdissaient après avoir perdu leurs plumes et renaissaient au printemps ayant alors régénéré leur plumage. Selon d’autres auteurs, les migrateurs se réfugient dans la lune à la saison froide. Au Moyen Age encore, lorsque les lieux tempérés sont éloignés, les hirondelles se cachent dans des trous, voire dans les étangs. Cette opinion est toujours partagée par Linné, en 1749, et relayée par Cuvier, en 1817.
Pourtant, dès le XVIème siècle, Pierre Belon (pionnier dans le classement des oiseaux, l’embryologie et fondateur de l’anatomie comparée) fut l’un des premiers à rejeter la théorie de l’hibernation et à avancer, preuves à l’appui, celle de la migration : dans le chapitre 20 de son livre « Histoire de la nature des oyseaux » (1555), il dit avoir été témoin à deux reprises de la migration des cailles (aller et retour), au cours de voyages en bateau sur la Méditerranée. Deux siècles plus tard, l’académicien Buffon (qui collabora à l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert pour les sciences de la nature), adhérait lui aussi aux thèses migrationnistes et entraîna ainsi l’opinion de ses contemporains, même si certaines réticences demeurèrent. Cette croyance persistait toujours en 1878, quand Elliott Coues a énuméré 182 ouvrages contemporains traitant de l’hibernation des hirondelles.
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Continents imaginaires :
> L’Atlantide : LE continent imaginaire par excellence. Il est cité pour la première fois par Platon dans le Timée et le Critias, vers -360 : il y raconte l’histoire (autrefois écrite par les Egyptiens) d’une gigantesque île dans l’Atlantique (« plus grande que la Libye [ancien nom de l’Afrique du Nord] et l’Asie réunis »), créée, aménagée et peuplée par Poséidon en fcking personne : dirigée par 10 rois, elle croulait sous les jardins magnifiques, les forêts verdoyantes, les mines regorgeant de métaux durs ou malléables (dont les plus précieux : l’or et l’orichalque [ancien nom de l’airain ou cuivre pur]), le bois, la nourriture variée (fruits cultivés et graines pour faire des farines), toutes sortes d’animaux domestiques ou sauvages. Profitant de toutes ces richesses, les habitants de l’Atlantide construisirent de magnifiques temples, des palais des rois, des ports, avec une société très avancée pourvue d’une colossale armée de 1 260 000 hommes pour la SEULE CITE ROYALE, donc sans compter les 9 autres cités (+ 120.000 chevaux, 10.000 chars de combat et 1.200 bateaux ; aujourd’hui, elle serait dans le top 5 des plus grosses armées du monde en nombre de militaires actifs, entre la Corée du Nord et l’Inde)… Leur domination s’étendait sur beaucoup d’autres îles, l’Afrique du Nord jusqu’à l’Égypte, et l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie (Italie). On pouvait dire qu’ils roxxaient un max.
Mais hélas, trois fois hélas, au fil du temps et du croisement avec de nombreux mortels, ils crurent de moins en moins aux lois divines et « au principe divin auquel ils étaient apparentés » (donc Poséidon), ils tombèrent dans « l’indécence » et l’orgueil. Ils lancèrent une guerre contre tous les pays en-deçà du Détroit (à mon avis celui des Dardanelles ou le Bosphore, tous deux entre la la Grèce et la Turquie), dont la Grèce. Tous les peuples se firent démolir par les Atlantes, évidemment, mais Athènes, tel un personnage de shônen, réunit toute sa force/son courage/sa volonté et vainquit l’envahisseur (on se demande comment… c’est comme si les USA se faisaient battre par quelques fermiers dans la jungl- OH WAIT), protégeant les autres peuples et rendant la liberté à ceux conquit ; Peu après, apparemment suite à la colère de Zeus qui n’apprécia guère qu’on emmerde ses protégés, d’énormes séismes et des inondations extraordinaires survinrent, et « dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes », l’île toute entière et ses habitants furent détruits et engloutis sous la mer.
Tout ceci ressemble beaucoup à un conte inspiré de l’éruption du volcan de Santorin (vers -1600) et de ses conséquences : l’île de Santorin effondrée sur elle-même, un raz-de-marée, les côtes de la mer Égée submergées par un tsunami et la fin de l’hégémonie de la civilisation crétoise. Les Atlantes seraient les Minoens et l’Atlantide serait l’île de Théra, ancien nom de Santorin. La société décrite par Platon partage aussi plusieurs points communs avec les Minoens : civilisation hyper florissante, dynasties de rois, palais, arts importants et raffinés, pôle attractif+religieux+politique+économique, culte envers les taureaux… Le but de Platon était de démontrer aux hommes de son époque que dans les temps anciens la Grèce avait été capable de vaincre des ennemis puissants, commandés par des rois fabuleux. Ces livres constituent donc une mise en garde contre une décadence possible de la cité grecque, si elle abandonnait les principes qui ont fait sa force.
Cette histoire est peu commentée et a peu d’écho dans l’Antiquité. A la Renaissance, on redécouvre les textes classiques, dont celui-ci. Il suscita un intérêt croissant, puis donna naissance à d’innombrables hypothèses. Les auteurs étudièrent sa portée philosophique et politique, avec des interprétations ésotériques, allégoriques ou encore patriotiques, créant une abondante littérature à son sujet. Certains affirmèrent que l’Atlantide est un lieu qui aurait réellement existé et cherchèrent à le localiser.
S’il est globalement admis qu’une telle île n’a pu exister, des irréductibles cherchent encore et toujours des preuves et traces/vestiges de son existence, ainsi que sa localisation. Elle reste un thème très fertile dans l’art et la littérature, en particulier de nos jours, dans les genres liés au merveilleux et au fantastique, comme la fantasy, le péplum ou la science-fiction (car cette civilisation était trop évoluée pour être terrienne~ *X Files theme*).
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> La Lémurie (1864) : continent situé dans l’Océan Indien (au sud de l’Inde), inventé pour expliquer la présence de certains mammifères (comme les lémuriens) à la fois à Madagascar et en Malaisie. Les fondements étaient minces (rien de géologique, juste une observation zoologique) et les oppositions nombreuses, puis apparu la théorie de la dérive des continents qui balaya cette supposition saugrenue (l’Asie et l’Afrique faisaient simplement autrefois partie d’un même continent qui s’est finalement scindé).
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> Mu (~1870 et 1926) : continent situé au milieu de l’Atlantique ou du Pacifique (selon les 2 auteurs ci-après), et qui aurait abrité une civilisation très avancée qui aurait propagé sa technologie avancée dans le monde entier. Comme l’Atlantide, Mu aurait été détruit il y a 12 000 ans par les dieux pour punir une civilisation décadente.
Son existence fut postulée à deux reprises : par le mayaniste Augustus Le Plongeon, qui avait traduit au pif un codex maya et pensait que la civilisation Maya s’était dispersée dans le monde entier et aurait fondée celle en Egypte ancienne ; et par James Churchward dans son livre « Mu, le continent perdu » (1926), après découverte et déchiffrage de soit-disant tablettes anciennes (qu’il est le seul à avoir vu, évidemment) écrites dans la langue sacrée de Mu et parlant de ce lieu.
Bref, dans tous les cas, c’était pas bien crédible, et aucune preuve tangible ni liée à d’autres sciences ne corroboraient l’existence d’un tel lieu (aucune carte marine/écrit antique ne la mentionnant, pas de parenté entre les cultures amérindiennes et celles du bassin méditerranéen, du Moyen-Orient ou de l’Inde, un bassin océanique trop ancien pour porter un continent, etc.). Quant à Churchward, l’archéozoologue Michel Raynal porte une analyse extrêmement sévère sur lui en estimant que ses erreurs relèvent soit de la fraude caractérisée, soit de la maladie mentale.
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> Hyperborée (~600 av. J.-C.) : un continent aux confins septentrionaux du monde (globalement à la place du continent Arctique, ou joignant le Groenland au Kamtchatka), considéré comme parfait, avec le soleil qui y brille constamment, et un climat exceptionnel qui permet deux récoltes par an. Les Hyperboréens seraient des chamans/mages, des penseurs voire des philosophes (qui vivrait dans le bonheur car « ils auraient dépassé les contradictions de l’humanité, ses pseudo-valeurs et sa décadence »), mais surtout de bons vivants, organisant force banquets. Hérodote raconte que de grandes quantités d’or s’y trouvent, gardées par les griffons. Selon Diodore de Sicile, le dieu grec Apollon passe son hiver aux côtés des Hyperboréens, et sa mère Léto y était née.
Malheureusement, le seul truc à peu près vrai dans cette légende est que le soleil brille bien tout le temps sous de telles latitudes… pendant 6 mois, avant qu’une nuit polaire de même durée ne s’installe. Il n’y a pas d’or, pas de peuple épicurien, et encore moins de dieu en vacances.
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> Monts de Kong (1798) : une chaîne de montagnes imaginaire qui a figuré à tort sur la plupart des cartes géographiques de l’Afrique au cours du XIXe siècle. Longue d’un millier de kilomètres et situé au 10e degré nord, elle constituerait une haute et infranchissable barrière naturelle, mais avec des gisements d’or. Elle fut inventée par le cartographe anglais James Rennell pour appuyer sa propre thèse sur le cours du fleuve Niger, car elle constituerait la ligne de partage des eaux entre le bassin du Niger au nord et le Golfe de Guinée au sud. Des géographes qui lui succédèrent reprirent cette information dans leurs propres cartes (on en a identifié 40 publiées entre 1798 et 1892), avec des mentions/références sporadiques dans divers ouvrages. Enfin, en 1888, l’officier et explorateur français Louis-Gustave Binger, dans le cadre de sa mission de reconnaissance du cours du Niger de 1887-89, atteint la ville de Kong (réelle, en Côte d’Ivoire) et ne constate aucune montagne aux alentours.
(Oui, c’est pas un continent, mais c’est un fake intéressant.)

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(Techniquement, vu le titre, l’article devrait s’arrêter là. Mais pour ceux que ça intéresse et qui veulent aller plus loin [ou qui s’ennuient parce qu’il y a pas Drucker à la télé], voilà la suite)

PARASCIENCES/PSEUDO-SCIENCES/JUNK SCIENCE :

De nombreuses parasciences/pseudo-sciences existent aussi, déformant les données scientifiques afin de servir des intérêts idéologiques ou commerciaux en donnant une valeur scientifique à ce qui n’en a pas, et leur charlatanisme a maintes fois été prouvé :

– La graphologie (fondée vers 1868-1870) : une technique d’analyse de l’écriture affirmant pouvoir déduire systématiquement des caractéristiques psychologiques de la personnalité d’un individu à partir de l’observation de son écriture manuscrite (ex : « une écriture penchée vers la gauche est révélatrice d’une personnalité ayant un goût pour le passé »). Par la suite, la graphologie a été utilisée pour diagnostiquer des pathologies, ou comme technique d’investigation dans des procédures d’évaluation de candidats à l’embauche (notamment en France dans les années 1980-90), avec un succès très contesté. A ne pas confondre avec l’expertise en écriture,une technique d’investigation visant à attribuer un écrit manuscrit à son scripteur (pour une identification judiciaire ou historique).
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– La morphopsychologie (1937) : une méthode qui cherche des correspondances entre la morphologie des traits du visage d’un individu et sa psychologie.
Elle est l’héritière de la physiognomonie, une méthode fondée sur l’idée que l’observation de l’apparence physique d’une personne, et principalement les traits de son visage, peut donner un aperçu de son caractère ou de sa personnalité (le plus célèbre physiognomoniste, Johann Kaspar Lavater la décrit comme « la connaissance des traits du visage et leur signification »). Les premières allusions à cette théorie date du 5ème siècle av. J-C en Grèce. Aristote fait souvent référence à la littérature concernant les rapports entre l’apparence et le caractère, et un de ses livres en parle (« Secret des secrets« ), devenant très populaire au Moyen ge (l’original du Xème siècle est arabe mais attribué à Aristote, et fut traduit en latin vers 1145, puis en français). La physiognomonie connut son essor au XIXe siècle, en particulier avec les thèses du criminologue Cesare Lombroso. (Evidemment, un gentil garçon n’a pas toujours une tête d’enfant de choeur, et un pédophile une tête à coucher dehors. Dommage, ç’aurait été pratique. Cette théorie a aussi servi à des idéologies racistes, notamment l’antisémitisme et le nazisme).
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chirologie ou chirognomonie, : discipline étudiant les corrélations entre la forme de la main ou les plis de sa peau et certaines tendances physiques, psychiques et mentales. Différente de la chiromancie, l’art divinatoire des lignes et signe de la main, qui cherche à prédire l’avenir (même si c’est toujours autant du caca de taureau).
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phrénologie (1810) : étude des bosses du crâne humain pour prédire son caractère. On pensait que les différentes fonctions cérébrales, localisées dans des régions précises du cerveau, influençait la forme du crâne (zone développée = bosse, zone sous-développée = creux ; c’est de là que vient l’expression « avoir la bosse des maths »). Même si ces théories n’ont été à la mode qu’un temps avant d’être abandonnées car globalement erronées, les techniques de mesure du corps humain (anthropométrie) en matière de médecine légale se développèrent dans un but d’identification, et elle contribua beaucoup à la physiologie nerveuse.
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métoposcopie/métopomancie (1558) : art divinatoire pour prédire la personnalité, le caractère et le destin en analysant le dessin des lignes, rides et marques du front, « car toutes les promesse de cette science [sic] sont fondés sur l’empire et sur la direction que les planètes ont sur certaines parties du visage » – Marin Cureau de La Chambre.
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rumpologie : l’étude de la forme des fesses (no fake). Elle peut être effectuée soit par la vue, le toucher ou en utilisant des empreintes de fesses. Par exemple, selon les affirmations du rumpologiste britannique Sam Amos, « un fessier arrondi indique que la personne est ouverte, heureuse et optimiste dans la vie. Le fessier plat suggère que la personne est plutôt vaniteuse, négative et triste ».
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pyramidologie : les « études » et spéculations pseudo-scientifiques concernant les pyramides (et autres grands monuments en pierre), notamment leurs modes de construction et les propriétés/fonctions supposées du monument, qui donnent lieux à toutes sortes de théories concernant l’ésotérisme et des « civilisations supérieures » (suite dans la partie sur les théories du complot).
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protochronisme : courant pseudo-historique et tendance moderne du nationalisme culturel universel (surtout dans des pays (proche-)orientaux ou anciennement communistes) postulant que, pour un peuple donné, ses racines remontent à l’antiquité ou à la préhistoire avec un développement propre, séparé des peuples voisins, dont les influences sont minimisées voire niées (sorte de « lignée pure »). Il tente de démontrer des filiations directes, très anciennes et exclusives, entre une civilisation ancienne (et plus développée que ce qui est couramment admis) et une nation ou une ethnie actuelle. Chaque pays s’approprie ainsi le passé en y projetant son identité actuelle.
Même les Japonais, qui sont bien cools (ils ont inventé One Piece et la Nintendo DS, quoi !), sont un peu cons quand ils continuent à croire que la population de l’archipel n’a plus connu aucun apport extérieur ni transformation génétique depuis son premier peuplement à l’époque paléolithique, ce qui établirait ainsi une lignée ininterrompue jusqu’à aujourd’hui (alors qu’il y a toujours eu un métissage) et qui est toujours enseignée dans de nombreux établissements scolaires et universitaires. Sans oublier en parallèle leur légende d’empereurs issus de façon ininterrompue de l’empereur Jinmu en 660 av. J.C., descendant de la déesse du Soleil Amaterasu, elle-même fille des dieux (kamis) créateurs du monde terrestre (l’archipel japonais) : Izanagi et Izanami.
Attention, ce n’est pas tout à fait pareil la « France aux racines judéo-chrétienne » dont certains CONServatistes français nous rabâchent les oreilles avec, alors que tout concorde sur le fait que la France est d’origine pagano-chrétienne. C’est juste une bande de connards qui n’y connaissent rien (non, l’avoir lu sur Fdesouche ne compte pas) et qui veulent juste se mettre les chrétiens dans la poche pour qu’ils votent pour eux aux élections, afin de s’assurer au mieux d’être élus (et de pouvoir orchestrer leurs magouilles plus facilement, salo de FISC), au pire un confortable salaire (7000 € brut pour les députés).
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astrologie : la fameuse pseudo-science regroupant un ensemble de croyances selon lesquelles les astres (les planètes, les étoiles…) auraient une influence sur les personnes, notamment selon leur position (alignement, opposition, arrivée dans telle partie du ciel…). Si autrefois la limite entre astrologie et astronomie était moins claire, et que certains peuples mélangeait les observations célestes et explications (assez) raisonnables avec des suppositions inventées et s’éloignant beaucoup de ce qu’on pouvait vérifier (mais pas les Grecs, par ex), ce n’est plus le cas aujourd’hui ; Les deux domaines se sont clairement et définitivement séparés il y a longtemps (vers le IXème s. environ, d’après ce que j’ai trouvé, mais c’est pas sûr [et puis ça dépend peut-être des cultures] ; et l’astrologie a toujours continué de se fonder sur des calculs astronomiques pour établir les thèmes astraux, notamment avec de précis éphémérides [tables astronomiques] pour déterminer les positions des corps célestes).
Les astrologues cumulent plusieurs gros problèmes :
> d’une part, leurs calculs ne prennent pas en compte ou oublient beaucoup d’éléments pourtant importants (les constellations qui n’ont pas des dimensions identiques,  »l’oubli » de la 13ème constellation du Serpentaire, l’angle de précession de la Terre [changement graduel d’orientation de l’axe de rotation], sans compter qu’on partait d’un modèle géocentrique et qu’on ne connaissait pas Uranus, Neptune et Pluton), ce qui fausse de base les prédictions.
> d’autre part, les prévisions astrologiques sont souvent vagues et floues, pouvant s’appliquer à un grand nombre de personnes, et profitent de ce qu’on appelle l’effet Barnum : nous sommes capables, à partir de suppositions incohérentes, d’accepter des interprétations sur nous-mêmes et de trouver en plus qu’elles ont du sens (car nous aimons la flatterie et qu’on nous prête des traits avantageux, et parce qu’on cherche toujours à obtenir des informations sur nous, pour nous construire ou compléter la représentation que nous nous faisons de nous-même).
> enfin, elles sont fondées sur une multitude de croyances et de superstitions. Elle ne perdure que grâce à la crédulité de ceux qui la subissent. C’est Ptolémée en 130 avant notre ère qui est le premier à prêter, au gré de son humeur, des attributs aux différents signes du zodiaque, comme la force ou le courage.
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ufologie (~1950) : discipline qui consiste à recueillir, analyser et interpréter les données se rapportant aux phénomènes des objets volants non identifiés (ovnis), par exemple des photographies, des témoignages ou des traces au sol. Pas besoin de vous dire que parmi les milliers de phénomènes soit-disant extraterrestres observés ou découverts (lumières/objets volants de toutes tailles et formes, personnes contactées ou devenant émissaires des aliens, découverte « astro-archéologique » ou lien trouvé avec des théories du complot), aucune n’a pour le moment été confirmée comme étant une preuve irréfutable de la présence d’aliens sur Terre. C’était quasiment toujours l’observation d’expériences/prototypes militaires par des civils, des illusions d’optique, des phénomènes astronomiques/météorologiques (voire des rentrées dans l’atmosphère de débris spatiaux), des phénomènes sociopsychologiques (connus ou non) comme des méprises complexes, des souvenirs faussés, des facteurs psychologiques (convictions religieuses, contagion médiatique, auto-suggestion, duperie…), des mensonges/canulars, etc. 85 à 97% des cas s’expliquent par des méprises ou des canulars, alors en comptant le reste, vous imaginez ce qu’il doit rester d’inexpliqué…
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alchimie : un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux, en vogue notamment au Moyen ge et à la Renaissance mais existant depuis l’Antiquité (vers l’an 0 en Egypte gréco-romaine [et parallèlement en Chine puis en Inde] puis dans le monde arabo-musulman et enfin l’Occident latin). Sa pratique, de plus en plus secrète au fil des époques (et réservée aux élites), est de la chimie teintée de philosophie, d’astrologie/astronomie, d’occultisme/mysticisme, voire de magie/sorcellerie.
Le concept fondamental de l’alchimie dérive de la doctrine aristotélicienne selon laquelle « toute chose tend à atteindre la perfection« . On considérait que tous les autres métaux étaient moins « parfaits » que l’or, et qu’ils tendaient lentement à « maturer » (comme une plante) jusqu’à devenir de l’or. Le but de l’alchimie était donc le Grand Œuvre, càd l’accélération de cette maturation, par le recours à l’agent actif de cette évolution par un catalyseur : la Pierre philosophale. Cette pierre, d’une couleur rouge rubis, liquide à l’état de grande pureté et luminescente, aurait deux (ou trois) grandes caractéristiques : pouvoir changer tout « métal vil » (cuivre, nickel, plomb, zinc, aluminium, fer… qui s’oxydent, rouillent et réagissent facilement) en métal précieux (or ou argent) ; guérison de toute maladie (panacée) ; parfois aussi l’extension de la vie humaine, voire l’immortalité.
Héritiers des connaissances antiques, les alchimistes arabes travaillaient avec l’or et le mercure, l’arsenic et le soufre, les sels et les acides. Ils utilisaient différents procédés tels que la distillation dans les alambics, la sublimation ou la cristallisation. Ils se familiarisèrent avec un grand nombre de composés chimiques, tels que le vitriol ou le borax. Ils croyaient que les métaux étaient des corps composés, constitués de mercure et de soufre en différentes proportions. Leurs expériences leur firent découvrir de nombreuses substances nouvelles et ils inventèrent de nombreux procédés chimiques. De même, Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin, Raymond Lulle et le moine bénédictin Basile Valentin contribuèrent considérablement à l’essor de la chimie par le biais de l’alchimie, en découvrant les utilisations de l’antimoine, la fabrication des amalgames et isolèrent l’esprit de vin (éthanol).
Cependant, les alchimistes furent aussi longtemps très mal vus et traqués (à partir du XVIème s.), considérés comme étant au mieux des faussaires de métaux et des escrocs (« …sur la tête de ma mère c’est de l’argent pur, frère ! Prix d’ami !« ), au pire des sorciers, d’où leur pratique en secret et leur utilisation de livres codés.
L’alchimie a pourtant été utile : ses parties scientifiques ont été reprises pour devenir la chimie que nous connaissons. Enfin, la découverte de la physique nucléaire, même si elle a ridiculisé leurs croyances et espoirs en une pierre philosophale, a tout de même prouvé qu’il était possible de changer un élément en un autre : en retirant 3 protons et 8 neutrons à un atome de plomb, on peut en faire un atome d’or. Si c’est tout bête en théorie, la pratique est bien plus complexe : la fracturation d’un atome de plomb ne peut être faite que dans un cyclotron (accélérateur de particules, à 100 000 km/s), et sa rentabilité théorique d’un gramme d’or par siècle (au prix de 3000 €/heure) n’emballe pas grand-monde.
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homéopathie : fondée il y a deux siècles sur des conceptions contraires à la chimie et la biologie moderne, elle est et reste une pratique non-scientifique de médecine alternative. Le principe de fabrication des médicaments homéopathiques est de diluer des substances qui, si elles étaient concentrées, provoqueraient des symptômes similaires à ceux du patient (« guérir le mal par le mal ») : « Plus on dilue une substance censée avoir un pouvoir de guérison, plus la pilule générée devient active« , selon eux. Les signes « CH » indiquent le niveau de dilution (C signifie dilution au centième et H est l’initiale de Hahnemann). Le « Nux Vomica 5 CH » a par exemple subi 5 dilutions au centième, soit une dilution d’un facteur de 10 milliards ! (et ça peut monter à des niveaux de l’ordre de 200 CH !!!)

homéopathie

Et justement, comme les solutions sont diluées à l’extrême, il ne reste plus de principe actif, donc rien qui ait une action thérapeutique. Cette méthode est donc, au mieux, aussi efficace qu’un placébo (avec plein de sucre en plus). Mais au moins, le placébo ne tue pas les gens en remplaçant leurs vrais médicaments (les mecs veulent même en refiler aux Africains qui ont le SIDA pour les soigner…). Vous saviez aussi que les « médicaments » homéopathiques étaient les seuls autorisés sur le marché qui n’ont pas besoin de montrer leur efficacité ? Pourquoi ? Car ils ne le peuvent simplement pas.
Enfin, les homéopathes utilisent toutes sortes de produits parfois étonnants pour leurs matières premières : foie et coeur de canard, cendres d’un volcan, os de dinosaure, venin de serpent, belladone, vomiquier (arbre dont on extrait du fruit la strychnine, poison violent), eau (tout simplement), lumière de Vénus, alumine (oxyde d’aluminium, Al2O3), dichromate de potassium (K2Cr2O7, utilisé dans les éthylotests, allergène), ambre gris, etc. Je n’invente rien. Tous leurs produits sont recensés sur leur site officiel. (et pas d’affolement, on a vu que tout est dilué à l’infini)
Au terme d’un examen poussé de 225 études sur 65 maladies (réparties en 176 études scientifiques + des évaluations provenant de particuliers et de groupes de soutien de l’homéopathie + des rapports gouvernementaux d’autres pays + des observations cliniques), mené par le conseil australien de la santé nationale et de la recherche médicale (NHMRC, le plus gros organisme dédié à la recherche en Australie), leur rapport conclut que « il n’y a aucune preuve d’une quelconque efficacité de l’homéopathie sur la santé » et « il n’y a aucune évidence de l’efficacité de cette médecine pour soigner les humains« .
56 % des Français avaient pourtant recours à cette méthode de « soins » en 2012, qui est partiellement remboursée par la Sécurité sociale.

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Et encore d’autres qui sont très mineurs et qu’osef : la théorie des atomes cubiques, la planète Vulcain (supposément entre Mercure et le Soleil), notre ADN qui contiendrait un message d’un créateur extraterrestre, l’anti-Terre (planète sur la même orbite que la Terre mais diamétralement opposée par rapport au Soleil), l’odeur de l’électricité (c’était en réalité celle de l’ozone, gaz découvert en 1789 en faisant passer un courant électrique à travers de l’oxygène enfermé dans une éprouvette, et qui est proche de celle de l’eau de Javel), les statues de l’Île de Pâques apportées par des aliens (elles serviraient aussi à capter les ondes maléfiques du monde pour préserver d’autres endroits), le biophoton (un photon qui serait d’origine biologique, émis par les tissus vivants), la théorie de la bipédie initiale (les premiers mammifères [voire l’ancêtre commun à tous les vertébrés] auraient été originellement bipèdes, mais seule la lignée humaine aurait gardé ce caractère anatomique), la thèse de la « masse critique » dite du « centième singe » (quand suffisamment d’individus d’une espèce apprennent un nouveau savoir, toute l’espèce apprend automatiquement et très rapidement ce même savoir, et sans transmission visible), les atomes crochus (les atomes ont des p’tits crochets ou creux pour s’attacher les uns aux autres), le mythe de la surabondance (la Terre a des ressources largement suffisantes pour toute l’humanité, car elles s’auto-régénèrent à l’infini), la cacothérapie (« donner qqch de mauvais pour chasser qqch de mauvais à l’intérieur du corps », pour chasser le démon qui aime les aliments bons ou doux -> les potions étaient à base de fientes de toutes sortes d’animaux, de limaçons/lombrics/punaises de lits, de vieux souliers, d’urine, de cendre, de pourriture de bois…), j’en passe et des meilleurs.

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♪ Dans le cadre de la cacothérapie, je dois manger du caca et boire du pipi~ ♫

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THÉORIES DU COMPLOT :

Je vais aussi consacrer quelques lignes (mais un minimum de mon temps, faut pas déconner) aux fameuses et envahissantes théories du complot qui fourmillent sur Internet :

chemtrails : non, le gouvernement ne s’amuse pas à dépenser des milliards pour financer des looooongues traces bien visibles derrière les avions, qui seraient des produits chimiques destinés à empoisonner la population (pourquoi, d’ailleurs ? Ah, mais bien sûr : parce qu’il serait allié aux méchantes grandes entreprises pharmaceutiques dirigées par les illuminatis communistes du 5ème Reich…). C’est juste la saturation des gaz chauds dans de l’air raréfié (puisque en altitude) qui forme des nuages de condensation allongés. Mais nooooon, il fallait y voir une énième théorie du complot du Nouvel Ordre Mondial des pilotes de Ryanair. Et donner son énergie à la DBZ aux gentilles sylphes des nuages ou vaporiser du vinaigre ne va pas les dissiper plus vite que ce qu’il se passe naturellement avec le vent.
Saviez-vous d’ailleurs que dans la longue liste des personnes et institutions complices volontairement ou pas dans l’épandage des chemtrails selon le site officiel français sur le sujet, les éditeurs de jeux vidéo sont cités, parce que dans le jeu Golf World Tours 2005, le ciel ensoleillé montre quelques unes de ces fameuses traces. Et… c’est tout. Voilà voilà… Mais ils sont quand même tous dans le coup, hein !
(ils figurent en 5ème position du top 6 des théories du complot merdiques de Nioutaik)
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pyramides : non, les aliens/atlantes/[civilisation avancée quelconque] ne sont pas venus voir nos ancêtres pour leur apprendre les secrets de la construction des pyramides, peu importe à quel point ça nous semble hardcore à faire de nos jours avec les moyens à leur disposition. Et non, elles ne servaient ni de parkings pour vaisseaux aliens, ni de messages apocalyptiques, et encore moins de centrales électrique du futur du passé. (Nioutaik passe en revue et défonce toutes les  » »preuves » » des conspirationnistes sur ce sujet)
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– « grand remplacement » : Non, les Africains (maghrébins et subsahariens) et habitants de pays du Moyen-Orient ne viennent pas « envahir » ou « coloniser » la France/l’Europe. Non, ce n’est pas un processus soutenu par une grande partie de l’élite politique, intellectuelle et médiatique, généralement de gauche (les « islamogauchistes », cosmopolites et internationalistes), ni provenant d’une volonté des institutions de l’Union européenne qui « haïrait » les Européens « indigènes » et voudrait leur « asservissement » ou leur « mort ».
(C’est juste une théorie conspirationniste créée et propagée par des mouvements d’extrême-droite nationalistes, imaginant là et craignant une rapide invasion avec le remplacement total de la population et des valeurs de leur chère patrie. Non, la population française que l’on connaît ne va pas être balayée en quelques décennies/générations par les étrangers issus des migrations. Et non, les politiques ne veulent pas accueillir toute la population africaine en Europe. Tout cela vient d’une peur profonde du changement et de l’inconnu, exprimée par l’hostilité et le rejet (xénophobie, islamophobie…), ainsi que la violence idéologique, verbale voire physique pour tenter de maintenir à distance l’objet de ces peurs. L’enfant naît sans connaître les stéréotypes, apprenant soit l’acceptation de la différence, soit la haine de l’autre.)
Bref, c’est juste des pauvres gens qui fuient la misère et/ou la guerre de leur pays pour un continent perçu comme un Eldorado… ou du moins un enfer moins vénèr.
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– « Bush did 9/11″, « 9/11 was an inside job », « jet fuel can’t melt steel beams » : non, les USA, même s’ils sont passés spécialistes dans l’art du bullshit et des coups fourrés dans le dos de leurs concitoyens (cc Trump et ses copains russes), n’ont pas planifié l’attaque des Tours Jumelles (autre génial article de Nioutaik sur le sujet, allez voir, en plus c’est rigolol).
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vaccins toxiques : non, les vaccins ne sont pas fait pour vous empoisonner (même si certains d’entre vous le mériterait), et ne causent pas l’autisme (l’auteur de cette analyse l’a falsifié pour pouvoir attaquer en justice un labo de vaccins) pas plus qu’ils ne rendent stériles les gens. Non, le Ministère de la Santé n’est pas de mèche avec les industrie pharmaceutiques dans le noir dessein de vouloir vous rendre malade au lieu de vous soigner (cf chemtrails). Un vaccin sert à prévenir (plutôt que guérir), minimiser l’impact et la propagation d’une maladie, jusqu’à sa disparition, bande de coincés du bulbe. C’est le même but depuis son invention il y a des siècles (la première mention indiscutable de la variolisation apparaît en Chine au XVIe siècle). D’ailleurs, c’est devenu un phénomène national (55% des français y croient), et à cause des abrutis qui refusent désormais de se faire vacciner (ou leurs enfants), certaines maladies refont leur apparition ou atteignent les plus sensibles. L’immunité de groupe, ça vous parle ?… Plus il y a de gens vaccinés, moins la maladie a de chances de toucher une personne sensible (nourrisson ou personne au système immunitaire défaillant). Et vouloir vivre « au naturel » sans vaccin se révèle souvent un parcours du combattant, ou plutôt du malade… (épidémie de rougeole qui persiste parce que plus c’est long, plus c’est bon ; la rougeole, c’est pourtant pas du pipi de chat ; d’ailleurs, c’est un délit de refuser, vous le saviez ? ; six questions et six réponses sur les craintes des vaccins).
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– « l’Homme n’a pas marché sur la Lune en 1969 » : si, ce n’était pas juste 3 connards sur un plateau d’Hollywood, mais bien des types qui ont fait quelque chose d’incroyable pour la première fois de l’Histoire de l’humanité. Pourquoi faut-il toujours que les idiots remettent tout en doute ?… Sûrement pour se croire plus malins que les autres. Mais c’est raté… (encore et toujours l’analyse de Nioutaik, décidément j’adore ce mec)
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Terre plate : je ne l’ai pas évoqué tout à l’heure mais oui, des types bornés et bien cons sur les bords croient encore et toujours à cette théorie aussi vieille et dépassée que la mode de la tecktonik (merci mon Dieu), et l’un d’entre eux a fondé en 1956 la Flat Earth Society (à son apogée, dans les années 60-70, elle comptait 3500 membres, mais toujours 421 membres en mars 2012 sur le forum homonyme). Pour eux, le monde ressemble à ça :
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Flat_Earth
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L’interprétation moderne de Samuel Rowbotham (1816-) est que la Terre est « un disque plat, centré sur le pôle Nord et bordé d’un haut mur de glace, le Soleil et la Lune tournant autour de la Terre à une distance approximative de 4 800 km« . Les calculs par les lois de la gravitation/relativité (l’astronome français Urbain Le Verrier a prédit mathématiquement l’existence et la position de Neptune avant son observation), les images des satellites ou de l’ISS, rien que le fait qu’un avion puisse faire Tokyo-Los Angeles sans devoir survoler le monde entier : tout ça, c’est du pipeau, inventé par ces salauds de gouvernements, tous ligués avec les agences spatiales.
Cependant, il semblerait que (au moins récemment), les membres de cette société ne se prennent davantage pour des trolls plutôt que de véritables opposants à la théorie de la Terre ronde (même si ce n’est pas certain, ils sont peut-être juste irrémédiablement cons). Dans un tweet de fin novembre 2017, la société répond qu’il n’existe pas de Flat Mars Society parce que Mars a été observée comme étant ronde. La Terre serait donc la seule planète plate pour eux. Les « Flat Earthers » aiment faire valoir que leur rejet d’une connaissance simple constitue une volonté d’adopter des modes de pensée nouvelles et créatives. Ils disent que « croire «les scientifiques» équivaut à croire en une foi religieuse ». Pourtant, nombre de leurs membres sont eux-mêmes croyants en une religion…
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Terre creuse (1818) : non, imaginer une théorie d’une Terre creuse avec un soleil à la place de son noyau et un peuple qui habite autour (de l’autre côté de la croûte terrestre, vous suivez ?) ne rime absolument à rien, et est tout aussi con que d’imaginer que le Soleil est en fait composé de pisse de dromadaire. Comment ça, tu peux pas prouver le contraire parce que personne ne peut atteindre le Soleil sans subir de brûlure au 23² degrés ? Donc c’est forcément vrai ! CQFD ! (ya même un schéma du bouzin)
Rien qu’avec une théorie pourrie appelée la  »gravité », c’est assez compliqué d’imaginer comment le peuple infra-terrien (les Agarthiens ; et par extension tout truc qui ne serait pas soudé au sol) feraient pour ne pas être attiré par le soleil intérieur, et donc disparaître en approximativement 30 s, parce que c’était quand même bien une idée de merde de s’installer là.
Ya aussi, entre autre, que l’existence d’une étoile de 600 miles de diamètre (selon le schéma), soit 965 km, viole le principe de masse suffisante pour démarrer le processus de réaction nucléaire, que OGLE-TR-122b (la plus petite étoile connue), fait  »seulement » 12% du diamètre du Soleil (167 000 km) et 10% de sa masse (~2 x 10^29 kg), ce qui s’approche de la plus faible masse possible pour une étoile (estimée à environ 0,07 à 0,08 masse solaire). Donc, pour un truc 3,6 fois plus petit que la Lune, il lui faudrait au minimum une masse de 1,4 x 10^29 kg, ça ferait selon mes calculs une masse volumique de 100 milliards de kg/m cube, soit 1 x 10^8 gr/cm^3. C’est apparemment la même densité qu’un motherfuckin trou noir de 10 000 masses solaires. Donc le soleil interne ne pourrait pas exister, sinon se serait un trou noir. C’est quand même gênant….
(Nioutaik en parle encore une fois (4ème place de son top 6), il doit avoir une patience de moine shaolin du Tibékistan)
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Théorie de l’expansion terrestre (1889 et 1909) : non, la Terre ne gonfle pas comme un ballon depuis sa création, que ce soit pas l’activité volcanique, la décompression des matériaux à haute densité du manteau, l’accrétion de matière spatiale, voire l’absorption d’éther. Même si ça partait d’une bonne intention pour expliquer la dérive des continents, ça restait beaucoup trop bourré d’incohérences scientifiques, et ça aurait amené beaucoup trop de questions par rapport à ses réponses. Et en plus, ça ne prend pas en compte les histoires de séismes/volcans/montagnes créés par les mouvements des plaques tectoniques les unes par rapport aux autres. (Nioutaik l’évoque aussi juste après la Terre creuse, parce que tant qu’on patauge dans la merde, autant en profiter pour s’en badigeonner partout (sauf dans les yeux parce que ça pique))

Reptiliens / Illuminatis / Francs-Maçons / Sionistes : non, ni les extraterrestres à l’allure de reptiles et buveurs de sang, ni une société secrète séculaire n’ont pris la place de certaines des personnalités les plus influentes du monde pour nous manipuler et instaurer un nouvel ordre mondial…
(Encore une théorie créée par la paranoïa grandissante de certaines personnes (exacerbée depuis l’arrivée d’Internet), qui voient des indices là où il n’y a soit rien, soit du hasard, soit des coïncidences, et qui en concluent des règles (-> cercle vicieux). Il est plus facile d’imaginer qu’une grande méchante société omnipotente et invisible soit responsable de toute la misère du monde plutôt que de tenter de comprendre les innombrables causes et conséquences de toutes sortes d’échanges complexes et d’intérêts divers de millions de personnes. Pourtant, en 2014, 1 français sur 5 croyait à l’existence de ces mystérieux Illuminati qui « tirent les ficelles de l’économie mondiale »). (encore et toujours dans le top 6 de Nioutaik (en 2ème place). Je vous aviez dit que ce mec était une de mes références ?)
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Lobby gay : ordre mondial secret de pareille farine (comme disait Rabelais dans Pentagruel) que les précédentes, sauf que celle-ci est spécialement orienté autour des homosexuels. La communauté LGBT aurait en réalité comme plan de renverser l’ordre moral traditionnel, en organisant un « terrorisme intellectuel«  par la communauté homosexuelle avec une « volonté totalitaire » d’imposer son mode de vie à la société tout entière. Le mec qui a imaginé ça devait fumer des savons, c’est pas possible.
Au départ (~1950) considéré comme un groupe secret concentré sur le domaine des arts et de la mode, choisissant les futures tendances, il devint par la suite (~1970) une « mafia gay/lavande », assimilée à une puissante et influente caste sociale regroupant artistes et politiciens, avant de devenir au final (~2000) une société secrète maléfique, parce que pourquoi changer une recette qui marche ? Même Philippot la jugeait comme venant de la « pire presse d’extrême-droite ». C’est dire. Seuls de rares homophobes qui n’ont pas peur du ridicule ressortent cette expression à l’occasion.
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Nouvelle chronologie ou récentisme : théorie marginale (et WTF) de l’académicien russe Anatoli Fomenko avec comme principal collaborateur Gleb Vladimirovich Nosovsky, qui affirme que la chronologie universellement admise des faits historiques serait incorrecte, et que l’histoire du monde se serait en réalité déroulée sur environ 1000 ans. Les auteurs auraient trouvé que des chroniques historiques de différentes époques ne seraient que des doublons datant de la même période, et ont donc constitué une nouvelle échelle chronologique, en calculant de prétendues « répétitions quantitatives » repérées en comparant des sources de langues et de périodes distinctes. Ils ont donc raccourci à la serpe l’Histoire, pondant une théorie « récentiste », où on apprend par exemple que, suite à un « cataclysme d’origine cosmique », le premier empire historique émergea à l’emplacement de l’actuelle Alexandrie. Les pyramides, temples et obélisques ne furent construits qu’entre les XIVe et XVIe siècles, en « béton philosophal » (inventé par les alchimistes), et Charlemagne ne serait en réalité qu’une légende…
(Cette « étude empirico-statistique de la matière narrative » (houlà) est tellement un monceau de conneries (History: Fiction or Science ?, en 7 tomes) qu’elle n’est pas arrivée en Europe de l’Ouest, et n’est connue principalement que dans les pays de l’ancienne sphère d’influence soviétique. Elle affirme que l’Histoire antique ne serait qu’une vaste invention des Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est considérée par le monde universitaire comme relevant de la pseudohistoire, du négationnisme voire de l’imposture, et bafouant allègrement de nombreuses domaines scientifiques sérieux : archéologie, paléographie, diplomatique, numismatique, sigillographie, codicologie, papyrologie, et la science historique en général.)
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Négationnisme / révisionnisme : un déni de faits historiques, malgré la présence de preuves flagrantes rapportées par les historiens, à des fins racistes ou politiques. Par la suite, il désigne aussi la remise en doute ou la minimisation de la gravité de faits historiques considérés comme des crimes contre l’humanité. Comme tous les conspirationnistes, ils utilisent l’hypercritique des sources et des témoignages, les sophismes, raccourcis, exploitent les moindres failles et ignorance des journalistes/historiens, dans le but de créditer leurs propres théories, et méprisent toute preuve apportées contre celles-ci, profitant en même temps d’une publicité apportée par leurs opposants scientifiques/historiens… Quand on leur reproche la gravité de leur propos, ils invoquent la liberté d’expression et la liberté de recherche historique… Le révisionnisme est parfois adopté par tout un pays, notamment les pays totalitaires et/ou à tendance nationaliste forte (surtout le Japon, la Chine et la Russie stalinienne).
Il en existe différentes sortes : négation de la Shoah (soit il n’y a pas eu d’intention d’exterminer les Juifs, soit que les moyens de réaliser cette extermination, notamment les chambres à gaz, n’ont pas existé ; pratique interdite par la loi dans 17 pays), négation du génocide arménien (perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale), du massacre de Nankin (par l’armée impériale japonaise de d à , du génocide au Rwanda, le Goulag russe et les massacres pratiqués par les Khmers rouges au Cambodge, etc…
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Moteurs à énergie libre/infinie/mouvement perpétuel : non, les moteurs de ce genre n’existent pas, et il y a de très grandes chances pour qu’il n’existe jamais et ce, sans même que les lobbies pétroliers ou les illuminatis venus de la constellation de mes fesses ne s’en mêlent ! Aucune machine, ni aucun système quel qu’il soit, ne peut générer plus d’énergie en sortie qu’il ne lui en a été donné en entrée, ça violerait les lois de la thermodynamique (et violer, c’est mal, askip) : au mieux, il pourrait éventuellement exister une machine au rendement parfait (donc de 1) qui tournerait indéfiniment, mais c’est juste qu’elle ne gaspillerait aucun pouillème de l’énergie reçue au départ (et il y a plein de façons d’en perdre). Les supraconducteurs sont très proches de ce rendement parfait, car ces conducteurs parfaits ne produisent aucun effet joule (l’électricité qui se dissipe en chaleur), mais ils nécessitent des températures proches du zéro absolu (3 K, soit -270°C, ce qui est bien chiant à obtenir) et perdent quand même un peu d’énergie au fil du temps, et doivent donc être rechargés de temps en temps (toutes les quelques années).
CEPENDANT, en aucun cas cette machine ne pourrait produire plus d’énergie qu’il ne lui en a été fourni pour initier son mouvement : si on prélève de son énergie pour, par exemple, alimenter un moteur, son rendement diminuera et la machine cessera rapidement de fonctionner. En plus, de gros problèmes de logique se posent dans cette théorie, notamment le fait que les mégacorporations ignoreraient volontairement une source propre et infinie d’énergie pour continuer à utiliser les énergies fossiles (et limitées), donc à polluer exprès.
Cette théorie du complot est née d’une combinaison d’ignorance, de rêve innocent (« Si c’est Bien ça doit exister ! »), de croyance en la toute-puissance de la science (qui reste de la science, pas de la science-fiction ni de la magie), et de paranoïa contre le gouvernement et autres sociétés secrètes. (article de Nioutaik, prix Nobel d’intelligence cru 2065 spé choucroute)

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MENTIONS SPÉCIALES :

J’aimerais aussi mentionner le blog d’un pseudo-scientifique, Roger Robert, que j’ai trouvé par hasard en cherchant une des théories du complots au-dessus, qui pensait tout savoir mieux que tout le monde, et sortait des âneries colossales, qu’il a d’ailleurs rassemblé dans un bouquin (parce que pourquoi ne pas en profiter pour se faire un peu de blé, hein, et puis 30 € c’est « accessible à toutes les bourses » (selon l’intéressé)).
C’était un partisan (entre autres) de l’expansion de la Terre, des chemtrails (salauds de Monsanto !), de l’éther qui crée le champ de pesanteur… Au contraire, il réfutait un nombre incroyable de théories et faits scientifiques avérés : réchauffement climatique, mouvement brownien, antimatière, exoplanètes, utilité du CERN (un tas de clampins qui interprètent comme ils veulent des dessins de lignes tordues et courent après les subventions), gravitation de Newton, théorie de la relativité, et bien d’autres encore.
Il arrivait à remettre en doute des schémas et lois scientifiques plus vite que Macron ne te sucre tes APL : « Pourquoi ya quasiment pas d’hydrogène dans l’atmosphère terrestre alors qu’il constitue 75% de l’Univers ? Checkmate, scientists ! » Peut-être simplement parce que ça a été expulsé par la chaleur du Soleil peu après la formation de la planète ? « OLOLOL, l’ozone est un gaz lourd formé au niveau du sol par les moteurs, et par la magie du démon, il se retrouve en altitude où il a rien à y faire. TOUNÉKETRONPRI ! » Ou alors l’ozone était déjà là depuis longtemps, formé par réaction entre les molécules de dioxygène (O2) de l’atmosphère et les violents rayons ultraviolets du Soleil qui les découpaient en atomes simples (O) avant qu’ils ne se réassemblent en ozone (O3) ?

De manière générale, il essaye en permanence de torpiller (ou plutôt, remettre en doute) tous les acquis de la science lors de ses analyses foireuses et ses raisonnements bancals, et de mettre sur le devant de la scène ses propres théories qui sont, elles, issues de la vraie vérité de la science, avec des trucs bricolés de toutes parts. Et il prend généralement les scientifiques pour des idiots en sortant des évidences du genre : « Prenons l’exemple des mesures de la composition des étoiles par le spectre d’absorption de raies. Ceux-ci montrent TOUJOURS la présence d’hydrogène ! Cet hydrogène ne serait-il pas celui qui englobe notre atmosphère, par hasard ? » (No fake, j’ai rien retouché). Et tu penses vraiment que personne y aurait pensé avant depuis des décennies que ça existe, espèce de demeuré ?… C’est comme si tu sortais « Eh, les photographes ! Si vous enleviez le flash automatique de votre appareil, eh bien vous photographieriez les objets comme ils sont réellement ! Allez, vous me remerciez plus tard ! ;D  » No shit, Sherlock
Il a aussi par exemple inventé la théorie du « Modèle de l’Atome à Electrons Statiques«  (MAES), dont il est très fier (vu qu’il la ressort à tout bout de champ pour expliquer tout et n’importe quoi), avec des histoires de rayons magnétiques, thermiques, et les électrons qui véhiculent des « rayons électriques et lumineux de proche en proche », qui ne sont ni des ondes ni des corpuscules, etc.

D’après ce que j’ai compris, il a quitté le monde des scientifiques parce qu’il restait des mystères (bah oui, c’est justement parce qu’il y a de l’inconnu qu’il y a des chercheurs…), parce que « l’approche scientifique actuelle manque grandement de fondations sur la logique et des explications » (lol) et surtout, je cite : « faire l’effort d’admettre une vérité, dictée par des modèles mathématiques douteux et des validations peu crédibles, n’a jamais été ma façon d’imaginer la Science« . Bref, comme tu veux pépé, mais ce n’est pas parce que les scientifiques essayaient de te ramener du côté « raisonnable » de la science que tu devais l’accuser d’être l’équivalent d’une secte dominée par une pensée unique essayant de rattraper une brebis perdue. Car si demander aux gens d’accepter des théories scientifiques maintes fois prouvées et étayées par des raisonnements et preuves justifiables et utilisables, c’est être une société dictatoriale, bah… c’est que juste que t’as un problème avec l’autorité ou la rigueur scientifique, pas que t’es un esprit illuminé dans un monde de moutons crédules.

Un navrant exemple d’intelligence gâchée (parce que oui, il semblait touchait sa bille dans pas mal de domaines, et était ingénieur en mécanique et en gestion) par un manque total de remise en question de lui-même couplée à une confiance absolue en ce qu’il racontait, et à la certitude qu’il était plus ou moins un génie incompris et un pauvre martyr, car il osait remettre en question de nombreuses sacro-saintes lois scientifiques et se faisait crucifier par l’Inquisition Scientifique. « Les « scientifiques » sont infectes [sic] à mon encontre, car ils savent pertinemment que leurs théories sont parties, depuis longtemps, dans des aberrations honteuses qui discréditeront à jamais l’esprit humain.« , écrivait-il dans une lettre ouverte de mai 2011. Malgré certains acharnés qui tentaient encore et toujours de pointer ses erreurs pour lui faire comprendre qu’il s’enterrait toujours plus profond, il aura jusqu’au bout cru dur comme fer à ses conneries.
(Enfin bon, le critiquer, c’est un peu tirer sur l’ambulance, car il est mort en novembre 2012 d’une crise cardiaque, comme indiqué sur le dernier post du site par son fils. Par respect pour lui, oubliez-le, ça vaudra mieux.)

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J’ai ensuite découvert quelques jours plus tard un autre site. Et quel site ! C’est littéralement le plus grand rassemblement de thèses conspirationnistes et de fausses croyances que j’ai jamais vu. TROIS CENT QUATRE-VINGT-DIX CATÉGORIES. A côté, Roger Robert, c’est de la rigolade. Parce qu’il(s ?) ne renient toutes les thèses scientifiques comme le premier, mais accepte et mélange allègrement absolument tout en même temps. On passe du coq sioniste à l’âne reptiloïde en moins de temps qu’il n’en faut pour courir chercher sa bouteille d’eau de Javel et se la vider dans les yeux (histoire de ne plus jamais voir de choses pareilles).
Quelques passages que je n’ai retouché en aucun point :
> « Comme nous vous l’avons souvent dit ou écrit, les races prédatrices de l’humanité sont déjà sur Terre depuis près de 10 000 ans, dont ceux que l’on appelle les Illuminati-reptiliens-sionistes-satanistes ou les Grands Gris reptiliens, (les élites de la Franc-maçonnerie). Ils sont les instigateurs et promoteurs du Nouvel Ordre Mondial, depuis au plus proche, la Civilisation Sumérienne. Et Nouvel Ordre Mondial dont la base est l’instauration au préalable, de l’Unique Religion Mondiale, et dont nous croyons, même si cela doit vous choquer que le Vatican est le siège Mondial des Illuminati-reptiliens, avec ses organisations satellitaires dont l’ONU et l’OTAN. » (lien de la page)
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> « Ils nous prennent encore pour des imbéciles avec leur virus Ebola, ce d’autant plus que s’ils veulent nous éliminer c’est très facile avec les avions de pulvériser un virus fabriqué en laboratoire comme ils le font déjà avec les chemtrails depuis quelques années. De plus qui peut vérifier les données communiquées par les merdias aux ordres sur le nombre de décès dû au EBOLA ? Personne ! Encore du Hollywood en vue !
Mais il faut bien nous entretenir dans la peur pour nous paralyser et nous empêcher de les virer du pouvoir ! » (lien de la page)
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> « L’Univers est électrique et éternel, tout comme nos âmes divines. […] Il s’agit simplement d’être les témoins de notre évolution neurologique et spirituelle et de notre passage vers une nouvelle dimension et vers un nouveau monde de lumière et de vérité. » (lien de la page)
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> « Au XXIe siècle, les élites se soucient du fait qu’une nouvelle élite puisse émerger des plus de 6 milliards de terriens, qui pourrait contester leur emprise sur le règne de la force. C’est une raison pour réduire la population à un niveau gérable. Une autre raison est le contrôle du comportement des serfs existants et leur conduite comme un troupeau qu’on mène à l’abattoir.
Comme nous l’avons établi dans divers documents, les membres de l’élite sont relativement ouverts dans leur désir fiévreux de perpétrer meurtres en masse et épuration ethnique. Dans la préface de sa biographie, le Prince Philippe a écrit « Si je devais me réincarner, je voudrais revenir sous la forme d’un virus mortel, afin de contribuer à résoudre le problème de la surpopulation. »  » (lien de la page)
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> « L’AIPAC, le lobby sioniste Israélien, définit la politique étrangère US pour le proche orient. Tout candidat à la présidence des Etats-Units doit impérativement faire allégeance à Israel, sinon il ne peut pas devenir président ! Et comme en France, les sionistes maitrisent la majorité des grands médias. » (lien de la page)
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> « Au Vatican quatre loges (maçonniques de rite écossais) préparent une super religion mondiale la base idéologique du Nouvel Ordre Mondial Illuminati. L’UNIQUE RELIGION MONDIALE qui doit être le préambule à l’instauration du Nouvel Ordre Mondial par les Illuminati/Sionistes/Reptiliens ! » (lien de la page)
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> « En prévision de ce qui se prépare depuis 60 ans avec la création de l’Union Européenne Nazie et notamment depuis l’année 2014 contre la Russie et le coup d’état fomenté par la caste contre l’Ukraine et pour finir avec l’élection truquée en France, visant à mettre en place MACRON/ROTHSCHILD, nous allons droit vers le mur et le 4ème REICH et surtout vers une guerre nucléaire contre la Russie et la Chine ! » (lien de la page)
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> « Ce que les religieux, les scientifiques, les politiques et les médias ne nous dirons pas, c’est que nous changeons d’ère tous les 3600 ans sous l’influence de l’arrivée de planètes dans notre Galaxie, ce que toutes les anciennes civilisations connaissaient dont celle des Mayas. L’arrivée de ces planètes provoque des explosions et tempêtes solaires dont les effets ne manquent pas de se faire ressentir non seulement sur la Terre et sur tous les êtres humains, mais aussi sur toutes les planètes de notre Galaxie. Il suffit de s’informer régulièrement pour se rendre compte que toutes les planètes de notre Galaxie sont elles aussi soumises au phénomène du réchauffement sous l’influence des explosions et tempêtes solaires.
Se pourrait-il alors que l’homme et le CO2 soient responsables des explosions et tempêtes solaires et du réchauffement des autres planètes ? […]
Selon cette réalité, tout l’Univers est en fusion ou en réchauffement, et ni le CO2 ni l’homme ne sont à l’origine de ces phénomènes. Nous devons prendre en considération cette réalité : celle que nous sommes actuellement les témoins d’un changement d’ère et de notre possible évolution vers un autre état vibratoire, sur lesquels nous ne pouvons avoir aucune incidence. Sauf à changer notre état de conscience individuel et à en devenir les acteurs conscients et actifs, afin de nous rendre tous solidaires de l’humanité tout entière, de refuser les guerres et de rejeter l’emprise que l’on exerce sur nous par le biais du Ministère de la Peur que l’on nous agite en permanence. » (lien de la page)

Et un petit schéma venant de leur page Facebook, parce qu’il était important de faire de l’ordre dans tout ça (et puis ça fait plus sérieux, quand même. Peu importe si on mélange tout et tant pis si l’OMS est rangé dans le pouvoir militaire et policier) :

Schéma tout est lié illuminatis reptiliens.png

Bon, on va s’arrêter là, vous avez compris le genre. Mais n’empêche quoi… Tu te dis que ce mec (même si je crois qu’ils sont au moins 2 à gérer le site) a peut-être une famille, des amis, qu’il avait une vie normale avant, et qu’il a fini par se faire laver le cerveau par toute cette merde conspirationniste qui traîne sur Internet. Il tient un site pour critiquer tout et tout le monde, et tenter d’informer/d’alerter/faire réagir/défendre la « vérité »… Ça me rend triste. Autant Robert m’énervait et me fatiguait plus qu’autre chose, parce qu’il était juste implacablement borné et se prenait pour un scientifique révolutionnaire échappant à un système oppressif alors que c’était juste un guignolo doublé d’un charlatan, autant là, j’ai juste de la peine pour lui. Tant de mois cumulés (3 mois pour lire tous les documents de leur blog, selon leur article de bienvenue) à sillonner Internet à la recherche de sujets/nouvelles et pour écrire ses articles sans queue ni tête… alors qu’il aurait les passer à, je sais pas, peindre, voyager, travailler comme bénévole, faire son arbre généalogique, jouer aux jeux vidéo, faire du mini-golf, apprendre l’écossais, j’en sais rien… Mais pas à faire ÇA. Ce sera pourtant son héritage, ce que le peu de gens qu’il connaît (s’ils sont au courant) et les membres de son site retiendront de lui : c’était un taré total qui adhérait à la moindre théorie merdique sur « l’élite qui domine le monde » et « tou né ke tronpri ». Mais bon, chacun fait ce qu’il veut de sa vie, après tout…

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CONCLUSION :

C’est sur cette note un peu triste que je vais pourtant vous laisser. Je pensais que ce serait un truc vite expédié, du genre de quelques jours, mais encore une fois, je me suis laissé emporté, fasciné par à quel point l’Homme peut croire des monceaux de stupidité soit parce que ça concernait un nouveau domaine peu/pas connu, soit parce que ça bouleverse l’ordre établi et ça les fait sentir comme des rebelles. Malheureusement, ce ne seront pas des rebelles comme les Résistants dans le Maquis, plutôt des rebelles du genre des ados qui fument en cachette et écoutent du rap, sauf qu’en fait ils fumeraient de l’amiante et écouteraient de l’ASMR).

On se retrouve prochainement pour un nouvel article très différent sur un sujet que je voulais faire depuis un bon moment. La seule chose que je peux vous en dire pour l’instant (pour ne pas gâcher la surprise), c’est que vous pourrez réutiliser ce futur blog pour vous amuser en faisant travailler votre imagination ! (dat cliffhanger~~ :3c )

Pour conclure, je dirais aussi :
Ne prenez pas les théories scientifiques trop au sérieux (ça n’en sera plus dur qu’au moment où il faudra établir ses limites/son obsolescence, car aucune loi/théorie scientifique n’est absolue ni éternelle),
mais ne tombez pas pour autant dans la paranoïa et la remise en doute de tout et n’importe quoi (de nos jours, les scientifiques savent désormais globalement davantage ce qu’ils font, suivent des protocoles plus stricts, et s’avancent moins avant d’être certains de ce qu’ils racontent : si Karl Popper a émit les critères de la scientificité d’une démarche se disant scientifique, c’est pas pour faire joli),
et enfin, informez-vous ! Car « La connaissance est le pouvoir. » disait Andrea H. Japp (même si j’ignore totalement qui c’est).
(PS : Aristote, c’était vraiment un gros boloss.)

Allez, tschaw ! o/

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Principales sources :

(j’ai pas pensé à le faire au début, donc il va manquer plein de trucs, mais bon, personne regarde jamais les liens :v ) :

Wikipédia (évidemment), pour les théories
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Th%C3%A9orie_scientifique_obsol%C3%A8te
https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Obsolete_scientific_theories
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-science
+ les pages que j’étudiais par rapport à ça (pollution, (théories de) vraies sciences, éléments, personnages, époques…)
– L’Express (pour les quelques « théories folles de l’Histoire », comme sur les Atlantes, les statues de l’Île de Pâques ou le récentisme)
– Vikidia (parce que Wikipédia, c’est quand même bien technique des fois. Un peu de simplification niveau pré-ado, ça détend les neurones. Mais ya très peu de pages, c’chiant) par ex pour la génération spontanée ou le créationnisme.
http://observatoireprevention.org/2017/08/24/limpact-devastateur-de-pollution-atmospherique-sante-cardiovasculaire/
http://tpehygiene.e-monsite.com/pages/a-grandes-inventions-et-decouvertes.html
http://thedoc777.free.fr/pageastro.htm (les conneries de l’astrologie)
http://owni.fr/2011/01/23/quand-les-produits-radioactifs-etaient-en-vogue/index.html (produits radioactifs)
https://www.orau.org/ptp/collection/brandnames/brandnames.htm (produits radioactifs, encore)
https://books.google.fr/books?id=0SMWAwYsB0IC&pg=PT178&lpg=PT178&dq=provaradior&source=bl&ots=z2jKQxz7nB&sig=Kkfso8m1w9xN9IoU3XSfwo–2EU&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwif38620LPZAhViOMAKHcOwCjoQ6AEIRTAJ#v=onepage&q=provaradior&f=false (bouquin avec encore des produits radioactifs cités)
http://lasciencepourtous.cafe-sciences.org/articles/lessupersetatssupraconductiviteetsuperfluidite/ (la supraconductivité expliquée)
http://www.cailledesbles.fr/pierre_belon_histoire_de_la_nature_des_o2385949/ (Pierre Bedon, pour compléter sa page Wiki)
http://atlantides.free.fr/armee.htm (calcul des effectifs atlantes)
http://ugo.bratelli.free.fr/Platon/Platon-Critias.htm (texte complet de Critias, ou l’Atlantide)
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/03/16/23516-rapport-demontre-linefficacite-lhomeopathie (article avec le rapport sur l’homéopathie)
http://blogs.univ-poitiers.fr/n-yeganefar/2013/04/01/homeopathie-vous-reprendrez-bien-un-peu-de-sucre/ (article de critique à la sauce Nioutaik de l’homéopathie)
https://books.google.fr/books?id=YA4NAQAAIAAJ&pg=PA14&lpg=PA14&dq=cacothérapie&source=bl&ots=FJe1AG5Tv-&sig=IAhNpAU0wDRiQWNvjQMqUIXqOBQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwis94DCq7jZAhXLyKQKHfOyDzAQ6AEIKDAA#v=onepage&q=cacoth%C3%A9rapie&f=false (théories médicales anciennes)

Une réflexion au sujet de « Vieilles théories obsolètes et farfelues, ou Quand l’Homme tente d’expliquer des trucs avec les moyens du bord (ou qu’il n’y connaît rien) »

  1. Ping : Pourquoi je suis athée – 10 problèmes des religions | DJOnePiece300

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