L’Infernal Remake Dantesque ! – Chant XIV – Il vaut mieux en rire

Nous sortions de la forêt des suicidés quand nous vîmes une immense étendue couleur platine devant nous, mer de sable blanc plus blanc que blanc (et pas grâce à Omo). La température très élevée perturbait l’air, et les mirages provoqués faisaient danser les dunes comme du linge étendu au vent. La blancheur pure renvoyait la lumière de l’astre divin, ce qui défonçait les yeux sa mère.

« – Merde ! m’écriais-je. Déjà que j’ai les yeux sensibles, j’vais crever avec toute cette blancheur ! On se croirait dans un film d’Hollywood !
–  J’ai l’habitude de me cramer les rétines avec la lumière bleue des PC, mais même là, je dois avouer que je prends cher ! se plaignit Bob Lennon.
– Allons allons ! tempéra Virgile. Prenez sur vous ! Votre peine est infime comparée au tourment infini des âmes damnées de ces cercles infernaux !

– C’est souvent une bonne grosse phrase de merde à sortir, ça… marmonnais-je. Il ne faut pas classer le malheur des gens et les dénigrer…
Le fantôme grec sortit une paire de lunettes de soleil de sa toge, le pyro-barbare préférant souffrir, parce que « pleurer du sang, c’est metal » (sic).
– Tiens, mets ça et arrête de geindre. Je n’en ai personnellement pas besoin, puisque mes yeux éthérés ont perdu depuis longtemps leur sensibilité terrestre.
– C’est bien pratique d’être un fantôme, dis donc…
– Tu verras quand tu seras mort. Mais passons, et intéressons-nous à ce paysage surréaliste : il s’agit du troisième et dernier giron du cercle de la Violence, une immense étendue de sel, où errent les pauvres hères qui ont offensé le Divin (1) ! Usuriers, sodomites et blasphémateurs sont brûlés et aveuglés par cet or blanc qui, en petite quantité, est bénéfique pour le corps et les papilles, mais est néfaste si trop consommé : ainsi, tout comme leurs ardeurs furent irréfrénées ou leurs actions non naturelles et stériles, la punition de Dieu les plonge dans ce désert des souffrances qu’ils lui ont infligé, tout en blessant leur propre âme.
– …Tout ce sel, on dirait Internet.
– …Oui, aussi. Et le web fut d’ailleurs un lieu de perditions pour beaucoup de ces malheureux, leur permettant de voir nombre bougreries et sodomies de la part de fot-en-cul (2). »

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Les pécheurs de ce cercle, nus, ont différentes attitudes : assis, allongés par terre ou marchant sans cesse. Ainsi, ils ressentent plus ou moins de douleur causée par le contact caustique du sel ainsi que la chaleur étouffante qui y règne. De plus, les sodomites sont forcés de baisser constamment les yeux, car si quelqu’un les regarde, il subira une cuisante douleur, comme si on le brûlait en l’approchant trop d’un feu (3).
Le Phlégéthon, le fleuve de sang et de feu que nous vîmes dans le champ de bataille du début de ce cercle, serpentait parmi le désert stérile tel une plaie ouverte sur un os. Virgile m’indiqua qu’il fallait le suivre afin de traverser rapidement cet endroit inhospitalier et accéder rapidement au prochain cercle. Notre ami berserk nous suivait toujours, s’extasiant sur la beauté macabre du lieu (« Waaaah, c’est trop stylé !« ), et traînant derrière lui son monstre plus ou moins apprivoisé, qui semblait peu enclin à le suivre.

Avançant vite mais prudemment, afin de ne pas risquer de glisser dans ce bouillon écarlate, je remarquais un groupe de damnés étendus sur le sol salé. Ils étaient en train de chantonner une chanson. En ayant fait part à mon guide, il accepta que nous nous écartions du chemin adjacent au ruisseau de flammes pour aller les voir.

« – (en chœur) *sifflent un petit air* 
Salut les mecs. On dirait que ça se passe bien ? lançais-je
Bien sûr mon ami ! dit l’un d’entre eux, un large sourire sur son visage en partie attaqué par le sel. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !
Pourtant, d’un point de vue extérieure, votre position a l’air peu enviable…
On sait que la vie – ou la mort, dans notre cas – peut parfois sembler frustrante ou injuste, reprit une autre. Mais il faut prendre ça avec le sourire !
Après tout, continua encore quelqu’un d’autre, quand on y pense, rien de tout ceci n’est important. On se fait bouffer le dos par le sel, ok. Mais on est ensemble, on est peinard, il fait bien chaud, et mon bronzage est vraiment impeccable maintenant ! Ça pourrait être pire ! On est pas bien là, les mecs ?
Carrément !
Impec !

Allez Bryan, fais pas la gueule ! La mort, ce n’est qu’un deuxième mauvais moment à passer ! Et encore… Suffit d’attendre tranquillement le Jugement Dernier, et ce sera comme si rien ne s’était passé ! Alors en attendant, gardons le moral et rions de tout ceci !
Sinon, pouvez-vous me dire qui vous êtes, les joyeux lurons ?, interrogeais-je.
Oh, eh bien, déclara le premier, il serait plus simple vous vous que nous disions ce que nous avons fait pour arriver ici : personnellement, je suis sûrement là pour mes  »surpeintures » iconoclastes et crues (4) ; à ma droite, vous avez celui qui modela un Christ exécuté à la façon de l’Oncle Sam (5) ; il y a aussi l’homme qui offensa le peuple hellénique avec sa réinterprétation de la vie du Messie (6) ; d’autres encor qui se mirent à dos les cathos pour avoir crucifié diverses choses (7) ; et j’oublierai presque notre groupe préféré, les Beatles du rire, qui sont passés maître du burlesque absurde (8).
– Il n’y a donc que des artistes ici ? demandais-je, surpris.
– Non, bien entendu. Même si vous croiserez ailleurs bon nombre de musiciens de ce style agressif et provocateur, qui portent rarement la religion dans leur cœur(9), il y a aussi tout un peuple qui est réputé pour exprimer ses émotions par des jurons relatifs à la secte du p’tit Jésus et autres accessoires liés (10). On peut parfois en entendre un qui craque et hurle : « ESTI D’TABARNAK D’CÂLICE DE VIARGE DE CRISSE DE CIBOIRE DE MAAAAAARDE !!! » Ça doit défouler, mais nous, on préfère prendre ça à la cool, et profiter de notre mort. Oublions toutes ces conneries de péchés, de rédemption, de Dieu et de Diable, et amusons-nous !
– (tous, en chœur) ♪ Always look on the bright side of life~ ♫  » (11)

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Les laissant à leur ataraxie optimistico-épicurienne, nous reprîmes le trajet. Le roi des barbares commenta que ce n’était pas une existence très stylée, et qu’ils pourraient au moins se rebeller un peu et tenter de lutter contre leur sort plutôt que de  »rester allongés dans leur déchéance comme des glands » [sic]. Après que j’ai rétorqué que ça n’aurait servi à rien de toutes façons, vu que même si par un miracle inexplicable ils avaient pu se relever, ils n’auraient pas pu fuir de ce cercle, sauf s’ils souhaitent descendre encore plus profond dans les abysses de la souffrance.
Heureusement, alors qu’il commençait un réquisitoire sur l’importance de la volonté, Virgile l’arrêta pour nous demander quelque chose :
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« – Mes jeunes disciples, avez-vous connaissance de l’origine du flot ardent ci-contre qui, telle la Route de la Soie guidant les marchands intrépides et les pèlerins opiniâtres à travers l’inhospitalier Turkestan et ses contrées avoisinantes, nous aiguille hors de cette thébaïde funeste ? (12)
…Euh… Kékidi le monsieur ? J’parle pas l’intello, moi ! protesta Bob. Et j’suis pas son disciple, nan mais oh ! Il m’a pris pour un péon ?!
En gros, il demande si on sait d’où vient le Phlégéthon, traduis-je.
…Ah ouais, bonne question ça, gamin ! A force de le voir tous les jours, j’l’ai intégré au paysage sans me poser la question. J’ai foutrement aucune idée d’où il vient, mais ça doit être un truc vénèr pour cracher une rivière de feu comme ça !
Bon, vu que j’ai aucun moyen de savoir moi non plus, je vais devoir donner ma langue au chat, conclus-je.
Voyez-vous, professa-t-il, tout content de pouvoir ramener sa science, les fleuves infernaux sont au nombre de cinq : l’Achéron, le Styx, le Phlégéthon, le Cocyte, auxquels se rajoutent la Sanzu-no-kawa. Chacun de ces torrents naît d’une grande statue thérianthrope, ayant vingt fois la taille d’un homme, et située au sommet de notre entonnoir infernal, au niveau de la porte à la cruelle inscription.
Sachant que les cinq sculptures de pierre sont placées à égale distance l’une de l’autre, elles forment au-dessus des abysses un pentagone régulier convexe… mais aussi un pentagramme diabolique, dont le Malin en personne est le barycentre.
L’affluent de la haine jaillit d’entre les crocs acérés d’un homme à tête de hyène ; Le torrent de flammes est vomit par son voisin à figure léonine ; Le fleuve du chagrin se déverse du bec hargneux d’un corbeau humain ; Le flot des lamentions coule quant à lui des pupilles d’une personne paon ; Finalement, la rivière grouillant de serpents a sa source dans la gueule d’un âne-garou. (13)
C’est quoi ça, le zoo de Vincennes ?
Ouais, c’est spaaaaace !
Taisez-vous, jeunes béotiens ! Il s’agit de symbolique ! Maintenant continuons, ces steppes salées ne sont pas prêtes d’être traversées. »

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désert blanc

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1) Enfer, 7ème cercle, 3ème giron : violence envers Dieu. Les blasphémateurs furent violents envers Dieu, les sodomites violents envers la Nature (engendrée par Dieu), et les usuriers violents envers l’Art (petit-fils de Dieu).
Les  »intellectuels dévoyés » (= qui ont quitté le bon chemin, celui de la vertu, de l’honneur, de la raison, du bon sens), violents contre l’esprit du fils de Dieu, font apparemment partie des sodomites, probablement parce qu’ils ne sont pas de bons chrétiens acceptant bêtement ce que dit la Bible, la remettant au moins en partie en doute. Mais Brunetto Latini aurait peut-être été classé par Dante parmi eux pour avoir écrit son oeuvre en français au lieu du toscan, ce qui est  »violent envers l’esprit » (supposément, on sait pas trop, c’est peut-être aussi parce qu’il élaborait dans un bouquin une philosophie laïque qui place le langage comme lieu privilégié de l’action politique). Bref, c’est pas du tout clair, et ils ne sont de toutes façons pas nommés dans une catégorie spécifique.
L’Église catholique romaine condamne la sodomie car elle détourne la sexualité de son but sacré, qui est la procréation. Cette pratique étant donc contre nature, elle va contre la volonté de Dieu, Auteur de la nature.

2) Bougrerie : (Vieilli) Coït anal.
Sodomie : (Sens biblique) Toute relation sexuelle hors mariage.
Fot-en-cul : Sodomite médiéval.

3) J’ai remplacé la pluie de flocons de feu du livre original par ça : l’histoire du regard qui brûle les autres, c’est pour représenter physiquement le jugement (silencieux) des autres. Vous avez déjà senti le regard des autres en public ? C’est très pesant. Même le regard d’une seule personne peut mettre mal à l’aise. Alors quand on regarde/juge qqn pour sa  »déviance » sexuelle (le kinkshaming), c’est encore pire pour lui, car cela concerne un domaine encore plus tabou. Cela ne concerne pas les usuriers et blasphémateurs, qui donnent souvent peu d’intérêt à l’opinion des autres sur ce qu’ils disent/font.

4) Arnulf Rainer (1929-) est un peintre autrichien connu pour son art informel abstrait et ses portraits retouchés et griffés. L’œuvre d’Arnulf Rainer consiste à détruire pour mieux construire.
S’il est un artiste contemporain que l’on peut qualifier d’iconoclaste, c’est bien lui. Il a forgé son style en recouvrant des peintures anciennes, en les lacérant, en les raturant, en les griffant ou en les déchirant. C’est ce que l’on a appelé ses “recouvrements” ou ses “surpeintures” (Ubermalungen). Et, parmi ces peintures recouvertes, il y a des visages du Christ (‘‘The Overpainting of Christ », 1984), des croix ( »Wine Crucifix », 1978), des figures religieuses. On peut donc légitimement dire que Rainer est iconoclaste. Ses gestes violents sont d’abord là pour provoquer, pour dénoncer le côté conventionnel d’une peinture religieuse qui ne correspond plus au goût actuel. Rainer s’oppose également par ces gestes répétés et agressifs aux idées théologiques qui sous-tendent un certain nombre de ces œuvres, à savoir l’expression d’un christianisme établi, détenteur des clés de la culture et de la création artistique. Mais ces “ actes destructeurs ” ont aussi une autre signification, qui apparaît quand on réalise que Rainer ne recouvre jamais totalement ces figures. Ces recouvrements expriment métaphoriquement l’idée que l’action des humains ne pourra jamais totalement cacher ou évacuer la présence de Dieu, lequel est caché au plus profond de nos actions de désespoir, ou au-delà de nos gestes de destruction. L’iconoclasme d’Arnulf Rainer acquiert alors une valeur positive en ce qu’il transforme l’objet détruit en un chef-d’œuvre de l’art contemporain.

5) Paul Fryer (1963-) est un artiste britannique spécialisé dans les sculptures de cire, comme son œuvre phare,  »Pieta (All Flesh is Grass) » (1983), qui incarne la fascination de l’artiste pour le « côté obscur » de la science. Traditionnellement dans l’art pictural religieux, la pieta représente la mère du Christ, tenant son fils mort dans ses bras à sa descente de croix. Celle de Paul Fryer est différente en ce sens que le christ repose, mort, sur une chaise électrique. Travaillée de façon très réaliste mais à des proportions moindres qu’un corps réel, cette Pieta tragique émeut et suscite l’empathie. Présentée à la cathédrale de Gap, l’oeuvre a déclenché notamment parmi les croyants des avis très partagés.

6) Gerhard Haderer, caricaturiste autrichien, utilise l’art depuis des années pour faire véhicule des idées, des messages et faire réfléchir le public sur le fait que notre société actuelle est loin d’être parfaite. Il rejette l’Eglise catholique ainsi que ses dogmes sans oublier d’épingler les hommes politiques de droite et d’extrême droite. Son livre  »La Vie de Jésus » avait créé de vives polémiques en Autriche, notamment de la part de l’Eglise. L’archevêque de Vienne, Mgr Christoph Schoenborn, a demandé à Gerhard Haderer de présenter ses excuses aux chrétiens pour avoir ridiculisé et tourné en dérision leur religion.
Haderer ne savait même pas que son livre avait été publié en Grèce, jusqu’à ce qu’il reçoive en 2005 une injonction à comparaître devant un tribunal d’Athènes sous l’accusation de blasphème et, suite à son refus de venir, fut condamné à six mois de prison avec sursis par contumace. Le livre de Haderer est le premier à être interdit en Grèce depuis plus de 20 ans, et il est le premier artiste à tomber sous le coup du système de mandat d’arrêt européen depuis son entrée en vigueur en juin 2002. La publication de la Vie de Jésus du dessinateur Gerhard Haderer a choqué l’opinion publique et a été dénoncée par de nombreux évêques. Il sera acquitté quelques mois plus tard après avoir fait appel.

7) En 2003, l’artiste Dorota Nieznalska est poursuivie en Pologne pour avoir réalisé une sculpture représentant des organes génitaux suspendus à un crucifix chrétien.
Manfred van H a vu se faire interdire en 1994 sa comédie musicale ridiculisant l’Église catholique utilisant dans sa mise en scène des porcs crucifiés.

8) Les Monty Python sont une troupe d’humoristes en majorité britanniques, composée de six membres : Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam. Inspirée par leurs premières années de théâtre, leur œuvre fondatrice (le Flying Circus) remet en cause tous les principes des émissions télévisées. Leur influence dans le domaine comique est comparée à celle des Beatles dans la musique, dépassant largement les frontières du Royaume-Uni et du monde anglo-saxon. En France, Alain Chabat et les Robins des Bois notamment s’en réclament.
Les épisodes du Flying Circus étaient des sketches tous plus ou moins absurdes, écrits puis joués par les membres eux-même. Bien que la série fût une œuvre collective, on peut distinguer des groupes distincts au sein des Python pour ce qui concerne les différents styles d’humour : plus visuels et fantaisistes (Cleese et Chapman), plus verbaux et agressifs (Jones et Palin) ou plus basés sur des jeux de mots ou une élocution bizarre (Idle).
Après l’arrêt du Flying Circus en 1974, le groupe mène une carrière au cinéma avec des longs-métrages qu’il réalise lui-même : Monty Python : Sacré Graal ! (1975), La Vie de Brian (1979) et Le Sens de la vie (1983). Chaque membre poursuit ensuite des projets de cinéma ou de télévision, souvent en travaillant en collaboration. Graham Chapman décède en 1989. Les autres membres se réunissent à l’occasion, jusqu’à l’annonce en 2013 de la reformation de la troupe.

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9) Les rockeurs en général, mais plus particulièrement les metalleux (et punks), qui sont connus pour, au mieux, n’avoir rien à faire de la religion et, au pire, chier allègrement dessus (hormis pour le metal chrétien).
Le grand public perçoit la culture heavy metal, principalement dans les sociétés conservatrices, comme un encouragement à l’hédonisme et à des sentiments anti-religieux. En Jordanie, par exemple, tous les albums de Metallica (sortis ou non) ont été interdits en 2001.
Depuis ses débuts, le metal traîne une image sulfureuse et joue avec, notamment pour ce qui est du satanisme, bien que la grande majorité des groupes ne les prennent en fait que comme des éléments de folklore ou de fantastique sans aucune croyance, ou n’y font tout simplement jamais référence. Le plus souvent, le satanisme n’est utilisé que comme simple symbole culturel de rébellion sociale (et non religieuse) : si Dieu représente le pouvoir, l’ordre social établi, les normes conservatrices et patriarcales, alors utiliser de tels symboles est une façon provocatrice de bousculer certaines habitudes conformistes et normatives.
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Il arrive aussi que les références au satanisme soient utilisées explicitement pour viser la religion ou plus exactement les dogmes religieux, là aussi sans forcément adhérer sérieusement au satanisme. C’est notamment le cas d’un groupe comme Slayer. Il s’agit souvent, à travers ce genre de provocation, de choquer les croyants, mais aussi d’attirer l’attention sur certains aspects de la religion jugés négatifs tels que le dogmatisme irrationnel et oppressif de certaines croyances, l’intolérance, les abus sur mineurs, les guerres de religion, l’inquisition et les crimes commis au nom de la foi au cours de l’histoire. À cet égard, la critique de la religion s’avère un thème récurrent dans ce type de musique.
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On peut citer :
–  »East Jesus Nowhere » (2009), du groupe punk américain Green Day. Cette chanson parle de toute l’hypocrisie des religions, qui prêchent la paix et l’humilité, alors qu’elles sont parfois composées de fanatiques.
–  »Dear God » (1987), du groupe britannique XTC (dont le genre va du rock à la new wave, au punk, à la pop progressive et au ska). Le narrateur s’adresse à Dieu, mais refuse de reconnaître son existence, son omnibénévolence ou l’inspiration divine de la Bible. Ces paroles anti-religieuses incitent plusieurs magasins à refuser de distribuer la chanson au Royaume-Uni.
–  »Jesus Christ Pose » (1991), du groupe de grunge Soundgarden, a connu une intense popularité quand MTV décide de censurer le clip en 1991. Beaucoup d’auditeurs furent outragés par la chanson et par la vidéo, les percevant comme anti-chrétiens, ce qui alla jusqu’à des menaces de mort. Pour apaiser les esprits, le groupe explique que les paroles concernent l’exploitation de la religion pour le profit personnel. La chanson est une critique de la manière dont des personnalités publiques de la religion (particulièrement du christianisme) se considèrent eux-mêmes comme étant meilleurs que les autres, ou comme des martyrs.
–  »Jesus He Knows Me » (1991), chanson du groupe de rock Genesis. La chanson est une satire du télévangélisme, où un télévangéliste américain cliché des années 60 se disant en  »contact » avec le Tout-Puissant (« Jésus me connaît et il sait que j’ai raison.« ) finance son style de vie somptueux en invitant les croyants à des dons charitables. Tony Banks a commenté que la chanson était un peu plus cynique que le style de composition habituel de Phil Collins.
– « Shallow Be Thy Game » (1995), chanson funk/alternative metal du groupe Red Hot Chili Peppers. La chanson est assez polémique, attaquant directement la religion fondamentaliste dont les paroles se moquent. Elle évoque notamment la  »folie missionnaire » qui balaye sans vergogne les anciennes cultures et coutumes, de vomir l’idée qu’on soit tous né dans le péché, et  »l’aveuglement » volontaire des masses par une  »compagnie » qui veut avoir le contrôle, tout en se posant clairement en rivale et menace, hérétique, la raillant en disant que tout cela ne l’affecte pas, qu’elle est libre et que la vérité appartient à tous.
+  »God Is Dead? » de Black Sabbath ;  »Holy Wars… The Punishment Due » de Megadeth ;  »I’m not Jesus » de Apocalyptica ;  »Selling Jesus » is a song by Skunk Anansie ;  »Sad but true » de Metallica ; etc. (+ d’autres de groupes de rap, pop, variété…)

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10) Les Québécois sont en effet réputés pour leurs sacres (= jurons), tirés pour la plupart de termes ayant trait à la religion catholique. En effet, l’Église catholique a joui jusqu’à la Révolution tranquille d’une influence considérable dans la société québécoise. De ce fait, certains sacres sont considérés comme de réels blasphèmes alors que d’autres sont simplement considérés comme des jurons. Le très courant mais grossier  »tabarnak » est par exemple censuré par un bip à la télévision.
Utiliser un sacre a pour effet d’amplifier le sens de la phrase ou du mot, comme le font en français des mots comme  »putain »,  »bordel »,  »saloperie », etc. Utiliser plusieurs sacres à la suite augmente exponentiellement l’intensité de la phrase, ainsi que sa grossièreté. Parmi les quelques dizaines de sacres qui existent, une bonne partie n’est quasiment plus utilisée, ou uniquement par les personnes plus âgées. Le top 5 des sacres les plus utilisés est probablement : « maudit », « hostie », « câlice », « crisse » et « tabarnak ».

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11) En raison d’une loi de 1930 sur le blasphème, le film satirique  »Monty Python : La Vie de Brian » a été interdit en Norvège pendant un an. Les journaux suédois ont pu titrer : « Ce film est tellement drôle qu’il a été interdit en Norvège. » Les auteurs n’ont pas été poursuivis.
C’est de là que vient leur très célèbre chanson  »Always Look on the Bright Side of Life », chantée par les crucifiés à la fin du film. Elle est un véritable hymne du stoïcisme (et du nihilisme optimiste), et nous dit que plutôt que de nous énerver sur de petites choses dans la vie, il est plus intelligent de garder le moral, en chantant, dansant ou sifflant car, après tout, rien n’a d’importance et il vaut mieux s’amuser quand on le peut encore. C’est cet état d’esprit que j’ai utilisé pour les damnés de ce chapitre.
Vu que j’ai dû réviser mes termes philosophiques pour ça, je mets les définitions que j’en ai tiré ci-dessous.
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Optimisme : B) [À propos d’une pers.] Disposition d’esprit qui consiste à voir le bon côté des choses, à trouver que tout est pour le mieux, à ne pas s’inquiéter des embarras présents et à bien augurer de l’avenir. (Synonymes : contentement, satisfaction.)
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Nihilisme : Doctrine selon laquelle rien n’existe au sens absolu; négation de toute réalité substantielle, de toute croyance.
Point de vue philosophique selon lequel, le monde est dénué de toute signification, tout but, toute vérité compréhensible ou toutes valeurs.
Une disposition d’esprit selon laquelle rien n’existerait au sens absolu, et où l’homme ne serait investi d’aucune responsabilité morale ni d’aucun devoir envers la Divinité.
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Nihilisme optimiste : L’univers est infiniment grand au niveau spatial et temporel. Nous ne sommes rien par rapport à lui. On découvre des choses (par ex les lois physiques) mais on ne sait pas vraiment pourquoi elles sont comme ça. L’univers n’a pas été créé pour nous et n’a aucune raison de « s’intéresser » à nous ; il ne nous a créé ni règle ni morale ni but. Par conséquent, autant se fixer ses propres buts et vivre de façon à être heureux (tout en rendant les autres heureux par la même occasion).
La Vie n’a pas de sens, et c’est ce qui la rend merveilleuse. Cela signifie que si l’univers n’a pas de but, et que le temps passera sans vous, alors vous ne comptez pas. Toute l’humiliation, la culpabilité, la tristesse ou la colère que vous pourriez avoir ressenti disparaîtra. Si la vie n’a pas de but, donnez-lui-en un. Utilisez le temps dont vous disposez. Profitez-en pendant que cela dure. (https://www.youtube.com/watch?v=MBRqu0YOH14)
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Stoïcisme : Sens 1 (Philosophie) Doctrine de l’école du philosophe grec Zénon où la vertu doit être la seule source du bonheur et non le plaisir. (Synonymes : impassibilité, austérité, fermeté)
Sens 2 Courage et impassibilité face à la douleur et l’adversité. (Synonymes : impassibilité, courage)
Selon les stoïciens, pour vivre heureux et libre, il ne faut pas lutter contre ce qui ne dépend pas de nous, mais au contraire l’accepter, tout en s’abstenant des vices et des passions.
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Keep a stiff upper lip : Littéralement « garder la lèvre supérieure raide ». Une personne qui montre du courage et du stoïcisme face à l’adversité, qui fait preuve d’une grande retenue dans l’expression de ses émotions. La phrase est traditionnellement utilisée pour décrire un attribut du peuple britannique demeurant résolu et sans émotion face à l’adversité (flegme britannique). Lorsque la lèvre supérieure d’une personne commence à trembler, c’est l’un des premiers signes que la personne est effrayée ou secouée par une émotion profonde.

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12) Mes jeunes disciples, avez-vous connaissance de l’origine du flot ardent ci-contre qui, telle la Route de la Soie guidant les marchands intrépides et les apôtres opiniâtres à travers l’inhospitalier Turkestan et ses contrées avoisinantes, nous aiguille hors de cette thébaïde funeste ?
>La route de la soie est un réseau ancien de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe, par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises (surtout celles rares et précieuses), et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles.
La route de la soie s’est surtout développée sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.), jusqu’à ce qu’elle soit progressivement abandonnée à partir du XVème siècle, en raison des instabilités des pays du coin, du temps fou qu’on met à faire le chemin (plusieurs mois, voire plus d’un an) dans des conditions peu enviables, du développement de la fabrication européenne de soie, et surtout parce que pendant l’Ère des Découvertes, les techniques de transport maritime deviennent de plus en plus performantes.
>La route fut aussi utilisée par les pèlerins qui cherchent à refaire les pérégrinations du Bouddha, ou les missionnaires qui partent prêcher la bonne parole vers l’est, jusqu’en Chine (bouddhisme, christianisme nestorien, judaïsme, manichéisme et islam se transportent le long de l’itinéraire jusqu’à Xi’an, le  »terminus »).
 »Apôtre » a ici le sens de  »Celui qui propage une religion à la manière des apôtres » (dico) et  »opiniâtre » est synonyme de  »archarné, déterminé, tenace, entêté »…, parce que la route de la soie était plus proche du parcours du combattant que de la promenade de santé (surtout à cause des attaques de pillards). En plus,  »apôtre » et  »opiniâtre », ça se ressemble comme mots, donc c’est stylé (ya même un accent circonflexe pour chacun, dis donc).
>Le Turkestan est l’ancien nom d’une partie de l’Asie Centrale, qui correspond actuellement à peu près à la partie sud du Kazakhstan et aux pays limitrophes (Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan). La route de la soie passait notamment par là : elle faisait Liban->Syrie->Irak->Iran->Turkestan puis se séparait vers la Chine ou l’Inde (carte).
>thébaïde = Lieu sauvage, isolé et paisible, où l’on mène une vie retirée et calme. (le côté paisible et calme, c’est pas trop ça, mais j’voulais caser le mot quand même pour faire classe et vous apprendre des choses… et vous faire chier)
>funeste = 1) Qui apporte/annonce la mort, le malheur, la destruction, la désolation. ; 2) Nuisible, désastreux.

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13) J’ai failli être baisé, vu que je croyais que la statue du Vieil homme de Crète était contre la paroi entre les cercles 7 et 8 (alors qu’elle était en Crète), mais j’ai pu rattraper le coup en plaçant mes statues d’humains à tête d’animaux (-> thérianthropes) au niveau du Vestibule de l’Enfer (juste après la porte), vu que l’Achéron avec Charon est directement là.
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> Fleuve,  »paraphrase » : animal choisi -> explications
> Le Styx, »affluent de la haine » : la hyène est symbole du mal, de la mort, la méchanceté et l’obscurité -> Tous les pires symboles réunis ne peuvent faire naître que la haine.
>Le Phlégéthon,  »torrent de flammes » : le lion est symbole de la monarchie, la majesté, la force et la suprématie -> La force brute (des puissants), motivée par l’arrogance, a mené à quantité de conflits sanglants.
>l’Achéron, le fleuve du chagrin ; Corbeau (symbole de la magie, l’escroquerie, la manipulation et la tromperie) -> tous provoquent colère et tristesse quand on découvre la supercherie.
>Le Cocyte,  »flot des lamentations » ; Le paon est symbole du paraître/pavanement/ostentation et de la futilité -> Le Cocyte est alimenté par les larmes de ceux qui sont dans l’hybris (= sentiment violent inspiré par la passion et par l’orgueil ; excès coupable, dépassement des limites) et de ceux qui se sont mal conduits en général. L’orgueil est l’un des pires péchés capitaux, et c’est souvent par arrogance que l’on commet des excès.
+ La Sanzu-no-kawa,  »rivière grouillant de serpents » ; l’âne est le symbole de l’entêtement et de l’ignorance -> Ces deux défauts n’ont pas l’air si graves, mais ils peuvent être un vrai poison pour une société (ou un individu puissant, cc Trump). On peut donc voir ça comme un  »vice caché », comme une eau en réalité infestée de prédateurs.
(source)

Le Léthé, ruisseau de l’oubli, coule aux enfers dans la mythologie grecque, mais pas chez Dante, où il est situé au Paradis terrestre, au sommet du Purgatoire : les damnés repentants qui ont terminé leur pénitence y boivent pour oublier (enfin) tout souvenir de leurs péchés. Il coule jusqu’en bas de la montagne, puis se jette dans le Cocyte gelé (il ne contient alors plus que les derniers vestiges des péchés lavés des repentis).

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Et oui, après plus de 2 ans, on reprend le remake ! Je n’abandonnerai jamais ! è_é

Je n’avais pas remarqué que mon précédent article était le 100ème depuis l’ouverture de mon site. Alors, merci à tous pour me lire encore après tout ce temps ! 😛
(tu dis ça mais les gens lisent que celui sur les réfs dans One Piece et quelques autres et ton nombre de vue arrête pas de chuter depuis janvier…) Tais-toi, vilaine voix dans ma tête ! Je continuerai à faire des articles jusqu’à ce que le dernier lecteur potentiel humain soit décédé (donc vers 2060) !
 »J’inspire à inspirer jusqu’à ce que j’expire », avais-je lu sur Twitter l’autre jour. Sébo.

Allez, j’essaierai de terminer ça assez vite, parce qu’un gros projet est (normalement) en route pour plus tard :3
Tschaw ! o/